C’est la grosse sortie ludique de ce début de printemps sur Mac : Feral a lancé Total War: Warhammer sur macOS, dernier né de la série des Total War qui diffère passablement de ses prédécesseurs en ce sens qu’il se déroule dans un environnement imaginaire, à forte coloration « Heroïc Fantasy ». Ainsi, au lieu d’un contexte historique relativement précis – la Rome antique, le moyen-âge, la période napoléonienne – et d’armées équipées des armes de l’époque se retrouve-t-on en plein seigneur des Anneaux, au moins autant que dans le monde de Warhammer.

Ce changement contextuel amène de nombreuses nouveautés dans le gameplay bien rodé de la série. Il impacte d’abord les batailles, qui constituent toujours le point fort de la série. Si le gros des forces se trouve toujours équipé d’armes classiques – épées, arbalètes, arquebuses, hallebardes, piques… – on obtient rapidement la possibilité de leur adjoindre des unités spéciales, ainsi que des héros, disposant de compétences spécifiques et pesant, à eux seuls, le poids d’une unité de dizaines d’hommes. De même, aux armées humaines peut-on préférer des armées d’Elfes, de Nains (boudeurs et grognons mais excellents artificiers), de Vampires, et Morts-vivants notamment.

Le jeu s’en trouve parcouru d’un souffle équipe que ne renierait sans doute pas Peter Jackson.

L’empire se construit à coups de bottes

Ceux qui connaissent déjà le principe des Total War peuvent passer ce paragraphe. Total War: Warhammer se joue sur une carte, entièrement modélisée en 3D et riche d’une multitude de détails, que l’on se plait à explorer. Et qu’il est d’ailleurs conseillé d’explorer, car les cols, les passes étroites, les bras de mer conditionnement les possibilités de mouvement des armées. Au nord, et à l’est se trouvent des territoires hostiles, peuplés qui de Vikings, qui de morts-vivants. Les montagnes qui séparent les terres de l’est du gros du continent sont le lieu de prédilection des Nains, qui peuvent s’y réfugier et qui seront très difficiles à déloger. Les armées humaines se partagent la « terre du milieu ».

Chaque faction hérite, en début de partie d’un ou plusieurs territoires, appartenant à une province. Celle-ci est toujours composée d’un territoire principal, et de territoires annexes. C’est le cœur de votre empire. Dans le territoire principal se tient une capitale, susceptible d’accueillir jusqu’à 6 bâtiments, là où les villes secondaires sont limitées à 4. Selon les bâtiments construits, qui coûtent de l’argent à édifier, mais peuvent en rapporter une fois construits, il est possible de recruter des unités de type divers : fantassins, cavaliers, artilleurs. Chacun de ces types d’unités connait divers niveaux d’évolution, que l’on atteint en adjoignant, dans la province, des bâtiments de support, par exemple une forge, pour pouvoir construire des unités d’artillerie avancées. Ce principe implique de bien réfléchir aux constructions, et de rationaliser son empire, qui va vite croitre, au fur et à mesure des conquêtes.

Certains bâtiments rapportent de l’argent, comme les ports, les fermes, ou les filatures, quia bondent le budget de l’empire. À l’inverse, le maintien des troupes, et leur recrutement, coûte, et l’économie demeure un paramètre délicat à maîtriser tout au long de la partie.

Des batailles épiques et difficiles

Chaque empire entretient des relations diplomatiques avec ses voisins, faites de traités de commerce, de paix, d’alliances défensives ou offensives, d’autorisation d’accès aux terres. Mais évidemment, il n’est guère question de rester pacifique dans ce monde brutal, et plein de danger. Chaque joueur compose des armées autour d’un seigneur de guerre, qu’il recrute, et qui gagne de l’expérience au fil des batailles et des missions.

Quand vient l’heure du combat, c’est un autre jeu qui s’offre à nous, celui d’un jeu de stratégie en temps réel, entièrement en 3D, mettant face à face des milliers d’unités. Le seigneur de guerre commence à disposer ses unités sur le terrain, essayant de sa’ppuyer sur les reliefs pour établir sa stratégie. Des ordres élémentaires sont donnés à chaque unités, par exemple, pour les tireurs, il est possible de donner un ordre d’attaque, ou d’exiger qu’ils se tiennent à distance des adversaires pour des combats d’escarmouche. Les options sont, sur ce volet Warhammer moins nombreuses qu’à l’habitude des Total War.

Une fois le combat engagé, on peut déplacer chaque troupe, seule ou en groupe que l’on compose à l’envie. Le positionnement est déterminant, de même que le moral, que la présence de héros permet de fortifier. Cependant, les troupes ont toujours tendance à fuir le combat lorsqu’elles sont en partie décimées, et en difficulté. il est essentiel de savoir se replier, et, parfois, de parvenir à diviser la masse compacte de l’armée adverse.

Les combats peuvent être accélérés, grâce à des boutons accélérant le temps, et réduisant les déplacements. Le joueur peut librement orienter sa caméra pour observer le terrain des opérations sous toutes les coutures. Et s’il est souvent préférable de prendre de la hauteur – un mode stratégique en vue de dessus est disponible – on se prend souvent à aller regarder de près la mêlée sanglante qui bruisse là en bas.

