La mise à jour tant attendue des MacBook Pro laisse un goût amer chez nombre d’utilisateurs historiques. Les créatifs donnent, plus que les autres, de la voix, clamant qu’Apple les abandonne en sortant une machine trop chère, avec une connectique non adaptée aux usages professionnels et une capacité mémoire maximale pénalisante – 16 Go. Et même si Apple assure que ces nouveaux Mac se vendent très bien, on sent l’inquiétude dans les rangs des équipes de Cupertino qui tentent de déminer le terrain.

Alors, Apple est-elle allée trop loin ? S’est-elle laissé aveugler par son histoire, et l’argument du « courage » dont il faudrait faire preuve pour faire des choix difficiles, comme l’abandon de toute une connectique historique au profit du seul USB-C / Thunderbolt 3, certes très versatile mais encore peu répandu ? C’est ce que nous allons voir mais – spoiler – le bilan est loin d’être aussi négatif que certains commentaires pourraient le laisser penser.

Nous testons deux unités :
– un MacBook Pro 13” sans Touch Bar avec processeur double cœur i5 à 2GHz, chipset graphique Intel Iris 540 (1,5 Go maximum de mémoire vidéo dynamique), 8 Go de RAM (2×4 Go LPDDR3 1867 MHz), 256 Go de stockage SSD Apple. La machine est vendue 1699 €. À l’occasion, nous l’avons appelé MacBook Pro 13” ESC (avec touche Escape)
– un MacBook Pro 15” avec Touch Bar avec processeur quadricœur i7 à 2,6 GHz, carte vidéo AMD Radeon Pro 450 (2 Go de VRAM) et chipset graphique Intel Iris 530 (1,5 Go maximum de mémoire vidéo dynamique), 16 Go de RAM (2×8 Go LPDDR3 à 2133 MHz) et 256 Go de stockage SSD Samsung. Cette machine est vendue 2699 €.

Design : le fin du fin

Plus fins, mais pour quoi faire ? Les nouveaux MacBook Pro déploient un design très impressionnant, d’une remarquable finesse – 1,49 cm – tout en conservant une impression de solidité et une rigidité qui inspirent confiance. Disponibles en deux coloris – argent et gris sidéral – les machines ont fière allure.

Six vis suffisent à maintenir l’ensemble. La charnière tend vers la perfection : elle tient en place sous tous les angles d’ouverture, et celle-ci peut être réduite à quelques centimètres.
Le système de refroidissement a été repensé et deux uniques vantaux d’aération, situés sous la machine au niveau de la charnière, servent de prise d’air.

Le silence de fonctionnement est remarquable.

Et je monte le son…

Apple a également beaucoup travaillé sur le rendu sonore de ces MacBook Pro, avec un succès indéniable : le son est précis, dispose même d’un peu de graves, et d’une dynamique correcte. Le volume sonore maximal est plus que suffisant pour la plupart des activités, y compris regarder des films et séries.

… et l’iSight fait du bruit

La caméra iSight, cependant, demeure médiocre limitée au HD 720p – 1024×720 pixels – avec une sensibilité plutôt moyenne et une tendance assez nette à « bruiter » avec de mauvaises conditions de lumière. Sans doute l’extrême finesse de l’écran explique-t-elle cet état de fait, mais il demeure regrettable.

Gamut P3 sur les portables

L’écran Retina LED IPS est tout à fait excellent. Sur le modèle 13”, il affiche 2 560 x 1 600 pixels à 227 pixels par pouce. Sur le modèle 15”, c’est du 2 880 x 1 800 pixels à 220 pixels par pouce. Le rendu des couleurs est excellent, et le gamut P3 est le plus étendu à ce jour sur la gamme des Mac, donné comme 25 % plus large que le sRGB. La luminance s’établit à 500 nits maximum, c’est 67 % de mieux que sur la génération précédente. À la luminosité maximale, les noirs demeurent profonds, tandis que la luminosité minimale est à peine émissive. Là aussi, Apple revendique un gain de 67 % de contraste.

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Un trackpad surdimensionné

Le trackpad est totalement énorme, et est, évidemment, « passif », entendez qu’aucune pièce mécanique ne bouge, et que le retour physique est assuré par un moteur haptique et par un son. Sur le modèle 15”, le trackpad est 2 fois plus grand que sur la génération précédente. Pour un peu, on regretterait presque qu’Apple ne propose pas le support de son Apple Pencil sur ce trackpad géant de 16×10 cm (13,5 x8,5 cm sur le modèle 13”).

