Apple a sorti, pour cette fin d’année 2019, un tout nouveau MacBook Pro 16” qui vise clairement les utilisateurs nomades exigeants, désireux de ne pas sacrifier la puissance à la mobilité. Avec un écran de diagonale inédite 3 072 x 1 920 pixels à 226 pixels par pouce, cette machine a la lourde tâche de faire oublier les déboires des générations précédentes qui pêchaient par un clavier papillon aussi raide lors de la frappe que peu fiable dans certaines conditions d’utilisation. Bonne nouvelle, Apple a écouté la grogne des utilisateurs, et l’embarras des sites spécialisés. Terminé le clavier papillon, le nouveau MacBook Pro 16” revient à un clavier plus classique, avec un mécanisme à ciseaux. La frappe devient plus confortable, et les touches ne devraient plus se bloquer aux premiers assauts de la poussière.

Signe, aussi, qu’Apple écoute les retours utilisateurs, le MacBook Pro 16” revoit la Touch Bar, en lui adjoignant un bouton ESC physique, ainsi qu’un bouton Touch ID séparé de la barre active. Et la machine arrive avec une batterie d’une capacité inédite, 100 Wh, soit la capacité maximale autorisée en avion par la FAA américaine. Le Mac devient encore plus autonome, avec une autonomie en activité classique donnée pour 11 heures, contre 10 auparavant.

Ce ne sont pas les seules nouveautés d’une machine pleine de promesses : la Pomme a revu le design de son système de régulation thermale, avec une capacité de refroidissement augmentée de 35 %, autorisant la machine à fonctionner à puissance maximale plus longtemps. Les mélomanes n’ont pas été oubliés, avec un nouveau design audio, utilisant 6 haut-parleurs, pour restituer une qualité sonore inédite sur un ordinateur portable, et réduire les effets de vibrations des basses dans la coque.

Vous en voulez plus encore ? Le nouveau MacBook Pro intègre 3 microphones pour autoriser des prises de son de haute qualité en mobilité. Ajoutez que ce Mac intègre des processeurs 6 ou 8 cœurs de 9e génération, une carte graphique parmi les meilleures sur mobile, et peut être configuré pour intégrer 64 Go de RAM et 8 To de SSD ! Une telle configuration coûte certes un bras mais elle permet à un photographe, ou un vidéaste, d’emporter tout le nécessaire à son travail avec lui.

Clavier : du papillon au ciseaux

1 mm de course de touche, et de la souplesse lors de la frappe

On a envie de taper un roman sur ce nouveau Macbook Pro 16”. Car oui, hourra, Apple a enfin changé son vilain clavier papillon. Présenté comme le futur, en 2015, celui-ci imposait une frappe sèche, sans amortissement, presque douloureuse pour qui a l’habitude d’y aller franchement avec les touches. Et surtout, surtout, ce clavier n’était pas fiable, malgré trois versions successives.

C’est du passé ici. Apple est revenue à une conception plus classique en ciseaux, mais a travaillé le design de ses touches, et le dôme de maintien de celles-ci pour conserver la stabilité des touches lors de la frappe. Celles-ci s’enfoncent sur le plan vertical de 1 mm, et restent stables horizontalement lors de la frappe, même si vous tapez un peu à côté de leur centre. L’inclinaison est très réduite, et la frappe est très très confortable.

Même sur le plan sonore, elle s’avère plus satisfaisante.

Pour ajouter encore au bonheur, la Touch Bar, qui reste de la partie, élimine le principal grief qui lui était opposé : désormais la touche ESC, redevenue mécanique, est séparée du reste de la barre ce qui permet de la retrouver, au jugé. À l’opposé, le bouton Touch ID est lui aussi séparé de la Touch Bar.

Au rang des sujets de mécontentement, signalons qu’Apple persiste à utiliser une très médiocre caméra dans son MBP 16”. Celle-ci se contente de restituer du HD 720p et a une tendance très nette à bruiter furieusement quand elle est utilisée en intérieur.

