Les dernières négociations se terminent aujourd’hui, entre Apple et les grands éditeurs de presse, avant les annonces du keynote de lundi, où Apple devrait dévoiler son service de presse sur abonnement, basé sur l’offre de Texture, racheté par la Pomme. Si Apple est réputée avoir signé avec le Wall Street Journal, elle n’a pas eu l’heur de convaincre le New York Times, ni le Washington Post. Mark Thompson, le CEO du NYT, a détaillé les raisons de sa méfiance à Reuters, sans jamais citer nommément l’offre d’Apple.

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Sans surprise, le CEO craint de voir l’identité de son titre diluée dans la masse, et considère que les termes financiers proposés sont par trop éloignés de ses intérêts économiques. Apple est réputé négocier des accords de partage de revenus sur la base 50 / 50 % avec les éditeurs, pour un tarif d’abonnement situé autour des 10 $. En clair, chaque mois, les éditeurs partenaires se partageraient 5 $ par abonné, répartis au prorata des usages. Le New York Times propose son abonnement seul à 15$ mensuels ; c’est sur cette base que le titre a pu générer 700 millions de dollars de chiffre d’affaires numérique en 2018, proche de l’objectif des 800 millions à l’horizon 2020 qu’il s’est fixé.

Le CEO du Ney York Times a des problèmes de riche : « Nous avons tendance à être assez réticents à l’idée d’habituer les gens à trouver notre journalisme ailleurs. Nous sommes également généralement préoccupés par le fait que notre journalisme soit mélangé dans une sorte de Magimix avec le journalisme de tous les autres », explique-t-il. Un clair, sa marque et la signature de son titre sont suffisantes pour jouer cavalier seul. Mais combien de titres de presse sont dans une telle position ? Il se comptent vraisemblablement sur les doigts de la main.

Mark-Thompson, © REUTERS/Lucas Jackson/File Photo

Le Netflix de la presse ?

Mark Thompson craint Apple, sans la nommer, et utilise la métaphore Netflixienne pour décrire le paysage qui se profile dans la presse. « Si j’avais été un diffuseur américain, j’aurais réfléchi à deux fois avant de confier tous mes programmes à Netflix. Même si Netflix propose un gros paquet d’argent. Est-ce que ça a vraiment du sens de les aider à constituer une gigantesque base d’abonnés au point d’être capable d’aligner 9 milliards de dollars pour créer leurs propres contenus, tandis qu’ils paient le mien de moins en moins cher », s’interroge-t-il.

Apple, c’est sûr, peinera à embarquer tous les éditeurs dans le bateau Apple News. Mais ce ne devrait pas inquiéter outre mesure : sorti des titres signatures, la presse brille aussi par son conformisme et une vraie tendance à la copie carbone, qui fait qu’un titre de qualité peut sans doute en remplacer un autre, pour peu que le bouquet global soit assez riche et varié.

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