Performances

Le premier point « problématique » de ces nouveaux MacBook Pro tient aux performances processeur. Apple a opté pour l’avant-dernière génération – Skylake – d’Intel, faisant, pour l’heure l’impasse sur Kaby Lake. « Les processeurs QuadCore n’étaient pas prêts, et il n’était pas possible de disposer des GPU Iris Pro sur les modèles 13” », explique la Pomme.
L’argument est tout à fait recevable mais devrait inciter les moins pressés à patienter pour s’équiper : la mise à jour vers Kaby Lake pourrait bien intervenir courant 2017, et apporter un gain de performance relativement notable.

Car il faut le reconnaitre, ces MacBook Pro 2016 ne progressent quasiment pas par rapport à la génération précédente en matière de puissance de calcul CPU. Les gains, car gains il y a, sont à porter au crédit des processeurs et cartes graphiques, et des incroyables SSD. Sur nos benchs, en vert un MacBook Pro 13” 2015 sert à établir la comparaison.

Apple se retrouve, en 2016, dans une situation assez voisine de celle qui prévalait vers le milieu des années 2000, quand Motorola était incapable de fournir des processeurs PowerPC de nouvelle génération, avec des gains de performances notables. Intel plafonne depuis de longs mois et les dernières générations de ses processeurs n’apportent que des gains marginaux en matière de vitesse et à peine plus significatifs en matière de consommation d’énergie.

Pour Apple, la situation commence à devenir critique, surtout que ses choix d’architecture apportent des contraintes supplémentaires.

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Performances graphiques

Nos machines de test nous simplifient grandement la vie : les performances graphiques doublent entre le modèle 13” avec chipset Iris 540 et le modèle 15” avec la carte AMD Radeon Pro 450.

Trois cartes dédiées au choix

Cette Radeon Pro 450 est le modèle d’entrée de gamme ; Apple propose trois options :
– la Radeon Pro 450 avec 2 Go de mémoire. Elle assure 1 teraflops de puissance de calcul, embarque 10 unités de calcul et 640 processeurs de flux (pour les calculs parallèles).
– la Radeon Pro 455 avec 2 Go de mémoire. Elle assure 1,3 teraflops de puissance de calcul, embarque 12 unités de calcul et 768 processeurs de flux (pour les calculs parallèles). Elle se montre environ 17 % plus rapide que la version Pro 450 sur CineBench R15.
– la Radeon Pro 460 avec 4 Go de mémoire (option à 240 € ou 120 € selon la configuration initiale du MacBook Pro) est la plus puissante. Elle assure 1,86 teraflops de puissance de calcul, embarque 16 unités de calcul et 1024 processeurs de flux (pour les calculs parallèles).

Du haut de gamme sans jeu ni VR

La Radeon 460 est la seule de ces cartes à embarquer 4 Go de mémoire vidéo ; elle délivrera les meilleures performances, se montrant autour de 50% plus rapide que le modèle d’entrée de gamme. Mais, une fois encore, il faut remarquer les choix conservateurs et contraints d’Apple en la matière. Aucune de ces cartes n’est qualifiée pour le jeu « haut de gamme », ni d’ailleurs pour la VR, du moins à ce jour. AMD propose sa Radeon RX 480 pour la VR, et cette carte embarque deux fois le nombre de processeurs de flux que la 460, ainsi que 8 Go de VRAM. Mais elle requiert 4 fois plus d’énergie, 150W au lieu de 35W. Le choix de la Pomme est plus que compréhensible.

Performances stockage

Les MacBook Pro 2016 délivrent un niveau de performance en matière de stockage jamais vu dans des machines grand public. Toute la gamme embarque des SSD NVM Express 8 GT/s connectés sur 4 lignes ; ils dépassent allègrement les 2 Go/s en vitesse de lecture séquentielle et les 1,5 Go/s en vitesse d’écriture séquentielle.

Cependant, des différences existent, indépendamment de la taille du stockage, paramètre que l’on met généralement en avant pour expliquer en partie ces écarts : les SSD de grande capacité embarquant plus de puces NAND peuvent parfois écrire plus de données à la fois.

