Il y a quelques semaines, DJI sortait la quatrième version de son drone quadrimoteur, le Phantom. Ce Phantom 4, dont Apple s’est un temps assurée l’exclusivité, est une amélioration notable de la version 3, notamment avec un carénage intégral qui masque les entrailles de l’appareil et s’avère nettement plus sécurisant. Pour le reste, au niveau des spécifications, on est dans le haut de gamme : caméra 4K, avec mode photo 12 millions de pixels, gimbal de stabilisation, modes de pilotages avancés, capteurs de détection de collision, algorithmes de stabilisation de vol améliorés. Son prix le montre tout aussi clairement : 1599 € chez Apple, à peine moins chez Amazon : 1579 €.

Test vidéo

Vidéo 4K filmée par le Phantom 4

Le coffret

Le Phantom 4 arrive dans une boîte de transport en polystyrène, qui s’apparente à une valise : chaque élément possède son propre logement, et la boîte est affublée d’une poignée pour le transport et d’un verrou pour le blocage. Le drone est livré avec sa batterie 5350 mAh, qui lui assure une autonomie en vol théorique de 28 minutes, un jeu de 4 pales, un jeu de pales de rechange et sa radiocommande. Un câble de recharge à deux embouts, permettant de recharger simultanément le drone et la télécommande est également de la partie. Non fourni, l’iPad, l’iPhone ou l’appareil Android qui vient se loger sur la radiocommande pour fournir le retour visuel de la caméra du drone.

batterie

Assembler le drone est très simple : les 4 pales sont de 2 types différents, repérées par des anneaux noirs et gris, avec un détrompeur qui empêche de les monter à l’envers. Elles ne se fixent pas si vous vous trompez de sens. Et si par mégarde, vous parveniez tout de même à monter les pales dans le mauvais sens, le drone s’en rendrait compte au moment de sa mise sous tension, vous évitant qu’il prenne son envol avec des pales qui risquent de se détacher.

Une fois monté, l’appareil pèse un peu moins de 1,4 kg, avec sa batterie. C’est un drone d’extérieur : s’il peut voler en intérieur, il lui faut de la place et l’air qu’il déplace le rend tout de même compliqué à contrôler dans un logement courant.

On place sur la radiocommande un iPad ou un iPhone dans le logement prévu à cet effet. Celui-ci est adaptable grâce à une réglette qui lui fait supporter jusqu’à l’iPad de 9,7″ (mais pas le Pro 12,9″). Le maintien est bon pour peu que vous refermiez la réglette. Un revêtement adhérent et souple sécurise la prise, sans que votre tablette ou votre smartphone ne puisse être rayé.

Remote

En vol !

Une fois les pales mises en place, la radiocommande affublée de son smartphone ou de sa tablette, on procède à la mise sous tension, qui s’opère pour la radiocommande et le drone de la même manière, via un appui bref, puis un appui prolongé. Le drone effectue un checkup au terme de sa mise sous tension, et signale qu’il est opérationnel par un petit message sonore. Il lui faut encore 3 à 4 minutes de chauffe avant de pouvoir prendre les airs.

Dernière étape avant de décoller, que l’on vous recommande de faire à chaque vol, le calibrage : on effectue une rotation en tenant le drone à l’horizontale, puis à la verticale, ce qui lui permet d’affiner son positionnement spatial. L’opération ne prend que quelques secondes et elle permet que le drone revienne exactement à son point de départ au besoin.

C’est maintenant l’heure de l’envol. Deux possibilités sont offertes : on pousse simplement sur la manette de gauche, qui joue sur l’ascension du drone, ou l’on choisit le mode automatisé de décollage qui va faire s’élever le drone à 1,20m, avant de le stabiliser à cette altitude. Cette seconde option est à privilégier durant les premiers temps, histoire de vous familiariser avec le pilotage de l’engin.
Par défaut, le Phantom 4 active toutes ses sécurités : vitesse de vol réduite, détection de collisions activée. il est possible de passer en mode « sport », ce qui débloque ces sécurités. Mais attention, l’engin est alors capable d’atteindre les 80 km/h et devient nettement plus délicat à piloter.

Voler avec le Phantom 4 est d’une grande simplicité : avec ses 4 moteurs, il peut se déplacer librement dans les 6 directions. On bout de quelques instants, le maniement de la radiocommande à 2 manettes devient très intuitif. Le Phantom 4 stabilise de manière assez formidable son vol grâce au GPS et à ses capteurs. Même dans des conditions de vent importantes, il assure un vol très sécurisant, pour peu que vous ajustiez les distances de sécurité aux conditions. Vous pourrez le voir sur nos vidéos d’essais, dans des conditions très venteuses, le Phantom 4 assure encore des prises de vue très stables et se contrôle facilement.

Vol1

DJI recommande de ne jamais voler hors de vue, ce qui est un conseil de bon sens. En France, il faut savoir que les vols de drones sont très réglementés et que, logiquement, vous devez disposer d’une habilitation (brevet ULM, certificat de conformité de l’appareil) et effectuer une déclaration en préfecture pour chaque session de vol hors domaine privé. Dans les faits, on peut sans trop de risques voler en zone rurale, mais il faut à tout prix garder raison quant aux usages en zone habitée : un drone de 1,4 kg est susceptible de causer de vrais dégâts, soyez responsable !

