Nous avons commencé à tester le Mac mini 6-Core i7 3,2 GHz 2018. Cette nouvelle génération de Mac mini est la première vraie révision de cette machine depuis son passage à l’aluminium en 2010, et, en tout état de cause, depuis 2014. La bête est largement nouvelle, avec une architecture interne repensée, des options processeur qui tendent plus vers les Pro que les particuliers, et une palanquée de ports rendant la machine multi-capable. Le Mac mini 2018, c’est, pour l’essentiel, une brique de calcul que l’on peut poser un peu partout, versatile, discrète et fiable.

C’est ainsi, d’ailleurs, qu’Apple considère, désormais, cette machine : les équipes de Cupertino se disent volontiers surprises du nombre de situations dans lesquelles on retrouve des Mac mini, dans les studio de montage, sur scène, dans les régies sons, ou comme petit serveur d’entreprise, par exemple.

Riche connectique

Ce nouveau Mac mini entend donc se glisser, lui aussi, dans ces multiples situations, et pour cela, il offre une quantité d’options de connexion : 2 ports USB 3, 4 Thunderbolt 3 USB-C, un port Ethernet (avec option 10 Gigabit Ethernet), un port HDMI 2 et même… une prise casque. On a perdu l’habitude de Mac avec une telle richesse de connectique, c’est très appréciable. Et ça rend la machine apte à fonctionner dans des contextes de très grosses exigences de calcul.

Un cluster de Mac mini

Par exemple, lors de notre essai chez Apple, nous avons pu accéder à un Mac mini 6 cœurs, connecté en Thunderbolt 3 à un eGPU Blackmagic très puissant (Radeon RX Vega 56 8 Go de mémoire HBM2), associé à un cluster de 5 autres Mac mini, connectés en 10 Gigabit Ethernet. Avec un tel ensemble, Compressor a été capable de rendre simultanément 5 rendus spécifiques d’un même projet Final Cut, tout en laissant la pleine puissance de calcul à la machine maitre pour passer à un autre montage. Le tout, avec une occupation de l’espace ridicule – un bureau classique, les Mac mini s’empilent à merveille.

L’option 10 Gigabit Ethernet, facturée 120 €, prend en charge les vitesses réseau Nbase-T standard de 1 Gbit, 2,5 Gbit, 5 Gbit et 10 Gbit grâce à un connecteur RJ-45. Avec la technologie 10 Gigabit Ethernet, le Mac mini offre une bande passante de connectivité jusqu’à 10 fois plus élevée pour le Gigabit Ethernet classique (10 Gbit/s contre 1 Gbit/s).

Un tarif salé, qui grimpe haut

Si Apple s’est essayée à proposer un Mac mini très abordable – une machine très limitée, avec un processeur poussif et un affreux disque dur à 5200 tpm – l’idée n’est plus du tout à l’ordre du jour. Le tarif du Mac mini 2018 commence à 899 € dans sa version 4 cœurs i3, et à 1249 € pour le 6 cœurs i5 à 3 GHz. La configuration que nous testons intègre le processeur 6 cœurs i7 à 3,2 GHz. Notre machine est équipée de 32 Go de RAM et d’un SSD PCIe de 1 To. Tarif du petit monstre : 2929 €. Mais si l’on aime se faire peur, on peut monter, toutes options, à 4969 € pour une machine identique avec 64 Go de RAM et 2 To de SSD PCIe.

Il n’est évidemment pas nécessaire d’arriver à de telles extrémités : la configuration d’entrée de gamme i3 sera un machine idéale pour un usage familial, le modèle 6 cœurs trouvera sa place là où sa puissance de calcul est requise, plutôt en environnement professionnel. Le Mac mini 2018 c’est un petit avant goût du Mac Pro 2019, et sans doute une gentille mise en bouche au regard du tarif que l’on imagine pour le futur Mac Pro.

Joli, Pro et presque accessible

Le Mac mini ne change pas extérieurement, sinon pour adopter la robe gris sidéral de la gamme Pro Apple. Du coup, on sera bien tenté de lui adjoindre un clavier, une souris et un trackpad de la même couleur, vous savez, les modèles qui sont inexplicablement plus chers que leur alter ego blanc.

On peut, de nouveau, ajouter de la RAM à cette machine, qui intègre deux emplacements SO-DIMM DDR4 à 2 666 MHz. La chose est théoriquement possible pour tout un chacun, mais le Mac mini n’est pas si simple à ouvrir : on peut sans trop de difficulté ôter le support plastique, au base de la machine, mais on est ensuite arrêté par une plaque de métal, avec 3 vis TorX et 2 autres pour l’heure indéterminées, qui ont bloqué notre tentative. On attendra les spécialistes pour en savoir plus.

Ça tourne fort pour les calculs

Lors de nos premiers tests, les performances sont au rendez-vous à tous les niveaux : le Mac mini 6 cœurs délivre une puissance de calcul impressionnante, son SSD est ultra rapide, ses entrées / sorties aussi. Seul son maigre GPU Intel UHD Graphics 630 grève le tableau des performances, mais évidemment la possibilité d’utiliser un eGPU réduit la nuisance.

Sous Geekbench 4, le Mac mini 6 cœurs atteint les 5929 points en simple cœur et les 26711 en multi-cœurs. Ça le place au dessus du Mac Pro 2013 avec 8 cœurs Xeon, ou du MacBook Pro 6 cœurs i9 2018. Il faut aller chercher du côté des iMac Pro 8 cœurs pour trouver meilleur performer. On peut donc le dire sans risque de se tromper, niveau CPU, ce Mac mini en a sous le capot.

Cinebench R15 place la machine dans la même zone de performance.

 

Le SSD s’avère ultra-rapide, tutoyant les 2,9 Go/s en débit lecture, et les 2,7 Go/s en écriture.

La machine idéale pour qui en a besoin !

On ne va pas faire la fine bouche : on croyait le Mac mini mort, il ne l’est pas. Il revient, au contraire, puissant et versatile comme jamais. Son prix est certes rapidement élevé, mais les utilisateurs qui lorgnent ce type de machine savent généralement rapidement les rentabiliser. Créatifs, petits studios, petites entreprises, les marchés sont très nombreux, et très ciblés. Le Mac mini, c’est une machine de niche, mais de très multiples niches.

Arnaud joue du clavier comme d'autres du xylophone, mais le résultat demeure peu musical. Il conduit la rédac à la baguette et essaye d'éviter les fausses notes. Geek avec de la patine, il officie aussi dans la presse généraliste.

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