Rien de tel lors de nos tests : nos deux machines embarquent des SSD de 256 Go.
Sur notre modèle 13” ESC, nous avons un SSD NVMe portant la référence AP0256J (Apple), qui utilise vraisemblablement un contrôleur Broadcom ; sur notre MacBook Pro 15” Touch Bar, nous avons un SSD SM0256L, qui utilise vraisemblablement de la mémoire et un contrôleur Samsung.

Les performances sont assez différentes, à l’avantage du modèle 13”. Celui-ci assure des performances de lecture et d’écriture séquentielles respectivement de 2,4 Go/s et 2,1 Go/s.
Le SSD Samsung du MacBook Pro 15” fait moins bien avec, respectivement, 2,2 Go/s et 1,6 Go/s. Les performances sont tout de même nettement moins bonnes en écriture.

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Les performances ne sont pas la seule différence à l’avantage du modèle 13” sans Touch Bar : son SSD arrive dans un format propriétaire mais qui peut permettre, à terme, un changement ; il est amovible. Ce n’est pas le cas sur le MacBook Pro 15”, où le SSD NVMe est soudé.

Ici, le choix d’Apple interroge, fortement : les SSD NVMe se généralisent et il serait tout à fait envisageable d’intégrer des modèles standards dans ces nouveaux Mac, ce qui permettrait d’augmenter la capacité de stockage au besoin. Tel n’est pas le choix d’Apple, qui fait cavalier seul. La conséquence directe est économiquement douloureuse : il faut choisir la capacité requise dès la commande. Sur le modèle 15”, 512 Go de SSD coûtent un supplément de 240 €, 720 € pour 1 To et 1680 € pour 2 To.
Un choix raisonnable consiste sans doute à opter pour la version 512 Go, et à s’équiper de disques externes pour le stockage.

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Touch Bar : LA nouveauté

C’est la grande nouveauté fonctionnelle des ces MacBook Pro 2016 : la Touch Bar, une rangé de touches OLED, contextuelles, qui s’adaptent à l’utilisation de la machine, et au logiciel en cours de fonctionnement. Proposée sur certains modèles 13” et sur tous les modèles 15”, la Touch Bar s’avère un ajout intéressant, quoique encore sous-exploité. Et posant quelques questions.

De manière concrète, la Touch Bar est un « second écran » tactile de 2170×60 pixels, sur lequel Apple a travaillé l’angle de vision, afin que l’écran soit visible aisément à un angle de 45°.

Touch Bar, 3 morceaux

La Touch Bar se subdivise en 3 parties : sur la gauche, la « zone système » de 128 pixels, qui accueille les contrôles type boite de dialogue « ok » ou « annuler », et la touche Escape dont la « disparition » avait tellement fait jaser.

Au centre, la partie contextuelle, ou « zone de l’app » de 1370 pixels, qui occupe l’essentiel de l’espace disponible. C’est là que prennent place les commandes liées au logiciel en cours d’utilisation.
À droite, la barre de contrôle de 608 pixels qui permet de régler la luminosité, le son (et de le couper) et d’accéder à Siri. Une flèche, sur la gauche de cette zone, permet d’accéder à la barre de contrôle étendue, qui réplique assez fidèlement les fonctions systèmes affectées aux anciennes touches de fonction.

Enfin, tout à fait à droite, et en dehors de la Touch Bar, la zone réservée au capteur d’empreinte Touch ID. Nous y reviendrons.

Un potentiel logiciel à exploiter

La Touch Bar est déjà adoptée par de nombreux logiciels, et chaque jour de nouveaux s’ajoutent au lot. Dès à présent, on compte une petite centaine de logiciels adaptés.

Deux grandes tendances se dessinent : les logiciels qui placent de nombreuses commandes dans la barre, laquelle change fréquemment en fonction du contexte d’utilisation, ou, au contraire, les logiciels qui utilisent la barre avec parcimonie, et réservent les fonctions les plus utiles à celle-ci.
Cette Touch Bar se personnalise de manière très simple, à l’image de ce qui se pratique pour personnaliser les barres d’outils. Dans le menu « Présentation », on choisit « Personnaliser la Touch Bar ». L’écran affiche alors les différents boutons disponibles que ‘on peut faire glisser dans la zone de l’app, à son choix. Toutes les applications ne permettent pas cette personnalisation.

