La première révision des MacBook Pro 2016 arrive avec, comme marque distinctive, l’adoption des processeurs Intel Kaby Lake de 7e génération, et l’arrivée de cartes graphiques Radeon Pro. Ce cru 2017 est sans doute celui qu’Apple avait imaginé initialement pour sa nouvelle gamme, avant de devoir se contenter d’un processeur Skylake de 6e génération initialement. Découvrons donc ce nouveau modèle, physiquement en tout point identique à son prédécesseur, mais qui fait un peu mieux sur le plan des performances, à tous les niveaux.

Nous testons le MacBook Pro 15,4” quadcore i7 à 2,9 GHz, modèle doté de 16 Go de RAM, 512 Go de SSD et d’une carte graphique Radeon Pro 560 4 Go, embarquant la puce Polaris, gravée en 14 nm et disposant d’une bande passante de 8,1 Go/s. Le chipset graphique intégré, auquel le système a recours pour les tâches les moins gourmandes, est un Intel HD Graphics 630 utilisant 1530 Mo de mémoire dynamique.

Design, on ne change pas une équipe qui gagne

Nous n’allons pas nous étendre sur le sujet, le MacBook Pro 2017 est identique au modèle 2016, qui avait, il est vrai, entériné un changement de design profond. C’est donc toujours la même machine, très réussie, d’une grande finesse, avec un écran LED de 15,4 pouce utilisant la technologie IPS affichant une résolution native de 2 880 x 1 800 pixels à 220 pixels par pouce de densité. La luminance de 500 nits le rend utilisable dans presque toutes les circonstances de lumière extérieure, et le gamut P3 offre son spectre de couleurs élargi.

Niveau connectique, les 4 ports USB-C Thunderbolt 3 (jusqu’à 40 Gbit/s) ne sont secondés que par une prise casque, un choix discutable malgré l’énorme quantité d’usages permise par ces ports, qui sont au début de leur vie commerciale. Ces ports gèrent l’USB 3.1 Gen 2 (jusqu’à 10 Gbit/s), peuvent être utilisés comme DisplayPort et comme port de recharge.

La machine est très fine – 1,55 cm, et encore assez lourde, 1,83 kg. Sur la balance, et dans la sacoche, le MacBook Pro fait son poids. C’est avant tout une machine pour les gros consommateurs de puissance, qui veulent disposer d’un vaste écran de travail, plus que celle des utilisateurs ultra-mobiles.

Performances CPU, ça grimpe

Il s’en était fallu de peu lors de la sortie de la première version de ces machines qu’elles ne disposent de Kaby Lake, ce qui explique qu’Apple mette déjà à jour cette gamme, sortie en novembre dernier. La 7e génération de processeur Intel Kaby Lake n’est qu’une amélioration itérative de la 6e, Skylake. Les gains de puissance de calcul restent marginaux, l’impact sur l’autonomie à peine plus signifiant.

Mesuré par GeekBench, ce MacBook Pro 15,4” Kaby Lake quad i7 à 2,9 GHz fait 13 % mieux que le modèle 2016 testé (Quad i7 à 2,6 GHz), pour une fréquence augmentée de 11 %. Autant dire que le gain est assez marginal.

Sur CineBench R15, le gain est encore plus équivalent à l’augmentation de fréquence : 11 % tout juste.

Un GPU performant

La carte graphique de notre MacBook Pro de test est une Radeon Pro 560 4 Go, embarquant la puce Polaris, gravée en 14 nm et disposant d’une bande passante de 8,1 Go/s. A priori, c’est une version « rebadgée » de la Radeon Pro 460 qui équipait le haut de gamme 2016 avec une fréquence de fonctionnement à peine plus élevée, 925 MHz a priori contre 908 MHz antérieurement. Niveau performances, il faut s’attendre à de l’identique. La Radeon Pro 560 4 Go embarque 1024 unités de calcul et utilise de la RAM DDR5.