Un CPU qui stagne, un GPU qui pousse

Le nouveau MacBook Pro 16” utilise des processeurs Intel de 9e génération, gravés en 14 nm. Les mêmes que ceux qui équipaient la dernière révision des machines grand écran professionnelle, alors qu’elles n’intégraient qu’un écran 15,4”. De fait, les gains en matière de CPU sont quasi absents, du moins parfaitement marginaux. Apple n’est pas en cause, Intel est à la peine, non seulement pour faire progresser ses puces, réduire la taille de gravure, mais également satisfaire la demande. Sur le plan des processeurs, le marasme dure depuis un moment. Vivement qu’Apple franchisse le pas d’une architecture Ax avec ses processeurs maison, qui eux progressent régulièrement de 15 à 30 % entre chaque génération.

Le paysage est différent sur le plan graphique, puisque que la Pomme met désormais dans ses MacBook Pro 16” une carte (intégrée) AMD Radeon Pro 5300M avec 4 Go de mémoire. Celle-ci embarque 1 280 processeurs de flux (1536 sur la version 5500 avec 8 Go de mémoire qui équipe notre machine de test), pour 192 Go/s de bande passante. Apple bénéficie de versions spécifiques d’AMD, ces cartes ne sont pas disponibles sur PC. Elles remplacent et font bien mieux -quasi deux fois mieux – que les cartes Vega et Radeon 560x de la gamme précédente.

Ci-dessous, les benchmarks Geekbench 4 CPU et GPU de ce MacBook Pro 16”, et de son prédécesseur de 15,4” équipé du même CPU mais d’une carte graphique 560X, ainsi que du MacBook Pro 13” d’entrée de gamme actuel, pour référence.

Le SSD interne, qui peut être configuré jusqu’à 8 To, est un SSD NVMe très rapide, qui assure des débits de l’ordre de 2,85 Go/s en lecture, et 2,52 Go/s en écriture

Musique Maestro !

Apple a particulièrement soigné la qualité de restitution sonore de sa nouvelle machine. L’expertise acquise avec les
AirPods et HomePod ouvre de nouvelles possibilités techniques, qui sont ici exploitées. Ainsi la Pomme a-t-elle glissé pas moins de 6 haut-parleurs dans ce nouveau MacBook Pro, dont deux Woofers « à annulation de force » qui viennent réduire les vibrations de la coque, lors de l’émission de basses.

Le résultat est spectaculaire. Jamais on n’avait entendu une telle qualité sonore sortir d’un ordinateur portable, au volume forcément contraint. Le spectre sonore est bien rendu, assez large, avec des medium bien présents. La spatialisation est excellente, surtout avec le support du Dolby Atmos. Le son est aisé à localiser et peut provenir de tout l’espace, y compris derrière l’utilisateur. Bluffant.

Cette excellence ne fait pas du MacBook Pro 16” un équipement Hi-Fi pour autant. Les basses sont amoindries, la dynamique demeure contrainte. Mais on fait vraiment la fine bouche, ce qui demeure marquant est la qualité sonore de cette machine, qui sera parfaite pour regarder un film, écouter des podcasts, ou même de la musique.

La restitution n’est pas le seul secteur audio amélioré. Le nouveau MacBook Pro intègre 3 microphones, pour une prise de son avec un rapport signal bruit de haut niveau. Apple a déjà utilisé une telle configuration, dans ses MacBook Air Retina. Cette fois, cependant, les micro sont différents, avec une qualité revue à la hausse. Là aussi, le résultat est excellent, les prises de sons sont très correctes d’entrée de jeu, le bruit ambiant est considérablement réduit. Peut-être pas, là encore, assez pour que le Macbook Pro se transforme en studio d’enregistrement mobile auto-suffisant – on gagnera toujours à l’équiper d’un vrai bon micro externe – mais amplement suffisant pour l’immense majorité des besoins. C’est tout ce que l’on demande.

Le poids de l’autonomie

Le MacBook Pro 16” intègre la plus grosse batterie que l’on peut placer dans un ordinateur, du moins si l’on compte prendre l’avion avec. En effet, l’autorité américaine de l’avion, la FAA, impose de ne pas dépasser la capacité de 100 Wh pour une batterie. Ici, elle est de 99,8 Wh (11,36 V, 8790 mAh) ! Résultat ? Un gain d’autonomie de l’ordre d’une heure en utilisation bureautique / web, soit 11 heures.