À l’usage, la Touch Bar révèle ses potentialités

Par exemple, sur Photos, elle affiche la liste des images du dossier dans lequel se trouve l’utilisateur. S’il entre dans le mode édition, il peut encore accéder à la navigation entre les images, recadrer le cliché, appliquer des filtres, ajuster la lumière, les couleurs ou le contraste et accéder aux fonctions de retouche. Dans chacun de ces modes, la Touch Bar affiche ensuite des contrôles spécifiques, ainsi que des barres de défilement permettant, par exemple, d’ajuster la puissance de l’effet ou du virage.

Dans le Calendrier, la Touch Bar présente les jours de la semaine en cours. Lorsqu’un événement est sélectionné, on peut lui ajouter un lieu, une durée ou des invités.

Avec Final Cut Pro X, la Touch Bar se révèle vite être une aide précieuse pour sauter à la fin d’un clip, ou au début, et naviguer dans la Time Line.

Lors de l’utilisation de logiciels de traitement de texte – Pages, Notes par exemple – la Touch Bar affiche, à l’image de ce qui se pratique sur iOS, une série de suggestion de mots, pour accélérer la frappe. La chose ne se révèle pas aussi pratique que sur iOS, les doigts étant moins proches de la Touch Barre que de la barre de suggestion sur iPad ou iPhone.

Si, à ce stade, la Touch Bar se révèle prometteuse, elle induit un risque : l’utilisateur va développer des habitudes d’usage, en se reposant sur les raccourcis proposés, qui parfois accélèrent grandement les choses. Mais il se trouvera fort dépourvu quand la bise sera venue, et quand il passera sur un clavier sans Touch Bar. Il ne fait guère de doute qu’Apple va proposer ce type d’accessoire si tant est que ce soit techniquement faisable. On ignore quel débit exige cette Touch Bar et si celui-ci est, ou non, compatible, par exemple avec un clavier Bluetooth. Mais on imagine que si, avec quelques ajustements. La Touch Bar apparait comme un périphérique USB 2 dans les Informations Système, et est référencée comme « iBridge » avec un débit requis maximum de 480 Mb/s. Le Bluetooth est lui limité, dans sa version 4 à 25 Mb/s et à 50 Mb/s dans sa version 5.

Le pari d’Apple est assez intéressant, surtout comparé à celui de Microsoft et de son Surface Studio, son ordinateur tout en un avec écran de 28” entièrement multitouch. Là où Microsoft frappe les esprits, mais propose une fonctionnalité à notre sens douteuse – sérieusement, essayez de vous imaginer opérer un écran de 28” à la main, a fortiori dessiner dessus – Apple propose une fonction bien moins « sexy » mais qui se révélera sans doute bien plus pertinente à l’usage.

En l’état, le confort apporté est indéniable même si, de manière plutôt paradoxale, l’utilisation de cette Touch Bar donne envie de… toucher l’écran, tout proche.

Touch ID : ENFIN sur Mac !

À la droite de la Touch Bar, une zone, physiquement différente de l’écran OLED, accueille le capteur Touch ID. L’empreinte s’enregistre depuis les Préférences Système > Touch ID. On peut choisir d’utiliser les empreintes pour déverrouiller le Mac, utiliser Apple Pay sur le web, et effectuer des achats sur l’App Store et l’iTunes Store. Le capteur Touch ID peut être utilisé pour l’authentification administrateur lors de l’installation d’un logiciel. On peut même déjà le bricoler pour servir à s’authentifier comme « root » avec le Terminal.

Le gain d’usage est immédiat, surtout pour déverrouiller le Mac. Alors même que l’on était très satisfait de pouvoir le faire en présence d’une apple Watch, la gestion de l’empreinte se révèle autrement plus rapide. C’est un énorme plus pour la sécurité. Nous avons lu, dans certains tests, des commentaires concernant le nombre de fois où il faut, malgré l’empreinte, saisir son mot de passe. Pour notre part, cet événement a été très exceptionnel.

Sur le Mac, comme sur iOS, on peut enregistrer 5 empreintes au maximum. Le capteur est très rapide et correspond sans doute, si tant est que la comparaison puisse s’opérer terme  terme, à la seconde génération de capteur Touch ID sur iOS.

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Un clavier avec des papillons dans le ventre

Les nouveaux MacBook Pro arrivent avec la seconde version du clavier « papillon » qu’Apple a introduit avec ses MacBook Retina 12” . Sur cette machine, le toucher était assez peu agréable, la course très réduite des touches donnant l’impression de s’écraser les doigts pour peu que l’on tape de manière un peu vigoureuse. De même, certaines faiblesses mécaniques s’étaient manifestées.

