Apple a présenté, lors de la dernière WWDC 17, une toute nouvelle tablette, l’iPad Pro 10,5”, un modèle à peine plus grand d’un iPad 9,7”, mais intégrant un écran de 10,5” doté d’une définition 18 % supérieure et disposant d’une cadence de rafraichissement variable allant jusqu’à 120 Hz (120 images par seconde). C’est l’une des grosses nouveautés de ce modèle 2017, qui intègre également un capteur photo de haute qualité, hérité de l’iPhone 7, qui prend des clichés 12 millions de pixels et dispose d’une optique ouvrant à f/1,8. Pour le reste, il est mu par un processeur A10x Fusion, la 4e génération de processeur 64 Bits Apple, qu’Apple donne comme 2,5 fois plus rapide que le processeur A8, seconde génération de processeur 64 bits qui équipe encore l’iPad mini 4. Les performances graphiques sont censées, de leur côté, avoir plus que doublé par rapport à l’iPad 9,7”, ce que nous vérifierons dans les tests de vitesse.

Cet iPad Pro 10,5” était très attendu, avec sa nouvelle diagonale d’écran qui l’ouvre à des applications exigeant autant d’espace que possible – le dessin, la conception 3D, le montage vidéo, pour redonner du souffle à une gamme de tablette toujours très en avance sur la concurrence côté Android, mais dont les ventes ne cessent de s’essouffler.

Design

L’iPad Pro 10,5” reste un iPad, et s’inscrit dans la déjà longue lignée. Aucun changement majeur n’est à observer du côté du design. La finition est toujours impeccable, la prise en main très agréable avec une bordure légèrement biseautée vers l’écran (qui ne propose pas de rebords arrondis comme sur les iPhone 7). L’antenne du modèle cellulaire devient extrêmement discrète et l’appareil intègre 4 haut-parleurs, à chaque coin, ainsi que deux micros pour la prise de son et la réduction du bruit pour Siri. Les 4 haut-parleurs fonctionnent de conserve et modifient la répartition du son selon l’orientation de la tablette. Dans l’ensemble, celle-ci sonne bien, mais on a toujours tendance à occulter les orifices avec ses mains lors qu’on la tient, ce qui limite nécessairement le rendu sonore. Sur ce plan, on reste un peu déçu, d’ailleurs. Si la tablette assure une restitution acceptable, et un volume très significatif – aucun problème pour regarder des films – on demeure loin d’un produit capable de jouer de la musique sans haut-parleur externe.

L’optique photo demeure protubérante, ce qui fait que l’iPad, posé sur le dos, bascule légèrement quand on le tapote. La chose n’est en aucun cas gênante en usage courant.

Les bordures latérales de l’écran sont nettement plus fines que les bordures en bas et en haut, même si elles ont également été affinées. Là aussi, ce n’est pas gênant, tout juste notable. Le bouton Touch ID, de seconde génération, est rapide, et demeure mécanique : Apple n’a pas misé sur un moteur haptique et un bouton « statique » pour cet iPad. On peut donc sans doute craindre, après de nombreuses pressions, que celui-ci marque le pas.

L’appareil embarque 4 go de RAM, et son processeur A10x Fusion intègre 6 cœurs, 3 haute vitesse, et 3 à haute efficacité énergétique, sollicités pour les tâches les moins gourmandes.

L’iPad Pro 10,5” pèse 469 grammes en version Wi-Fi et 477 grammes en version cellulaire, un poids strictement identique à celui de l’iPad 9,7” et sensiblement inférieur à celui du nouvel iPad 12,9” (677 et 692 grammes). À l’usage, la différence est éclatante : l’iPad 10,5” ne fatigue pas quand on le tient, ce qui n’est pas toujours le cas avec le grand modèle.

L’écran ProMotion 120 Hz

Le morceau de bravoure de cet iPad Pro 10,5” est bien sûr l’écran. Celui-ci adopte une définition de 2 224 x 1 668 pixels à 264 pixels par pouce (ppp). L’iPad Pro 10,5” emmène donc un écran de 3,71 millions de pixels contre 3,14 millions sur l’iPad 9,7”, soit 18 % de plus, pour des dimensions à peine augmentées de 5 %.

L’écran restitue le spectre de couleurs large P3, comme sur l’iPad 12,9”, et gère l’affichage TrueTone, qui vient mesurer la longueur d’onde de la lumière pour ajuster les blancs et obtenir un affichage constant quel que soit l’éclairage ambiant. Night Shift est aussi de la partie, chargé de réduire les niveaux de bleus censés être énervants, en soirée. Le traitement antireflet est au niveau de celui appliqué sur le grand iPad, et permet un taux de réflectance de 1,8 %, en progrès par rapport à l’iPad Pro 12,9” de première génération et ses 2,6 %. Plus le taux est faible, moins l’écran va refléter son environnement.

