L’éditeur Skylum, ex Macphun, a sorti la version 3 de son gestionnaire de photo Luminar sur macOS. Le logiciel se propose d’être à la fois le catalogue de vos photos, mais aussi son éditeur correcteur. Pour cela, il déploie des technologies non destructives reposant sur l’intelligence artificielle pour améliorer automatiquement les clichés. Mais il peut faire bien plus : de nombreux filtres avancés sont disponibles permettant, par exemple, d’ajouter un soleil, ou de donner un aspect « cinéma » à vos photos. Enfin, s’il sait retoucher vos clichés dans leur intégralité, il gère aussi les retouches localisées et les calques.

Luminar, vendu 70 €,multiplie les promesses alléchantes, mais qu’en est-il au final ? Réponse dans notre test, associé à une vidéo d’exemples de retouche. Dans celle-ci, nous passons en revue le logiciel et son interface, avant de réaliser deux exemples de retouche qui montrent l’utilisation du logiciel et les retouches localisées.

Luminar 3, l’intelligence artificielle pour améliorer automatiquement vos images

Luminar fonctionne sur les Mac Intel 64 bits, avec au minimum macOS 10.11.5 El Capitan ; il tourne sur des configurations avec 8 Go de RAM, mais est nettement plus à l’aise sur des configurations musclées. Nous y reviendrons.

L’interface de Luminar 3 est claire, et très modulaire. Le logiciel affiche une vue des images dans vos bibliothèques, les aperçus étant disponibles en plusieurs tailles. Cette fonction catalogue demeure assez sommaire. Il est possible d’associer un drapeau et des étoiles aux clichés, mais pas de mots clefs. Le tri s’effectue sur la date de prise de vue ou d’édition, le type de fichier, les étoiles et les drapeaux. C’est tout.

Le mode catalogue

L’ajout de dossiers se fait très simplement, mais le logiciel ne gère pas la photothèque iCloud.

Un double click sur une image affiche celle-ci dans la fenêtre d’édition, laquelle montre l’image en pleine taille, associée à une palette adaptable regroupant les différents réglages. Ceux-ci peuvent être ajoutés et associés au sein d’ensembles appelés « Espace de travail ». Ceux-ci peuvent être mémorisés à volonté, et il est possible d’en créer autant que de besoin. On peut, par exemple, imaginer un espace de travail pensé pour les corrections d’images en noir et blanc, un autre pour des clichés sportifs par exemple, chacun intégrant les outils adaptés à l’usage.

Les looks, eux, regroupent une série de réglages effectués sur une image, que l’on peut appliquer à d’autres automatiquement, simplement en sélectionnant le look concerné. Ils sont d’accès rapide, avec un menu en haut du panneau des ajustements.

L’accentuation par l’IA, souvent magique

La grande force de Luminar est de proposer des outils de retouche non destructifs. Tous les réglages sont effectués et enregistrés dans un fichier « side-car », laissant l’image originale intacte. Le prix à payer est un temps d’exportation un peu longuet. Et globalement, c’est le principal reproche que l’on peut faire à cet excellent logiciel : il est vraiment plus à l’aise sur une configuration musclée et il faut parfois patienter de longues secondes avant de pouvoir commencer à travailler sur un image, pour peu qu’il s’agisse d’un fichier RAW un peu lourd.

Mode édition

Luminar 3 gère les fichiers RAW nativement, et permet de sélectionner, à l’affichage, uniquement ceux-ci, ou le couple JPG + RAW. À la différence de RAW Powertesté ici, avec les ajouts de la dernière version ici – il ne permet pas de court-circuiter le dématriceur RAW de macOS, et donc d’aplatir l’image pour bénéficier d’une latitude complète d’édition.

Luminar peut aussi gérer directement les question optiques ; il sait par exemple corriger (manuellement, on n’est pas comme dans DxO Optics sur une correction automatique) la déformation de barillet, ou le vignettage. Ces réglages sont regroupés dans le panneau « développement » du logiciel.

L’autre grand intérêt de Luminar est son module d’accentuation automatique par l’intelligence artificielle. Celle-ci, nommée Accent AI V2 – a été entraînée sur des milliers de clichés, pour reconnaitre automatiquement l’image, et l’améliorer sélectivement. Dans les faits, cette fonction se révèle très souvent magique : elle remonte juste ce qu’il faut le micro-contraste local, remonte aussi la saturation des couleurs, et débouche les ombres. L’effet est souvent excellent, et tire les clichés vers un rendu HDR, heureusement paramétrable. Un curseur permet de régler l’intensité du traitement. Cependant, sur certains types d’image, le résultat ne sera pas à la hauteur des attentes, notamment sur les clichés sombres, qui virent parfois dans des teintes étonnantes, mais malvenues.

