C’est une des annonces les plus importantes du keynote WWDC 2016, et pourtant elle n’a pas ou à peine été mentionnée sur scène : Apple lance avec Sierra un nouveau système de fichiers, nommé APFS, alias Apple File System (logique, quand même !). Ce système de fichiers – la façon de stocker les informations et de les organiser dans des fichiers – est destiné à tous les appareils Apple – des Mac, aux appareils iOS en passant par l’Apple Watch, pour au moins la décennie à venir, voire plus.

Une annonce très importante, donc, qui met un point quasi final à HFS+, le système de fichiers actuel, lancé en 1998, qui a nettement montré ses limites, notamment au regard des sauvegardes Time Machine. Avec Guillaume Gete – l’auteur de Diskmaker, pour créer une clef d’installation bootable de macOS, qui publie un billet très détaillé sur son blog, partons à la découverte de cette nouveauté majeure, de ce qu’elle va changer et de ce qu’elle apporte.

APFS, pour stocker des quantités inouïes de données

APFS est un système de fichiers 64 bits, ce qui décuple ses capacités de gestion. Il capable de gérer jusqu’à neuf quintillions de fichiers, un million de milliards de fichiers – ça en fait des photos. Il est également plutôt fortiche au niveau du marquage temporel des fichiers ; il gère des datations à la nanoseconde près. Enfin, il gère en standard le TRIM, cette technique d’optimisation de l’utilisation des SSD, qu’Apple réservait jusqu’à présent à ses SSD internes.

Ses spécifications techniques seront, en outre, open source !

HD2

Gestion intelligente de l’espace de stockage

L’allocation des blocs se fait de façon extensible dynamiquement, ce qui devrait rendre l’initialisation d’un disque beaucoup plus rapide et efficace à gérer dans le temps.

De même, lorsqu’un fichier comporte beaucoup de « trous » dans ses données, la fonction dite « sparse file » permettra de mieux gérer l’espace de stockage, en réduisant la taille physique occupé par ces fichiers. « Un peu comme si vous retiriez les trous d’un morceau d’emmental et compactiez tout le fromage pour qu’il prenne moins de place », note Guillaume, qui file la métaphore comme l’emmenthal dans la fondue savoyarde.

Autre fonction sympa, « le partage d’espace (space sharing) : imaginons que vous ayez formaté votre disque de 1 To en deux volumes, le premier contenant 100 Go de données, le deuxième en contenant 200 Go. Et bien, l’espace restant disponible annoncé sera de 700 Go au total, même si le disque a été divisé en deux volumes identiques. Magique ! Et particulièrement utile par exemple pour Boot Camp, puisque ça pourrait fonctionner quel que soit le système de fichier au dessus du container APFS ».

Sécurité, sécurité, sécurité !

APFS s’assure que toutes les opérations d’écriture arrivent à leur terme, et les fichiers arrivent en entier. Le copy-on-write ou « l’enregistrement sûr atomique », ou la coalescence des enregistrements permettent de s’assurer qu’un fichier soit toujours correctement enregistré sur votre disque.

Les données seront également plus difficiles d’accès aux malandrins. En option, APFS propose un chiffrement multi-clés avec des clés pour les fichiers et une clé spécifique pour les méta-données sensibles. Ainsi, même si la sécurité physique du disque est compromise, les données restent chiffrées. Sympa !

SSD

L’ami de Time Machine

La plupart des gros défauts d’HFS+ par rapport à Time Machine – pas de déduplication de fichiers, ni de vérification de la cohérence des fichiers lors de la copie, ni de snapshot – devraient être de mauvais souvenirs.

TimeMachineL’espace devrait être bien mieux géré, puisque le clonage de dossiers ou fichiers est nativement supporté, tout comme les snapshots. De quoi regagner énormément d’espace sur vos disques de sauvegarde, et rendre ces dernières beaucoup, beaucoup plus rapides. Et du coup, si vous utilisez Time Machine sur un serveur de fichiers, le réseau devrait beaucoup moins tirer la langue. On pourrait même imaginer une sauvegarde quasi-permanente et instantanée sur un autre disque, à intervalles hyper courts.

Les limites actuelles

En l’état actuel, sur la première Preview Developper de Sierra, APFS comporte de grosses limitations, qui disparaitront au cours du processus de développement mais qui pour l’heure grèvent pas mal l’intérêt de cette grosse nouveauté. .
– L’impossibilité de démarrer sur une partition APFS ;
– L’impossibilité de le partager en AFP (SMB obligatoire, mais AFP est officiellement annoncé comme déprécié, l’étape ultime avant d’être complètement retiré) ;
– L’impossibilité de créer un volume insensible à la casse ;
– L’absence de compatibilité Time Machine ;
– L’impossibilité d’utiliser FileVault ;
– L’incompatibilité avec les disques Fusion Drive, qui rassemblent disque dur physique et SSD pour créer un seul volume logique.

Pour l’heure, MacOS Sierra ne permet que de créer des conteneurs APFS sur un disque, uniquement pour tester ce système de fichiers

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