Cette batterie, plus la légère augmentation de taille écran et machine aboutit à une petite prise de poids. Le MacBook Pro 16” pèse 2 kg sur la balance, et ne passe pas inaperçu dans un sac. La précédente version ne pesait que 1,83 kg, le Mac a donc pris 170 grammes en passant au 16”. Le compromis nous parait excellent cependant, et nombre d’utilisateurs se réjouiront de porter une machine un peu plus lourde, mais avec 10 % d’autonomie en plus.

Bosser jusqu’au bout de la nuit avec un MacBook Pro 16” !

Un Mac impossible à upgrader

Avec ce nouveau Mac, Apple montre qu’elle peut écouter ses utilisateurs, même si elle a semblé réagir avec retard au niveau du clavier papillon puis ciseaux. Les équipes pommées nous ont expliqué qu’il fallait « du temps » pour changer un composant comme le clavier, et proposer une nouvelle solution. On veut bien les croire, même si le clavier papillon a sévi pendant 4 années sur les gammes et qu’il est encore présent dans toutes les machines exceptées notre Macbook Pro 16”.

Mais il y a un domaine dans lequel Apple fait indéniablement la sourde oreille : ce Mac, comme ceux qui le précèdent, n’est absolument pas upgradable : RAM, SSD, carte graphique et processeur sont soudés à la carte-mère et ne peuvent pas être modifiés. C’est vraiment dommage, d’autant qu’au moins au niveau du SSD, il existe des solutions viables, qui ne grèvent pas l’épaisseur et le design des machines. Et que les tarifs pratiqués par Apple pour gagner en stockage demeurent toujours aussi élevés (+240 € pour un SSD de 1 To, +720 € pour 2 To et +2880 € pour 8 to, capacité très très confortable). Heureusement, la machine arrive, en standard, avec un SSD de 512 Go, qui sera suffisant pour de nombreux utilisateurs.

Pour compléter le tableau, sachez que le trackpad, tout de même, peut être changé, s’il venait à défaillir. C’est toujours ça de pris.

Le Mac portable des pro

Au final, ce MacBook Pro 16” vient confirmer l’attention portée au segment professionnel par Apple en cette fin d’année 2019. Si le Mac Pro, qui sera ouvert à la commande le 10 décembre prochain, s’adresse aux studios et utilisateurs très exigeants niveau puissance, ce MacBook Pro 16” s’dresse au même segment, qui exige de la mobilité.

La machine est certes un peu plus lourde, un peu plus encombrante, elle est surtout plus autonome, grâce à sa batterie 100Wh, et inspire plus confiance, grâce à son « ancien nouveau » clavier ciseaux, qui assure en outre un bien meilleur confort de frappe. Ajoutez l’attention particulière portée au plan sonore, tant en restitution qu’en enregistrement, et vous obtenez le meilleur Mac portable qu’Apple a sorti ces dernières années. Certes, on peut déplorer l’utilisation exclusive de ports USB-C / Thunderbolt 3, qui oblige à se doter d’adaptateur pas toujours fiables, le maintien d’une caméra 720p bien faiblarde, mais le bilan s’avère globalement très positif. On peut aussi regretter qu’Apple ne propose que des configurations déjà haut de gamme, et donc un tarif salé, sur ce segment des Mac portables grand écran. Une configuration d’entrée de gamme, moins musclée en CPU, aurait sans doute intéressé certains utilisateurs pour qui débourser 2600 € au minimum pour une machine n’est pas envisageable.

Les gains niveau performance ne sont pas énormes par rapport à la génération antérieure, il n’est donc pas très utile de changer si vous disposez d’un MacBook Pro 15,4” 2018 ou 2019, sauf à vouloir profiter du gain significatif en matière de GPU. Mais si vous attendiez un Mac portable professionnel, dépouillé des erreurs des gammes précédentes, c’est la machine qu’il vous faut.

Le MacBook Pro 16” est vendu à partir de 2699 € (hexa i7 à 2,6 GHz). Notre configuration de test est vendue 3199 € (octocore i9 à 2,3 GHz)

NOTRE VERDICT
Performances
Autonomie
Design
Prix
Arnaud joue du clavier comme d'autres du xylophone, mais le résultat demeure peu musical. Il conduit la rédac à la baguette et essaye d'éviter les fausses notes. Geek avec de la patine, il officie aussi dans la presse généraliste.

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