Le ciel corrigé sélectivement

Autre perle, un module de correction automatique du ciel qui détecte celui-ci et le remonte dans les bleus, faisant « revenir » des détails souvent brûlés. Si globalement ce filtre intelligent fonctionne très bien, nous l’avons pris en défaut à plusieurs reprises. Par exemple, un morceau de ciel pris à travers les arches d’un pont, n’est pas détecté, tandis que le ciel situé d’un seul tenant au-dessus du pont l’est. Globalement, ceci dit, la fonction s’avère très utile et fonctionne très correctement. Et si d’aventure un morceau de ciel était oublié, il est toujours possible de retoucher sélectivement la zone concernée.

Retouche globale ou locale

Panneau des ajustements

Quasiment tous les filtres de Luminar peuvent être appliqués localement (ou, évidemment, globalement). Plusieurs modes sont proposés : une correction par brosse, de taille et dureté réglable, ou une correction par masque radial ou linéaire. La retouche localisée s’avère très efficace, même s’il faut parfois patienter quelques instants avant de pouvoir appliquer sa brosse. Lors de l’utilisation de la brosse, on règle les différents paramètres que l’on ajuste – le résultat s’affiche sur toute l’image – avant de les peindre sur la zone concernée. Cette fois la retouche n’est plus visible sur l’image dans son entier, mais uniquement là où travaille la brosse.

Cette retouche locale peut bénéficier aux filtres, mais aussi à tous les autres ajustements de Luminar. On peut par exemple appliquer localement un ajustement du canal des verts dans le panneau des courbes afin de venir filtrer sélectivement un bruit de couleur à dominante verte dans les zones sombres.

Le concept se décline à l’infini et permet des retouches vraiment très propres et précises. Associé à la gestion des calques, il ne transforme pas ce logiciel polyvalent en concurrent de Photoshop, mais permet tout de même d’aller bien plus loin que la plupart des logiciels de gestion et de retouche d’images.

Un outil très polyvalent et puissant

Luminar 3 se montre à l’usage très convaincant : sa large gamme d’outils et d’ajustements, sa gestion des calques et des retouches localisées lui confèrent une polyvalence extrême. Il peut servir de catalogueur, mais il manque tout de même de possibilités de classement pour les images. Pour des besoins courants, il fait tout de même l’affaire dans ce domaine.

On aime beaucoup ses filtres d’intelligence artificielle qui font souvent gagner un temps très précieux, tout en restant finement ajustable. Le logiciel est parfaitement adapté à un usage particulier, chez les non-spécialistes, mais devrait aussi combler les professionnels avec ses outils extrêmement pointus au besoin.

La vrai défaut, on l’a dit, est la relative lenteur de ce logiciel. Sur un iMac Quad Core de 2015 – pas une bête de course, mais loin d’être un veau – il faut jusqu’à 10 secondes entre le moment où l’on affiche une image et celui où on peut commencer à l’éditer. Skylum connait ce défaut et nous assure travailler d’arrache-pied à le limiter. Cependant, il n’y a pas de mystère : les ajustements étant non destructifs, ils doivent forcément être calculés lors de l’affichage de l’image, même en prévisualisation.

Cependant, dans l’ensemble et après plusieurs semaines d’utilisation, nous avons adopté Luminar, qui permet – paradoxe – malgré sa lenteur d’aller très vite. Ses filtres IA sont excellents et permettent en un clin d’œil de tirer un meilleur parti des clichés. On peut vouloir aller beaucoup plus loin, et là aussi Luminar fait le job, se prêtant à des corrections et des retouches même extrêmes.

Enfin, et ce n’est pas son moindre intérêt, il simplifie assez largement le processus de correction, le rendant accessible au plus grand nombre. Pas besoin de tout comprendre aux courbes, par exemple, pour sublimer vos clichés.

NOTRE VERDICT
Fonctionnalités
Performances
Ergonomie
Rapport qualité / prix
Arnaud joue du clavier comme d'autres du xylophone, mais le résultat demeure peu musical. Il conduit la rédac à la baguette et essaye d'éviter les fausses notes. Geek avec de la patine, il officie aussi dans la presse généraliste.

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