Le dernier logiciel de Nik Bhatt, fondateur du studio Gentlemen Coders, et père du défunt et regretté Aperture, RAW Power mérite un bon coup de projecteur. Entièrement basé sur l’API RAW d’Apple, le logiciel est vendu 9,99 € pendant quelques jours encore, avant de passer à 19,99 €. Son objectif est spécifique : permettre de développer les fichiers RAW – bruts de capteur – avec le plus de souplesse possible.

Pour mémoire, les fichiers RAW sont générés par les appareils photo réflex, et par certains appareils compact plutôt haut de gamme. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un format, mais de l’enregistrement brut de tout ce que « voit » le capteur photo, avec une plage dynamique très supérieure à ce qu’affiche le fichier JPEG final. Beaucoup plus lourd, non compressé, le RAW a besoin d’être développé pour être utilisé, et c’est exactement l’objet de RAW Power. Notez que RAW Power fonctionne avec les fichiers pseudo RAW DNG que peuvent générer les iPhone récents.

Test vidéo

Avec cette petite vidéo, nous développons une image avec RAW Power en passant en revue ses principales fonctions.

Boost le paramètre clef

RAW Power est à la fois une extension pour Photos d’Apple – qui doit être activée puis est accessible en mode édition via l’élément « Extensions » – et un logiciel « stand alone », qui fonctionne seul. Ces deux versions sont obtenues par un seul et même achat. Dans les deux cas, le fonctionnement est strictement identique

Les amateurs d’Aperture retrouveront bon nombre des raccourcis clavier de l’ancien gestionnaire d’images d’Apple, notamment le « z » pour passer à l’échelle 1:1 ou pour revenir à l’affichage à 100 %. L’organisation de la seule palette de RAW Power ne les perturbera pas plus. Celle-ci se divise en 7 zones empilées.

La première regroupe les outils de zoom et de rotation, la seconde, plus intéressante, affiche l’histogramme de l’image ouverte. Cet histogramme se divise en 4 courbes : la luminance et les couches RVB de l’image. 4 boutons ronds permettent d’afficher sélectivement l’un ou l’autre des canaux. Ces boutons permettent aussi de mettre en évidence les zones brûlées ou bouchées de l’image, ce qui s’avère très pratique pour mesurer l’ampleur des corrections à apporter.

La troisième zone est déterminante, c’est elle qui regroupe les outils de développement du RAW. Le premier paramètre, le Boost, est particulier à RAW Power et à l’API Apple. C’est un réglage qui vient tenter de préserver l’équilibre général de l’image, entre les zones claires et les zones sombres. De fait, lorsque vous devez corriger un cliché sur-exposé ou sous-exposé, le Boost va « combattre » vos réglages. Réduire son niveau rend l’image plus plate, mais ouvre les possibilités de corrections avancées. Nous vous recommandons de regarder notre petite vidéo pour bien, comprendre ce paramètre.

Les autres paramètres permettent de « monter » les noirs, d’augmenter le micro-contraste, et de réduire le bruit chromatique, et le bruit lumineux, qui sont générés selon les cas, notamment lors de prises de vue dans de mauvaises conditions de lumière, ou à haute sensibilité.

Suivent les réglages de la balance des blancs, de l’exposition, et du débouchage des ombres et de la récupération des hautes lumières, plus classique. Enfin, les réglages d’exposition – lumière, contraste, saturation et vibrance des couleurs, parachèvent le tableau.

Puissantes courbes

L’autre morceau de bravoure de RAW Power est son gestionnaire de courbes. Celui-ci peut afficher les 3 courbes RVB combinées, ou sélectivement. C’est souvent utile quand, par exemple, votre appareil photo génère un bruit chromatique spécifique dans les basses lumières, souvent rouge. On peut agir sélectivement sur le canal rouge pour corriger ce défaut. Un réglage permet même de déterminer comment les courbes se comportent par rapport au gamma de l’image.

3 pipettes permettent de définir le point blanc, noir et gris moyen (50 %). Une cible, extrêmement utile, permet d’obtenir le pointage, sur la courbe d’une valeur d’une zone de l’image. Idéal pour trouver exactement l’endroit de la courbe à ajuster pour une correction.

Toujours dans la palette courbe, les niveaux et les réglages de couleurs automatiques sont de la partie.

Les courbes

Un logiciel qui va à l’essentiel

À l’usage, RAW Power développe une puissance très appréciable : ses fonctions sont déportées sur le GPU, qui assure une rapidité de traitement sans pareil. La finesse de ses réglages permet d’obtenir la quintessence de vos clichés ; même une image qui peut sembler – trop surexposée par exemple – peut être sauvée grâce à la conjonction du « Boost », de la récupération des hautes lumières et des courbes.

On se prend vite à passer en revue sa photothèque pour trouver les clichés que l’on peut sublimer ; le HDR est toujours à portée de main, grâce à la souplesse des données enregistrées dans le RAW.

RAW Power constitue un investissement très vite rentabilisé pour les photographes amateurs ou experts, ou pour ceux qui désirent se frotter aux joies de l’édition globale. On regrette qu’il ne propose aucune outil de retouche localisé, qui viendraient encore renforcer son intérêt, mais il ne s’agit que d’une version 1. La mise à jour 1.1 est en préparation, avec des outils de recadrage et de rotation, qui manquent pour le moment.

Pour l’heure, Nik Bhatt est le seul développeur du logiciel, ce qui laisse planer le doute sur le suivi dont disposera cet excellent logiciel. Mais dès à présent, il devrait ravir les utilisateurs exigeants.

On aime

  • un logiciel concentré sur l’essentiel
  • la puissance du paramètre Boost
  • la vitesse de traitement
  • l’excellent rapport qualité prix

On aime moins

  • pas d’outils de retouche localisée
  • des fonctions manquantes

  • RAW Power, 9,99 €, macOS

NOTRE VERDICT
Puissance
Ergonomie
Intérêt
Rapport qualité /prix
Arnaud joue du clavier comme d'autres du xylophone, mais le résultat demeure peu musical. Il conduit la rédac à la baguette et essaye d'éviter les fausses notes. Geek avec de la patine, il officie aussi dans la presse généraliste.

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