L’équipe de développement de Pixelmator sort, mardi 9 avril, Pixelmator Photo, un logiciel pour iPad qui espère devenir une référence du genre. Pour cela, les développeurs ont fortement mis l’accent sur les algorithmes d’intelligence artificielle maison, développés notamment pour Pixelmator Pro sur macOS. Ces algorithmes peuvent être sollicités pour chacun des principaux réglages photographiques de l’application, mais l’utilisateur peut également opter pour une correction globale avec l’AI, qui interviendra sur tous les réglages jugés opportuns par celle-ci.

L’AI partout

Pixelmator Photo intervient de manière non destructive, afin de préserver les images originales. Il exige même une phase d’importation de vos images, avant de pouvoir les traiter. C’est sans doute une sécurité supplémentaire pour les clichés, mais on peut juger celle-ci inutile et pénalisante, en ce sens qu’elle impose une étape de plus avant le traitement des images, et qu’il faut doublonner celles-ci. Comme Pixelmator Photo sait traiter les fichiers RAW, brut de capteur et très lourds, il faudra être vigilant pour ne pas saturer le stockage d’un iPad.

Une fois l’image importée, le logiciel propose un bouton pour activer l’AI sur celle-ci. Mais évidemment chaque réglage peut être utilisé séparément, avec, pour chacun d’eux, un bouton ML permettant d’activer l’IA.

Par exemple, on peut solliciter celle-ci pour la balance des blancs, ou le réglage d’exposition, ou les corrections des tons clairs et foncés.C’est très pratique et très efficace, l’AI étant globalement des plus compétentes.

16 réglages sont accessibles, avec quelques doublons. Plusieurs fonctions sont remarquables à commencer par la balance des couleurs, qui adopte une visualisation en roue chromique très voisine de celle de Final Cut Pro. elle permet d’agir globalement, en déplaçant un point de référence sur le nuancier de couleur, ce qui fait « virer » l’image. On peut également agir sur la saturation, et la luminosité, avec des réglettes situées de part et d’autre de la roue. Il est également possible d’opter pour le réglage à trois voies, qui différencie les tons clair, moyens et foncés. Idéal pour des réglages fins dans les ombres par exemple.

La visualisation en courbe est également performante : outre le point noir et blanc, ainsi que le gris moyen, deux curseurs intermédiaires permettent de régler les gris sombres et les gris clairs. On peut aussi régler couche de couleur par couche de couleur.

Pixelmator Photo propose des outils de redressement, de perspective et de recadrage très puissants. L’AI propose, au besoin, un recadrage spécifique pour tirer le meilleur parti des images. À essayer !

Effacement intelligent

L’une des fonctions signature de Pixelmator est l’effacement intelligent. Celui-ci permet, à l’aide d’une brosse de taille réglable, de surligner un objet indésirable que l’IA va effacer automatiquement, en le remplaçant par ce qu’elle imagine être efficient. D’après nos essais, elle fonctionne plutôt très bien, même si le recours à un logiciel de retouche pour parfaire le travail peut souvent s’avérer nécessaire.

L’effacement intelligent se sent par contre un peu seul : c’est quasiment le seul réglage qui permet d’intervenir sur une portion de l’image. C’est globalement impossible au sein de l’application. Ne comptez pas, ainsi, déboucher sélectivement avec une brosse telle ou telle zone de votre image. Les réglages s’appliquent sur l’intégralité de celle-ci. Un vrai manque.

À noter, Pixelmator Photo propose toute une série de filtres résultats, accessibles dans une barre horizontale située en bas d’écran. Un grosse cinquantaine est proposée, et l’on peut ajouter aisément ses propres réglages. Par contre, la vignette est si petite, qu’il est très difficile d’imager le résultat du filtre avant de l’appliquer.

Des fonctionnalités incomplètes

Ce n’est pas le seul. Pixelmator Photo ne sait pas, par exemple, traiter le bruit photographique, qu’il soit de luminance ou de chromie. Là aussi, il faut avoir recours à un éditeur externe pour corriger le bruit numérique. Dommage pour un logiciel photographique.

On n’aura pas plus de chance avec le mode portrait des iPhone. Pixelmator Photo ne sait pas traiter différemment le fond et le premier plan. C’est là aussi regrettable, mais pas inexcusable pour un logiciel tout jeune. Espérons que Pixelmator poursuive le développement de ce Pixelmator Photo, qui est par ailleurs un très bon logiciel.

Il est rapide, réalise tous les ajustements en temps réel, et offre des fonctions de correction de la perspective et de l’inclinaison très performantes. L’interface est un plaisir à utiliser, et le logiciel bascule sans broncher du mode portrait au mode paysage.

Au final, pour une version 1.0, ce Pixelmator Photo se montre séduisant, mais incomplet. Cependant, vendu 5,49 €, il offre un tas d’outils très efficaces pour corriger vos images.

NOTRE VERDICT
Fonctionnalités
Ergonomie
Performances
Rapport qualité / prix
Arnaud joue du clavier comme d'autres du xylophone, mais le résultat demeure peu musical. Il conduit la rédac à la baguette et essaye d'éviter les fausses notes. Geek avec de la patine, il officie aussi dans la presse généraliste.

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