La modélisation des unités est saisissante, la qualité des animations aussi. Et contexte d’Heroïc Fantasy oblige, certaines unités sont très impressionnantes, de la taille d’une dizaine d’hommes. On rencontre ainsi des dragons, des arbres elfiques ou des Orcs qui écrabouillent les unités de petite taille.

Héros, espions et magiciens

Total War: Warhammer permet de recruter des personnages spécialisés, qui peuvent jouer les espions, les tueurs, ou les magiciens. Leur présence dans une armée conforte les troupes, mais ils peuvent aussi, seuls, se livrer à des opérations de harcèlement des armées ou des villes ennemies. Il peuvent par exemple, tenter d’endommager des bâtiments, essayer d’occire des seigneurs, ou aider à limiter la « corruption vampirique » qui affecte certaines terres souillées par le Prince des Ténèbres.

Si le rôle de ces unités est moindre en début de partie, il va croissant au fur et à mesure de l’avancement des opérations, jusqu’à devenir crucial. Chacun de ces personnages gagne de l’expérience, sous forme de points, que l’on peut affecter librement à certaines compétences ou caractéristiques. Mais attention, chaque opération comporte des risques et votre superbe magiciens peut tout à fait trépasser en tentant d’espionner un voisin.

Des parties longues, parfois très longues

Total War: Warhammer est un jeu offrant une durée de vie énorme. Chaque partie peut durer des dizaines, voire des centaines de tours et mobiliser pendant de longues heures. Faire croitre son empire n’est pas une sinécure et aussi puissant soit-il, chaque seigneur doit craindre les menaces qui viennent du nord : les invasions vikings, qui pillent et rasent les villes. De l’est se lève aussi une sombre menace, l’équivalent de Sauron du Seigneur des anneaux : des armées maléfiques du Chaos, très puissantes et très nombreuses déferlent sur vos terres à l’occasion, causant des ravages dont il est difficile de se relever.

Le jeu offre une campagne solo, que l’on peut jouer avec différentes races, et deux autres campagnes sont proposées en achat séparé. Un mode multijoueurs est de la partie, pour s’écharper entre potes, tandis qu’il est possible de livrer des batailles uniques, avec chacune des races. Idéal pour ceux que la partie gestion et stratégie sur carte ennuie. il passeront tout de même à côté d’un des intérêt du titres mais vivront les batailles extraordinaires qui sont la signature de cette série.

Un titre gourmand mais gratifiant

Vendu 54,99 €, Total War: Warhammer exige un Mac Intel avec processeur cadencé à 2 GHz, 8 Go de RAM et une carte graphique avec 1,5 Go de VRAM. il requiert également macOS 10.12.4.

Il est compatible avec les cartes graphiques suivantes :

  • Toutes les cartes graphiques AMD sorties depuis 2014.
  • Toutes les cartes graphiques Nvidia avec plus de 2 Go de VRAM sorties depuis 2012.
  • (MacBookPro uniquement) Cartes Intel Iris Graphics 540 et 550 sorties depuis 2016.

Les cartes graphiques suivantes permettent d’exécuter le jeu, mais leurs caractéristiques ne répondent pas aux normes requises pour la prise en charge officielle :

  • Toutes les cartes Nvidia avec 1 Go de VRAM sorties depuis 2012.
  • Toutes les cartes Intel Iris et Iris Pro sorties depuis 2013, hormis les cartes 540 et 550 indiquées ci-dessus.

Total War: Warhammer ne devrait pas décevoir les fans de la franchise de Creative Assembly. Feral a réalisé un beau portage, bien stable. Nous n’avons rencontré que quelques rares crashs pendant nos tests, alors même que le jeu n’avait pas reçu de mise à jour corrective, sortie depuis. Son aspect Heroïc Fantasy renforce le côté épique des opérations, avec parfois l’impression d’un combat contre le mal apte à stimuler.

La richesse des opérations sur carte donne de la profondeur au gameplay, tandis que les combats sont toujours aussi spectaculaires. Et il y a beaucoup à apprendre pour faire un général digne de ce nom. Tout juste regrette-t-on, parfois, l’aléa apporté par les unités magiques, qu’il est difficile de circonvenir dans les combats. Le jeu est en français, utilise Metal, l’API 3D d’Apple, et vu le niveau du résultat, il donne confiance en l’avenir ludique du Mac, au moins sur le plan des performances.

On aime

  • la richesse du titre
  • les combats fantastiques
  • la gestion de l’économie assez riche

On aime moins

  • le jeu est assez cher
  • le titre exige un Mac très puissant
  • les batailles sont parfois difficiles à jauger du fait de la présence d’unités magiques
NOTRE VERDICT
Intérêt
Exigences matérielles
Ergonomie
Durée de vie
Rapport qualité / prix
Arnaud joue du clavier comme d'autres du xylophone, mais le résultat demeure peu musical. Il conduit la rédac à la baguette et essaye d'éviter les fausses notes. Geek avec de la patine, il officie aussi dans la presse généraliste.

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