Image_Messages_1902653372_ Moins de 6 mois après la sortie de l’Apple Watch, Apple va lancer dans les prochaines heures la première mise à jour majeure de WatchOS, WatchOS 2. Et même si cette mise à jour est retardée pour cause de bug de dernière minute, elle ne devrait plus tarder à sortir désormais.

Objectif de cette première mise à jour, corriger quelques erreurs ergonomiques, apporter quelques nouveautés fonctionnelles, surtout du côté du paramétrage des cadrans de la montre, et, c’est sans doute le plus important, essayer de sauver le monde applicatif de l’Apple Watch, qui a bien du mal à se faire une place au soleil. Pour cela, Apple revient sur ce qui pénalisait le plus lourdement les apps – la dépendance absolue à l’iPhone, et la lenteur afférente aux échanges constant d’informations entre les deux appareils – en permettant un fonctionnement natif plus important – mais loin d’être total – et en donnant accès, aux développeurs, aux informations des capteurs de la montre.

Le cadran souple

WatchOS 2 permet plus de paramétrages des cadrans, ouvre les complications – ces petits badges qui agrément le cadran principal en rapportant certaines informations – aux applications tierces et dote la montre d’un mode table de nuit assez réussi.

L’idée de table de nuit est toute simple, mais exécutée avec intelligence : quand la montre n’est plus au poignet, mais penchée sur le côté, offrant son écran à la vue depuis le paddock, et connectée à son socle de recharge par induction, l’affichage de l’Apple Watch bascule en mode nuit. Il affiche alors, en vert, l’heure et la date, comme un simple réveil. Au bout de quelques instants, cet écran s’éteint mais se rallume au simple contact sur l’écran. Le matin, l’éclairage revient graduellement et monte en puissance, avant le déclenchement de l’alarme. Celle-ci s’arrête avec le bouton latéral – qui permet d’accéder aux contacts favoris – et se met en rappel si on appuie sur la couronne digitale. Anecdotique ? Pas vraiment, la fonctionnalité se montre vite fort utile, et l’Apple Watch se fait une place définitive à notre chevet.

Concernant les cadrans, c’est le cul serré qu’Apple élargit un peu sa gamme. Certains cadrans antérieurs disposent de plus d’options de couleurs (assorties aux nouveaux bracelets), tandis qu’une série de 6 cadrans animés font leur apparition. Assez similaires aux très jolis papillons, méduses et fleurs animés de WatchOS 1 (qui sont évidemment toujours là), ces cadrans présentent des mini vidéos accélérées de grandes villes, Paris, New York, Londres, Shanghai Hong Kong et le Mac Lake, seul coin de campagne du lot. L’effet est sympathique, et un choix de plus ne peut pas nuire, mais personne ne tuera de chat pour ça (“ou alors y’a longtemps”).

On passera aussi vite sur le cadrans Photos – la photo statique (ou une “Live Photo” d’un iPhone 6S) de votre chère et tendre en fond de montre, c’est du dernier chic – ou le cadran Album Photo – qui ne diffère du précédent qu’en ce sens que image de votre photothèque (embarquée sur la montre, le choix est souvent restreint) qui est affichée et change à chaque consultation de l’heure.

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Certains cadrans s’ouvrent à de nouvelles complications, proposées par les éditeurs tiers. Surveiller l’état de son taxi, de son vol, de son colis, toutes ces choses sont ou seront possibles, directement depuis le cadran de la montre. Notez que seuls les cadrans qui acceptaient antérieurement les complications sont concernés. Celles-ci ne débarquent pas ailleurs, sur les cadrans orientés images ou vidéo.

Dans le même ordre d’idée, et sur certains cadrans toujours, la fonction “Fil du temps” fait son apparition : elle s’inspire du fonctionnement du cadran solaire. La couronne digitale sert à changer l’heure, et la date pour explorer, par exemple, votre agenda de demain. “Fil du temps” est disponible sur les cadrans Chronographe, Couleur, Simple, Modulaire et Utilitaire. Autre petite nouveauté, la possibilité de créer son cadran, mais les choix proposés reviennent aux cadrans par défaut. Sans intérêt.

Applications, Acte 2

Si l’Apple Watch devient vite une compagne quotidienne, qui rend moult services avec talent et élégance, il est beaucoup plus rare d’utiliser les applications embarquées. L’essentiel des choses se réalise, conformément aux prédictions d’Apple d’ailleurs, par le biais des coups d’œils, ces vignettes qu’on choisit et fait défiler directement depuis le cadran (par un glissement du doigt du bas de l’écran vers le haut pour les activer, et ensuite en glissant latéralement pour passer d’un coup d’œil à l’autre). La taille de l’écran, et la manière dont on le consulte pousse en effet à des interactions courtes, rapides.

