C’est le dernier épisode de la saga des Total War sur macOS : voici le test de Thrones of Britannia sur macOS, Total War sauce à la menthe. Le portage du jeu sur notre plateforme a été assuré, comme d’habitude, par l’éditeur britannique Feral, qui joue si l’on peut dire à domicile puisque le théâtre des opération est la Grande-Bretagne, à l’époque du roi unificateur Alfred le Grand, au 9e siècle. Une période particulièrement riche où Alfred unifie les royaumes de Grande-Bretagne, tout en repoussant les envahisseurs vikings. Deus séries TV, au moins, relatent ces épisodes, Viking et The Last Kingdom.

Thrones of Britannia est vendu 39,99 € sur le Mac App Store.

Chiens d’attaque

Total War, c’est quoi ?

Si vous connaissez déjà la série Total War, passez directement à la partie suivante. Il s’agit ici d’un jeu de stratégie au tour à tour, organisé autour de phases de batailles en temps réel ou d’immenses quantités d’unités s’affrontent. Ces combats sont la signature de la saga : sur un champ de bataille entièrement en 3D, des milliers de soldats, à pied, à cheval, équipés d’engins de siège s’affrontent. Le joueur contrôle chaque unité en lui donnant des ordres élémentaires – avancer, attaquer, se replier…

Les événements se déroulent toujours dans un contexte historique donné : guerres napoléoniennes, Rome antique ou, non historique mais fantastique, dans l’univers de Warhammer.
Outre les guerres de conquête ou de défense, le jeu développe aussi une stratégie au long cours : gestion des provinces, des généraux, des bâtiments, du trésor, des dépenses et des relations diplomatiques.
Les campagnes peuvent se gagner de différentes manières, en dominant tout ou partie d’un territoire, ou en pacifiant celui-ci.

Test de Thrones of Britannia sur macOS, Total War sauce à la menthe

Place donc au roi Alfred, roi du Wessex et grand unificateur des îles anglo-saxonnes, qu’il ne contrôlera pourtant jamais dans leur intégralité. D’un royaume de départ réduit en taille et en influence, le Wessex, il s’agit d’étendre son contrôle sur une grosse partie du territoire anglo-saxon, tout en repoussant les vagues d’envahisseurs et de pillards vikings.

L’époque est à l’arme blanche, aux rudes batailles, aux tours de siège et aux béliers. Les voisins d’Alfred, de Mercie ou de Northumbrie, montrent vite des envies d’expansion, tandis que les bretons ou les Irlandais sont des adversaires d’abord lointains. Des seigneurs locaux, aussi, se révoltent contre le pouvoir du roi.

Diplomatie

Grande guerre et micro-gestion

Pour ce dernier épisode, les créateurs de Total War, Creative Assembly et Sega, ont modifié assez profondément le côté stratégie du jeu. Ils ont supprimé purement et simplement la gestion parfois fastidieuse des acteurs mineurs de la campagne – espions, assassins, évêques qu’il s’agissait dans certains autres épisodes de déplacer sur la carte pour les faire influencer la partie – pour simplifier le gameplay. Désormais, le joueur ne gère plus, niveau personnages, que des gouverneurs de provinces, ou des généraux d’armée. Ceux-ci sont dotés de caractéristiques personnelles – pouvoir de commandement, qualité de gestion, habileté aux armes, capacité de pillage ou expertise en matière de défense ou de siège par exemple – qui évoluent avec l’expérience acquise. Après une belle victoire, par exemple, le joueur peut affecter un ou deux points de compétence dans la catégorie de son choix. Un meilleur gestionnaire fera mieux fructifier l’économie de la province et donc le trésor d’Alfred, un expert en approvisionnement pourra se déplacer plus loin pendant un tour etc…

Ce système de gestion simplifié se révèle tout à fait opérant, et recèle quelques finesses que l’on découvre à l’usage. Ainsi, vos personnages sont plus ou moins loyaux, et peuvent conduire des rebellions si votre autorité devenait faible. Pour renforcer leur loyauté, Alfred peut arranger des mariages, ou promouvoir le vassal incertain pour renforcer son adhésion.