Une caméra qui vole

Mais à quoi peut-donc bien servir un gadget aussi coûteux ? Pour le particulier, la réponse est simple, à l’amusement, au loisir, au fun. Ceci dit, la frontière entre particulier et professionnel est parfois floue et le Phantom 4 est un formidable appareil de prise de vue, à la fois en photo et en vidéo. Son gimbal assure une stabilisation d’excellente qualité des prises de vue, au point que l’ont peut tout à fait utiliser le Phantom 4 comme caméra portable, en le tenant par ses pieds, sans même faire tourner ses rotors.

Le contrôle de la caméra se réalise via l’application DJI Go, une application universelle et gratuite. Celle-ci permet de déclencher la prise de vue photographique, et d’ajuster les paramètres d’exposition. Le Phantom 4 capture des images 4000×3000 pixels (12 millions de pixels), et son optique est un équivalent 35 mm f/2.8. l dispose de modes de prises de vue avancés, comme le bracketing ( 3/5 images ajustées à 0,7 EV ), le Time Lapse ou le HDR. Il sauvegarde les clichés en JPEG ou DNG (RAW) sur une carte micro-SD qui se loge dans le corps de l’appareil.

Mais le Phantom 4 prend surtout tout son sens en mode vidéo : il dispose d’une caméra 4K 4096×2160 pixels à 24 ou 25 i/s, 3840×2160 pixels à 24 / 25 / 30 i/s, et 920×1080 pixels jusqu’à 120 i/s. Le piqué est excellent, la stabilisation d’un haut niveau. Par contre, la caméra a tendance à marquer un peu fortement les changements d’expositions (par exemple quand elle filme en direction du soleil) et à bruiter un peu dans les zones sombres (un filtre ND est recommandé). De même, il arrive que pendant la prise de vue les pales du drone apparaissent dans le champs de vision. Mais la chose est rare (et bien meilleure que sur les Phantom 3) et s’évite aisément en adoptant un angle de prise de vue plus orienté vers le bas.

Lors de la capture, la caméra se contrôle avec la radiocommande, via une molette qui permet d’ajuster l’angle vertical de prise de vue (mais pas horizontal, c’est l’orientation du drone qui agit dans cette direction). Un bouton permet de la positionner totalement à la verticale.

Modes de vol avancés

Si l’on contrôle le Phantom 4 à l’aide de la radiocommande, il est aussi capable de modes de vols autonomes. Ceux-ci sont accessibles depuis l’application.
– Le mode Point d’intérêt permet de définir un point central – le point d’intérêt – puis d’écarter le drone de celui-ci. L’application renseigne avec précision sur l’écartement par rapport au point de référence initial. Une fois le drone écarté à la distance voulue, on affine le cadrage de la caméra et on lance la prise de vue : le drone effectue alors un rotation à 360° à partir du point axial qu’il vise de manière continue. Idéal pour documenter tous les aspects d’un clocher, d’une tour, ou autre.
– Le mode « follow me » fonctionne tout aussi simplement : on désigne sur l’écran de l’iPad ou de l’iPhone la cible à viser. Nul besoin de l’équiper d’un capteur, le drone va alors pointer sur la cible et continuer à la filmer même lorsqu’elle se déplace.
– Le mode « waypoint » permet de définir un trajet avec des points de passage sur la carte, le drone effectuant alors un trajet reliant ces différents points. Comme pour tous les autres modes, on définit la hauteur de vol, et la hauteur de retour. Car le Phantom 4 est capable, à tout moment, de revenir à son point de départ automatiquement. Une sécurité de plus.

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Un drone pour quoi faire ?

Ce Phantom 4 est une vraie merveille : il est très performant, dispose d’une bonne autonomie (et on peut acquérir d’autres (coûteuses) batteries, les changer est d’une simplicité enfantine), assure des prises de vue de haute qualité. Son principal handicap reste son prix, près de 1600 €.
À ce tarif, la question de l’utilité de l’appareil se pose. Et pour les particuliers, la réponse est simple : l’amusement, le loisir, le fun. Mais, entre particulier et professionnel, la différence est ténue : un photographe trouvera dans ce phantom un assistant précieux pour des prises de vue aériennes ; pour la vidéo, c’est pareil : des prises de vues aériennes et spectaculaires sont désormais à la portée de tous, ou presque. Mais le Phantom 4 pourra aussi être utile dans l’agriculture, dans le bâtiment, et dans des tas de domaines encore à explorer.

Mine de rien, ce drone, et les drones en général, constituent une petite révolution ouvrant et débouchant sur des usages nouveaux. On n’a pas fini de parler de drones, et DJI n’a sans doute pas fini de nous étonner.

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— Phantom 4 de DJI chez Apple, Amazon et sur le site du fabricant.
Législation des drones de loisirs sur le site de la DGAC.

NOTRE VERDICT
Design
Prise en main
Rapport qualité / prix
Performances photo/vidéo

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