Au final, nos trois jeux de référence confirment la parité de performances avec le haut de gamme 2016, ce qui constitue un gain de performances intéressant comparé à la Radeon Pro 450 avec 2 Go de VRam qui équipait le modèle testé en 2016.

On demeure cependant sur une carte disposant d’un bon ratio d’efficacité énergétique au détriment de la performance pure. Notez que la machine ventile rapidement lorsqu’elle sollicite la carte AMD

À peine mieux sur l’autonomie

Concernant l’autonomie, et en se souvenant de la polémique qui avait entaché la sortie de ces modèles en 2016 sur ce plan, force est de constater que la cuvée 2017 fait à peine mieux que la cuvée 2016, dont elle ne constitue qu’une évolution mineure.

Que ce soit lors de notre test bureautique – une page web rechargée toutes les 10 secondes avec la luminosité au maximum et le seul abaissement lié à l’usage sur batterie – ou vidéo – une vidéo HD lue en boucle avec les mêmes paramètres de luminosité – notre machine offre une autonomie de 8 h 30 environ. Elle se recharge en moins de 2 heures.

Stockage

Apple continue d’utiliser des SSD NVM Express 8 GT/s connectés sur 4 lignes ; ils dépassent allègrement les 2,3 Go/s en vitesse de lecture séquentielle et les 1,8 Go/s en vitesse d’écriture séquentielle faisant mieux de 15 et 9 % par rapport au modèle 256 Go testé en 2016. C’est encore Samsung qui fournit le stockage.

Dans le détail, les performances de ce SSD 20178 sont plus homogènes que sur le modèle précédent et ne souffrent pas, par exemple, lors de l’écriture aléatoire. De même les performances sur la lecture séquentielle de gros blocs restent plus constantes que sur le modèle 2016. Ce qui était déjà excellent en 2016 l’est encore plus en 2017.

iSight et Touch Bar

Apple a revu le fonctionnement de la Touch Bar pour macOS High Sierra, mais pour le reste, ce nouvel élément sur le clavier reste, sur notre Macbook Pro 2017, identique à la version 2016. Maintenant que la poussière est retombée, on peut sans trop hésiter considérer la Touch Bar comme un ajout intéressant, mais limité, limité aux logiciels que l’on utilise régulièrement et pour lesquels on prendra la peine de découvrir les options Touch Bar, voire de la configurer. Pour le reste, elle est grevée par la difficulté qu’il y a à prédire les options proposées sur les logiciels que l’on utilise rarement. Et l’absence de retour tactile rend l’appréhension un brin plus délicate. Apple est d’ailleurs consciente de se problème nous a-t-on affirmé. De là à espérer une Touch Bar haptique, il y a cependant un pas que nous ne franchirons pas.

Autre élément qui ne change pas – et cette fois c’est bien dommage – c’est la caméra iSight qui reste toujours limitée au 720p et qui affiche une image affreusement bruitée lorsque les conditions de lumière se dégradent. On sait bien que la limite est l’épaisseur de l’écran, mais c’est quand même un produit peu performant glissé dans une machine haut de gamme.

Conclusion : le Mac portable des Pro

Nous l’avons vu tout au long du test, ce MacBook Pro 2017 est essentiellement une évolution itérative du modèle 2016, destinée à intégrer Kaby Lake. Le processeur ne nous a pas particulièrement soufflé malgré son Turbo Boost censé être amélioré (et montant à 4,1 GHz). Cependant, il ne faut pas bouder son plaisir et décrier Apple quand elle met à jour rapidement ses machines. On grogne suffisamment quand ce n’est pas le cas.

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Arnaud joue du clavier comme d'autres du xylophone, mais le résultat demeure peu musical. Il conduit la rédac à la baguette et essaye d'éviter les fausses notes. Geek avec de la patine, il officie aussi dans la presse généraliste.

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