Les territoires contrôlés sont organisés en provinces, dépendant d’une ville principale, entourée de villes et provinces secondaires. Pour chaque territoire, le joueur gère le développement, ainsi que les bâtiments à construire. Ceux-ci, ainsi que les impôts ou les guerres, influent sur la fidélité de la population. Construire trop de bâtiments agricoles ou de production nuit à la fidélité – on frise l’anachronisme, l’époque n’avait que fiche d’écologie et « d’industrie » non polluante. À l’inverse, une église ou un tribunal avec sa prison auront tendance à renforcer l’adhésion, fusse de force. Et réalité anglo-saxonne oblige, la taverne à bière est un incontournable pour une province heureuse. D’ailleurs, ça ne s’invente pas, ce bâtiment est l’un des premiers que l’on débloque sur l’arbre de recherche technologique. On l’a dit, Feral connait le sujet et joue à domicile. ;^)

Dès qu’il possède un bâtiment d’enseignement, le joueur peut entamer les recherches technologiques, civiles ou militaires. Celles-ci requièrent un certain temps, et l’on ne peut chercher qu’une technologie à la fois. Elles permettent, par exemple, de mieux maitriser le développement agricole, d’améliorer l’équipement des soldats selon leur catégorie d’unités etc.

Globalement, cette partie gestion micro et macro des territoires, personnages et recherche est suffisamment riche et complexe pour rendre intéressante cette partie importante du jeu.

D’accord, mais quand est-ce qu’on se bat ? Maintenant !

« Ils fuient devant notre puissance »

Les combats, par définition, voient s’affronter deux ou plusieurs armées ennemies. Selon les situations, ils se déroulent en rase campagne, ou dans un village ou une ville, souvent fortifiée. Les bâtiments, dans Thrones of Britannia ne peuvent être occupés par des unités.

D Day

L’attaquant peut choisir son moment : il a la possibilité d’attendre si la météo lui déplait – la pluie, on est en Grande-Bretagne, empêche par exemple les archers d’enflammer leurs flèches – des conditions plus clémentes. Les deux joueurs disposent ensuite leurs unités, dans l’ordre et avec l’organisation désirée. Plusieurs configurations sont proposées, mais le plus souvent, le joueur place ses unités à la main, pour gérer finement sa stratégie.
Profiter du terrain est essentiel, de même que bien choisir l’ordre d’intervention des unités et leurs cibles. Les cavaliers fonceront détruire les unités d’archers, ou les machines de siège, mais seront arrêtés efficacement par les lanciers, lesquels se font tailler en pièce par les unités avec épée ou avec hache. Les différentes factions peuvent développer des unités propres, par exemple des unités de chiens d’attaque, qui foncent croquer les mollets des canassons adverses.

Quand la bataille commence, le joueur peut contrôler finement ses unités, en déplaçant la caméra qui survole le champ de bataille. Une carte tactique permet de voir l’intégralité du théâtre des opérations. La modélisation des soldats a encore progressé et sur les machines puissantes, on se prend au jeu de regarder les combats comme un spectateur. Une charge de cavalerie qui fait exploser une ligne de défenseur est un spectacle somme toute épique et réjouissant (si vous contrôlez les cavaliers)

Outre le déplacement et les cibles des unités, le joueur contrôle leur comportement – les archers peuvent tenter de rester à distance des ennemis avec le mode escarmouche – et peut, avec son général remotiver les troupes qui ont tendance à fuir quand elles sont décimées. Un coup de corne de brume du général suffira parfois à les rasséréner.

Les armées peuvent compter jusqu’à 20 unités d’une centaine d’hommes. Deux s’affrontent sur le champs de bataille et les éventuels renforts peuvent être constitués de plusieurs armées. Les batailles deviennent alors gigantesques, folles, totalement épiques.

Le son est géré de manière très subtile. Par exemple, lorsque l’on survole ses unités, on entend les réflexions des soldats qui peuvent être apeurés, ou au contraire confiants, ou encore noter certaines caractéristiques propres de l’armée adverse, par exemple son habileté avec les flèches ou les javelots.

Les unités évoluent avec le temps : outre les compétences du général, que vous essayez de protéger autant que faire se peut, vous pouvez avec l’avancée technologique, réentrainer vos soldats ou les faire évoluer vers une classe supérieure. Un choix judicieux qui évite de mettre au rebut des unités devenues obsolètes. La composition de vos armée exige un style de combat adapté. Certains privilégieront la mobilité de la cavalerie, d’autres des unités de lignes, avec des lanceurs de projectiles placés derrière, protégées. La richesse stratégique est assez importante pour rendre les combats vraiment intéressants.

