Concept d'iPhone pliable

La présentation des Galaxy Fold et Mate X de Samsung et Huawei, lors du récent Mobile World Congress a laissé des impressions mitigées. Les smartphones tiennent plus du prototype que du produit finalisé, et les fabricants eux-même semblent en être conscients. Sinon pourquoi auraient-ils planqués leurs produits sous des cloches, sans que la presse ne puisse vraiment les manipuler ?

Du plastique sur nos écrans ?

Et le problème ne vient pas nécessairement du logiciel, pas complètement abouti, mais plus vraisemblablement de l’écran, recouvert d’un polymère plastique. Si le plastique peut se tordre, et donc se plier – sans pour autant permettre une pliure nette et franche – il est nettement moins performant au niveau de la résistance aux rayures que le verre. Imaginez l’impression désastreuse si un Galaxy Fold venait à être irrémédiablement rayé par les coups d’ongle avides de la presse…

Le verre, de son côté, offre une bien meilleure résistance aux rayures, mais il est nettement plus compliqué à tordre. À vrai dire, il y a fort à parier que vous ignoriez même qu’il pouvait se plier. C’est pourtant le cas du Willow Glass de Corning (le fabricant du Gorilla Glass qui équipe les iPhone) qui est capable de s’enrouler comme une feuille de papier ou presque. Las, pour parvenir à ce résultat, il faut plonger le verre dans un bain de sels de potassium, où les ions potassium entrent et poussent les ions sodium plus petits, créant ainsi une « couche de contrainte en compression » rendant le matériau plus souple. La solution est donc toute trouvée ? Pas du tout, les sels utilisés sont désastreux pour les transistors d’un écran, qu’ils rongent sans coup férir.

Le verre n’a pas dit son dernier mot

Corning en est donc là, possédant d’un côté avec le Gorilla Glass un verre résistant mais que l’on ne peut courber aisément, et de l’autre le Willow Glass, que l’on peut courber mais qui ne peut s’allier avec des écrans OLED. Le fabricant, fournisseur d’Apple, travaille donc d’arrache-pied à combiner les avantages de ces deux solutions, sans les inconvénients.

Le challenge est d’ampleur et le verre du futur, capable d’être plié, tout en demeurant résistant, n’est pas pour demain. Le boss de Corning, John Bayne, interrogé par Wired, estime que la solution ne sera pas disponible avant plusieurs années. L’objectif de son entreprise est de parvenir à un verre de 0,1 mm d’épaisseur, capable de supporter un rayon de courbure de 5 mm.

Apple, qui travaille bien sûr à un smartphone pliable, sans nécessairement que celui-ci voit le jour à un moment ou un autre – la question de savoir si les smartphones pliables correspondent à un vrai marché, ou à un gimmick n’est pas encore tranchée – envisage de placer l’écran du smartphone à l’extérieur du châssis, et pas à l’intérieur comme Samsung. Le rayon de courbure serait alors très acceptable à 5 mm. Pour mémoire, les iPhone XS et XS Max actuels font 7,7 mm d’épaisseur.

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