L’autre caractéristique mise en avant par Apple est ProMotion, la capacité de cet iPad 10,5” à afficher des taux de rafraichissement de 120 Hz, soit 120 images par seconde. Ce taux est variable, et s’ajuste automatiquement en fonction des tâches effectuées. Le réglage n’est en aucun cas accessible à l’utilisateur, et de manière limitée aux développeurs tiers. Une exception tout de même : les réglages d’Accessibilité proposent une option pour limiter le rafraichissement à 60 Hz pour éviter, chez certains, un sentiment de mal de mer à l’usage. L’écran peut rafraichir à 24 Hz, 48 Hz ou 120 Hz selon les cas. Il s’agit ici de préserver autant que faire se peut l’autonomie batterie : plus le taux de rafraichissement est élevé, plus la machine consomme et la chose s’avère totalement inutile lorsque l’on regarde ses photos par exemple.

Plus la valeur est élevée, plus l’image parait stable. Théoriquement, l’œil perçoit comme fluide une animation affichant 24 à 30 images par seconde, mais ce chiffre monte quand l’animation est très rapide, par exemple un travelling rapide dans un plan ciné. À l’usage, on ressent l’apport de ce mode 120 Hz très nettement lors du défilement des pages sous Safari. Aucun effet de fantôme, ou de saute n’est visible, on a simplement l’impression de faire défiler un rouleur de papier solide.

Exactement comme lors de l’arrivée du Retina, c’est en repassant sur un modèle qui ne gère pas le 120 Hz que l’on se rend compte de l’apport et que l’on s’étonne d’un défilement « flou » des pages web.

Outre le web, on devrait ressentir l’apport de ce mode 120 Hz dans les jeux et de fait les animations de certains titres sont plus fluides, même s’il n’est pas toujours aisé de voir la différence.

Au final, ProMotion constitue un apport certain, loin d’être négligeable, mais peut-être pas non plus aussi révolutionnaire qu’Apple, ou certains tests semblent le dire. ProMotion apporte un regain de confort, qui se ressent nettement lors de la navigation web, lorsque l’on se déplace entre les écrans d’accueil et marque plus une belle évolution qu’une vraie révolution. Pas de quoi bouder son plaisir tout de même : il est difficile de faire un retour en arrière une fois que l’on a gouté aux joies de ces rafraichissements rapides.

Performances

L’iPad Pro 10,5” en a sous le capot, et ça saut aux yeux à l’usage : tout s’y déroule de manière extrêmement rapide, et la différence est même notable vis-à-vis de l’iPad Pro 12,9” de première génération et l’iPad Pro 9,7”.

Stockage

Si l’on se concentre souvent sur les performances GPU et CPU, on oublie parfois un peu la vitesse du stockage. Et sur ce plan, l’iPad Pro 10,5” marque de nets progrès par rapport à ses devanciers. On gagne, par exemple, plus de 3 secondes au lancement de Real Racing 3 entre l’iPad Pro 10,5” et l’iPad Pro 12,9” 2016. Tous les accès sont plus rapides, et ça se sent vraiment à l’usage.

CPU

Niveau performances CPU, même constat, la machine est très rapide, avec des performances quasi doublées sur les calculs entiers et à virgule flottante sous Geekbench par rapport à la précédente génération d’iPad Pro.

Antutu donne des résultats moins éclatants, mais toujours nettement en faveur de l’iPad Pro 2017, qui fait 30 % mieux que la génération 2016

Basemark OS2 situe, de son côté, les gains autour de 40 % par rapport à la génération précédente d’iPad Pro, et c’est sans doute la donnée intermédiaire à retenir, pour avoir une idée assez précise des performances CPU de cette tablette somme toute très rapide.

GPU

Le GPU 12 cœurs de l’iPad Pro 10,5” n’éprouve pas de difficulté à animer l’écran 10,5”, fusse à 120 Hz. Là encore, c’est vers les benchmarks qu’il faut se tourner pour donner une valeur chiffrée à nos impressions. Les gains, par rapport à la génération précédente d’iPad Pro 9,7”, sont mesurés, avec la variabilité propre à ces tests, autour de 30 %, ce qui est loin d’être négligeable. Ils sont nettement plus variables comparés à l’ancien iPad Pro 12,9”, notamment pour les tests mesurant les performances sur Metal, le jeu d’API 3D d’Apple.