Guerrier des champs ou des villes

La nature des affrontements diffère selon le contexte. En terrain ouvert, les armées s’affrontent en tirant parti des reliefs, ou de la végétation. Les bois fournissent un abri pour masquer vos unités aux yeux de l’ennemi.

Le siège, et la défense d’une ville, offrent un combat bien différent. D’un côté, on doit tenter d’accéder au point central d’une ville pour en prendre le contrôle. Pour cela, on peut tenter d’abattre les murailles à coup d’engins de siège, qui arrivent tardivement dans le jeu, ou de de béliers et de tours mobiles. Cette partie du gameplay est sans doute la moins réaliste. Il est par exemple souvent possible de mettre en échec des armées très supérieures simplement en bloquant les troupes qui débouchent des tours de sièges. Rarement l’adversaire informatique n’adopte de stratégie variée.

Défendre la porte, brisée par le bélier

Les combats peuvent aussi se dérouler entre terre et mer, quand une armée est prise en plein débarquement ou embarquement. Le général doit alors faire débarquer ses hommes, sans réelle possibilité d’organiser une stratégie spatiale définie.

Configuration requise

Thrones of Britannia est un jeu exigeant, qui requiert 1 Go de mémoire graphique et un processeur Intel à 1,8 GHZ ainsi que 8 Go de RAM. macOS 10.13.4 est requis. Dans le détail, il tourne sur les configurations suivantes.

Le jeu est pris en charge par les Mac suivants. Pour connaître le modèle de votre Mac et sa date de sortie, sélectionnez À propos de ce Mac depuis le menu Pomme de votre barre des menus.

◦ Tout les Retina MacBook Pros de 13 pouces sortis depuis fin 2016
◦ Tout les Retina MacBook Pros de 15 pouces sortis depuis mi-2012
◦ Tout les Macbook Pros de 15 pouces sortis depuis mi-2012 avec 1 Go carte graphique
◦ Tout les iMacs de 21,5 pouces sortis depuis fin 2013 avec 1.8GHz i3 processeur ou mieux
◦ Tout les iMacs de 27 pouces sortis depuis fin 2013.Les modèles sortis en fin d’année 2012 équipés de cartes graphiques Nvidia 675 ou Nvidia 680 sont également compatibles.
◦ Tout les iMac Pros de 27 pouces
◦ Tout les Mac Pros sortis depuis fin 2013

Les ordinateurs indiqués ci-dessous peuvent exécuter le jeu, mais leurs caractéristiques ne répondent pas aux normes requises pour la prise en charge officielle.

◦ Tout les Mac Minis sortis depuis fin 2012
◦ Tout les Macbooks de 12 pouces sortis depuis la commence 2015
◦ Tout les Macbook Airs de 13 pouces sortis depuis mi-2012
◦ Tout les Macbook Pros de 13 pouces sortis depuis mi-2012
◦ Tout les Retina MacBook Pros de 13 pouces sortis depuis mi-2012
◦ Tout les iMacs de 21,5 pouces sortis depuis la commence 2013

C’est tout bon

Au final, et après une forte chute de notre productivité rédactionnelle imputable au jeu et plusieurs dizaines d’heures à patauger dans la gadoue britannique, ce dernier opus des Total War nous a particulièrement séduit. En simplifiant un peu, mais aussi en rationalisant la partie gestion stratégique, en améliorant encore la modélisation et l’animation des unités, l’équipe de développeurs propose un titre abouti qui peut se destiner aussi bien aux amateurs de stratégie pure, qu’aux adeptes des RTS, même si ici le rythme des combats est plus lent que sur un Starcraft II par exemple.

Le jeu a été d’une grande stabilité, et la durée de jeu proposée est colossale, elles se compte en dizaine voire en centaine d’heures. La difficulté est bien dosée, et chaque joueur devrait y trouver son compte.

NOTRE VERDICT
Intérêt
Gameplay
Qualité de réalisation
Durée de vie / prix
Arnaud joue du clavier comme d'autres du xylophone, mais le résultat demeure peu musical. Il conduit la rédac à la baguette et essaye d'éviter les fausses notes. Geek avec de la patine, il officie aussi dans la presse généraliste.

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