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De fait, les apps ont du mal à se faire une place au soleil. Et même si Apple claironne qu’elle en a déjà engrangé , les développeurs observent bien peu d’intérêt pour l’offre applicative. « Nous avons sorti une application Apple Watch, qui permet de télécommander notre application. nous n’avons enregistré aucune hausse des ventes suite à cette sortie, et nous n’avons eu que de rares retours de clients, satisfaits, il est vrai, de trouver cette possibilité sur leur montre », nous a confié un développeur qui juge que développer une app Apple Watch a été « une perte de temps ». De notre côté, nous observons aussi une raréfaction significative des sorties et des communiqués de presse mettant en avant des applications Apple Watch. Bref, avant la sortie de WatchOS 2, le monde applicatif n’a pas encore trouvé ses marques, ni ses espaces.

WatchOS 2 peut-il changer la donne ? Sur le plan des performances, aucun doute : les applications peuvent tourner nativement – avec WatchOS 1, le code tournait sur l’iPhone, seul le résultat était transféré à la montre – ce qui va grandement accélérer leur chargement et leur fonctionnement. Elles ont également accès aux capteurs de la montre, le Taptic Engine, la couronne digitale, l’accéléromètre, le haut‑parleur, le cardiofréquencemètre et le micro, qu’elles peuvent exploiter nativement. Les bénéfices seront évidents pour de nombreuses applications sportives, par exemple. Parmi les premières applications annoncées pour WatchOS 2, on trouve déjà une application de golf, qui estime la qualité de votre swing, ou une app pour contrôler un système lumineux, à l’aide de la couronne digitale.

Ergonomie peaufinée

w-pass Plus capables, les apps sont également moins pénibles d’accès. Sur WatchOS 1, basculer sur l’écran des apps se fait en appuyant sur la couronne digitale (et c’est pareil sur WatchOS 2), et l’utilisateur peut alors naviguer et zoomer sur les apps de son choix. Quand il appuie à nouveau, le “bureau” de la montre se centre sur l’application montre, et il faut appuyer une fois de plus sur la couronne digitale pour effectivement lancer le cadran montre. WatchOS 2 supprime cette étape intermédiaire. Un appui, on passe sur les apps, un second appui, où que l’on se trouve sur le bureau, et on revient au cadran de montre, le bureau zoomant dynamiquement sur celui-ci. C’est un détail fonctionnel, mais qui se révélait pénible à l’usage. Correction bienvenue !

D’autres détails ergonomiques ont été revus sur WatchOS 2 : les touches de déverrouillage sont plus grandes, rectangulaires, et donc plus aisées à atteindre. Les fautes de saisies sont moins nombreuses également.

On peut également désormais répondre aux mails, avec un bouton qui apparaît en fin de message. Les options de réponses sont identiques à celles concernant Message : on peut choisir quelques phrases censées être contextualisées – quelques légers progrès de ce côté là – ou dicter sa réponse via Siri, qu’on envoie en audio ou en texte. Les mails, cependant, ne s’affichent toujours pas en plein HTML, et l’expérience est pour le moins hasardeuse quant il s’agit d’atteindre le contenu des courriels.

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Le bureau ne fait pas peau neuve, tout juste les icônes sont elles un peu plus grandes à l’affichage, et tout le monde s’en porte mieux.

Le verrouillage d’activation est désormais proposé sur WatchOS 2 ; la fonction permet de bloquer à distance la montre, en cas de vol ou de perte. Les données sont ainsi protégées. Sur WatchOS 1, il est possible de définir un mot de passe, mais celui-ci peut aisément être contourné, par une simple remise à zéro de la montre. Sur la version 2, le verrouillage rend impossible l’effacement de la montre sans entrer ses crédits Apple (éventuellement avec double authentification). Un net progrès pour la sécurité.

Une belle évolution

WatchOS 2 comble avec une certaine élégance certains des manques de la première mouture du système d’exploitation de l’Apple Watch. Les petits plus ergonomiques apportés sont tous bienvenus, et bien vus, même si certains demeurent gadgets. On demeure plus dubitatif sur la capacité de cette version à changer radicalement le paysage applicatif. Par contre, l’accès aux capteurs, nativement, devrait sans conteste donner un coup d’accélérateur aux applications sportives et médicales, qui, sans doute, sont les principaux atouts des montres intelligentes en général, et de l’Apple Watch en particulier.

Arnaud joue du clavier comme d'autres du xylophone, mais le résultat demeure peu musical. Il conduit la rédac à la baguette et essaye d'éviter les fausses notes. Geek avec de la patine, il officie aussi dans la presse généraliste.

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