Sur le premier point, le confort de frappe, cette nouvelle version, qui offre un débattement de touche plus important, corrige tout à fait le problème. La saisie est très agréable. Les touches sont larges, et avec une empreinte de doigt assez nettement marquée pour être confortable.
La solidité ne peut évidemment être jaugée après quelques jours de tests mais on fait plutôt confiance à la Pomme quant aux améliorations de cette nature.

Ports : USB-C toute !

Le MacBook Pro 13” sans Touch Bar arrive avec 2 ports USB-C (10 Gb/s) et Thunderbolt 3 (40 Gb/s). Les modèles Touch Bar, en 13” et 15” en embarquent 4.

Des ports à deux vitesses

Cependant, sur le modèle 13” Touch Bar, ces 4 ports ne sont pas tous identiques : les 2 ports situés à gauche sont des ports USB-C et Thunderbolt pleine vitesse, 40 Gb/s maximum, tandis que les deux ports de droite offrent une vitesse limitée, sans doute 20 Gb/s. « Branchez toujours les appareils les plus performants dans les ports de gauche sur le MacBook Pro (13 pouces, fin 2016, quatre ports Thunderbolt 3) pour obtenir un débit de données maximum. », précise Apple.

Sur le Macbook Pro 15”, qui dispose de 2 contrôleurs Thunderbolt 3 (contre un seul sur le 13” Touch Bar), les 4 ports ont la même vitesse.

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Adaptateurs obligatoires

Si Apple s’était fait, à juste titre, incendier du fait de la présence d’un seul port USB-C sur son MacBook 12” Retina, la présence de ces 4 uniques ports USB-C Thunderbolt 3 sur les MacBook Pro 2016 a suscité un délire de protestations. « Le MacBook Pro n’est plus une machine Pro », « comment puis-je brancher mon iPhone ? », « Apple veut faire fortune en vendant des adaptateurs »On aura tout entendu, ou presque. L’un des commentaires est particulièrement savoureux et juste : « Apple a retiré le port casque de l’iPhone 8 et fournit un casque Lightning. Et sur les nouveaux MacBook Pro, il y a une prise casque, mais pas de prise Lightning ! Comment je fais, alors, pour brancher mon casque sur mon Mac ? »
Évidemment, un changement d’ampleur n’est pas toujours agréable, surtout que la connectique USB-C, pour être ultra-pratique – merci Apple d’avoir inventé le Lightning – et terriblement versatile, est encore peu répandue. Concrètement, il faut acheter des câbles, et des adaptateurs pour brancher nos « anciens » périphériques, et un lecteur de cartes externe. Ou un dock multi-fonctions.

Imaginer un instant que ce changement de connectique a pour objectif de « vendre des adaptateurs » est une idiotie sans nom : Apple réalise des milliards de chiffre d’affaires et ne se lance dans des segments que lorsque les gains envisageables se comptent en milliards. Ce qui n’est évidemment pas le cas des adaptateurs.

Promo sur les adaptateurs

La Pomme, cependant, a été surprise de l’ampleur des réactions et a donc décidé, au moins temporairement, de baisser le prix de ses adaptateurs.
En voici la liste et les tarifs :
– Le câble USB-C vers Lightning (1 m), est vendu 25 au lieu de 29 €, pour connecter vos iPhone et iPad Lightning
– L’adaptateur multiport AV numérique USB-C, est vendu 59 € au lieu de 79 €. Permet de connecter un écran HDMI, de connecter un périphérique USB standard, et un USB-C pour la recharge. C’est sans doute l’adaptateur le plus utile du lot
– L’adaptateur USB-C vers USB, est vendu 9 € au lieu de 25 € pour connecter vos anciens appareils USB
– L’adaptateur Thunderbolt 3 (USB-C) vers Thunderbolt 2, est vendu 35 € au lieu de 59 € pour connecter les périphériques Thunderbolt 2
– L’adaptateur multiport VGA USB-C, est vendu 59 € au lieu de 79 € pour connecter un écran VGA, avec un port USB et un port USB-C

RAM

C’est un autre grief qu’on a beaucoup entendu : la RAM, sur ces MacBook Pro 2016, est limitée à 16 Go maximum. Si c’est évidemment assez pour le commun des mortels, il peut en aller différemment pour certaines activités, typiquement les activités créatives type montage vidéo, musique ou 3D.
Phil Schiller a eu l’occasion de tenter d’expliquer le pourquoi de cette limitation, qui vient abimer le tableau d’ensemble de cette nouvelle gamme. : il s’agit de limiter l’impact énergétique de la mémoire, en utilisant de la RAM LRDDR3E basse consommation. Celle-ci demande une puissance de 1,5 watts. Mettre 32 Go aurait exigé de passer à de la RAM LPDDR4 , plus énergivore à ce stade, exigeant de 3 à 5 watts.