 

Autonomie

Mesurer l’autonomie d’un iPad reste une gageure, tant la variabilité, en fonction des tâches est importante. Apple la donne toujours à 10 heures, et de manière subjective, nous avons emporté avec nous l’appareil pendant une pleine journée de reportage, qui n’a entamé son autonomie que de 20 %, pour sans doute plus de 4 heures d’utilisation, en saisie de texte essentiellement. Avec une telle activité, nul doute que les 10 heures annoncées seront dépassées. À l’inverse, ne vous attendez pas à jouer avec Real Racing 3 pendant 10 heures consécutives ni à regarder des vidéos en streaming et en cellulaire avec le GPS allumé pendant 10 heures. Encore une fois, tout est question d’usage.

Globalement, le ressenti en matière d’autonomie reste très voisin des iPad précédents

Photo et vidéo

Nous passerons rapidement sur le sujet, non pas parce qu’il serait de moindre importance, mais parce que l’iPad Pro 10,5” intègre le capteur et l’optique de l’iPhone 7, et qu’il en reprend donc les performances, précisément.

En clair, le capteur assure d’excellents clichés 12 millions de pixels, et des vidéos 4K – 3 840 x 2 160 – stabilisées matériellement. Le flash 4 LED TrueTone se montre efficace, sans brûler exagérément la scène photographiée, mais avec, évidemment, une capacité d’éclairage limité au premier plan.

Le mode panorama permet de réaliser des pano de 63 millions de pixels, comme sur l’iPad Pro 12,9”.

Accessoires

Comme pour tout iPad Pro, l’iPad Pro 10,5” gère l’Apple Pencil, dont, d’ailleurs, Apple vante la réactivité sur ce modèle. Le stylet pommé n’a pas changé, mais l’iPad Pro 10,5” est capable d’assurer une latence réduite à 20 ms. Dans les faits, la différence est ténue, comme nous l’a confirmé, après essai, un dessinateur travaillant sur l’ancien iPad Pro 12,9”.

Apple a également sorti son clavier Smart Keyboard pour l’iPad 10,5”, francisé. Souvenez-vous qu’il avait fallu attendre de longs mois pour cette localisation lors de la sortie du premier clavier de ce type. Cette fois, il est là dès la sortie, vendu un joli 179 €. Il est pratique, la frappe est plus confortable que ne laisseraient penser les touches revêtues de plastique. Seul hic, toutes les apps ne gèrent pas forcément les raccourcis clavier, ou de manière limitée. Mais à cette limite près, l’adjonction d’un clavier externe est indéniablement un plus pour la saisie de texte.

Autre nouveauté, l’étui en cuir pour iPad Pro 10,5”, qui propose un emplacement pour ranger le stylet. D’une belle facture, celui-ci accepte l’iPad avec sa cover clavier ans broncher. Dommage qu’il soit vendu aussi cher, 149 €.

Au final

Au final, cet iPad Pro 10,5” est sans doute l’iPad le plus séduisant sorti à ce jour : suffisamment compact pour ne pas peser, avec son écran assez vaste pour satisfaire la plupart des besoins, il offre un excellent compromis taille / poids / espace de travail.

Sur le plan matériel, l’adjonction de ProMotion et de l’écran TrueTune 120 Hz est un confort supplémentaire, tandis qu’on peut tout à fait se satisfaire de l’appareil pour des prises de vues ou des vidéos de vacances.

Reste la question qui taraude tous les spécialistes – et sans doute pas tellement les utilisateurs : cet iPad Pro peut-il remplacer un ordinateur portable. La réponse est oui, évidemment, comme peuvent en attester de nombreux utilisateurs d’iPad. Elle est non si elle se formule de cette manière : l’iPad Pro 10,5” peut-il faire la même chose et de la même manière qu’un ordinateur. Non, l’iPad Pro 10,5” n’est sans doute pas aussi « productif » pour ce qui est des traitements de nombreux fichiers, ou pour le montage vidéo – il lui manque un accès aisé à des supports de stockage externes. L’iPad Pro 10,5” est et demeure une tablette, arrivant avec un système simplifié, qui rend bien des services et supprime des tonnes de complexités que les ordinateurs trainent de leur histoire. C’est simplement, à notre sens, la meilleure tablette sortie à ce jour.

L’iPad Pro 10,5” est proposé à 739 € en version 64 Go Wi-Fi, 839 € en 256 Go (le choix idéal sans doute) et 1059 € en version 512 Go. Pour l’option cellulaire, rajoutez 160 €. Il est décliné en 4 coloris, argent, gris sidéral, or, et or rose. La tablette n’est pas bon marché, mais elle est sans équivalent, justement, sur le marché. Et la qualité, ça se paie.

NOTRE VERDICT
Performances
Design
Prix
Rapport prix / performances
Arnaud joue du clavier comme d'autres du xylophone, mais le résultat demeure peu musical. Il conduit la rédac à la baguette et essaye d'éviter les fausses notes. Geek avec de la patine, il officie aussi dans la presse généraliste.

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