En outre, expliquait Schiller, il aurait fallu revoir le design de la carte-mère, argument dont, évidemment, les clients n’ont cure.

Un dernier point a été relevé et il concerne le temps de survie de la machine en stand by : actuellement, il est de l’ordre de 30 jours, mais aurait été réduit dramatiquement, pour s’établir à 7 jours, dans le cas d’une utilisation de la DDR4. Bref, Apple a fait un compromis, et comme tous les compromis, il est un peu bancal.

Autonomie

L’autonomie, justement, parlons-en : les batteries intégrées dans cette gamme de MacBook Pro 2016 sont différentes selon les modèles :
– Le MacBook Pro 13” ESC embarque une batterie de 54,5 Wh (11,40 V)
– Le MacBook Pro 13” Touch Bar embarque une batterie 5 cellules 49,2 Wh (11,41 V)
– Le MacBook Pro 15” Touch Bar embarque une batterie 6 cellules 76,0 Wh (11,40 V)
Elles sont moins puissantes que sur les MacBook Pro de précédente génération, 27 % par exemple pour le modèle 13” sans Touch Bar. Malgré cela, l’autonomie est préservée, affirme Apple, et même améliorée pour le modèle 15”.

Promesse tenue

Dans les faits, qu’en est-il ? Comme à sa bonne habitude, les promesses de la Pomme en la matière sont tenues. Là aussi, nous avons lu, dans les tests déjà publiés, des sons de cloche différents, avec des machines affichant une autonomie anormalement basse. Ça a été le cas, notamment, pour The Verge.
Nous avons réalisé deux tests. Le premier, un stress test, consiste à faire tourner une vidéo HD en continu, avec comme seul réglage d’économie d’énergie, l’assombrissement de l’écran utilisé sur batterie. Le second test reproduit des usages bureautiques plus réalistes, et consiste en un rechargement de page sur Safari toutes les 10 secondes.

Notre MacBook Pro 13” ESC a tenu 7h15 au test vidéo, et 9h30 au test bureautique.
Le modèle 15” a tenu, lui, 8h15 au test vidéo et 10h40 au test bureautique.
On peut imaginer que le 13” Touch Bar aurait eu des résultats un peu inférieurs.

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Tarifs (salés) des nouveaux MacBook Pro

Au final, ces MacBook Pro 2016 nous semblent avoir été bien injustement traités : ils sont d’une grande qualité de fabrication et de design, d’un grand plaisir d’usage, disposent d’un écran hors norme, d’un stockage ultra-rapide. Les problématiques liées à la connectique sont un spasme historique qui sera oublié dans quelques semaines.

Nous regrettons cependant le faible gain de puissance CPU, et nous conseillons à ceux qui le peuvent d’attendre la prochaine génération de processeurs Kaby Lake avant de passer en caisse.
Le vrai grief que nous avons à opposer à cette gamme de MacBook Pro 2016 concerne le tarif, que nous trouvons franchement élevé. D’autant que le modèle 13” sans Touch Bar, est présenté par Apple comme le « nouveau » MacBook Air. S’il mérite ce titre sur le plan de l’épaisseur – un peu moins sur celui du poids, 1,37 kg – il est tout de même 600 € plus cher que le premier modèle de MacBook Air 13”. Désormais, pour une machine de génération récente, le ticket d’entrée dans l’univers des portables Apple s’établit à 1449 € pour le MacBook Retina 12”. Les MacBook Air 13” qu’Apple continue à vendre sans même avoir touché leur tarif sont technologiquement dépassés.

NOTRE VERDICT
Conception
Performances
Design
Prix
Arnaud joue du clavier comme d'autres du xylophone, mais le résultat demeure peu musical. Il conduit la rédac à la baguette et essaye d'éviter les fausses notes. Geek avec de la patine, il officie aussi dans la presse généraliste.

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