L'entrée de l'usine de Zhengzhou, © China Labor Watch

Travaille chez Foxconn n’est toujours pas une sinécure : l’organisation China Labor Watch (CLW), installée à New York, dénonce une nouvelle fois les conditions de travail chez le principal sous-traitant d’Apple, notamment au sein de son immense usine – 1,4 million de m2 – de Zhengzhou, qui produit la moitié des iPhone vendus par Apple. Sous-payés, avec des contraintes particulièrement lourdes au moment des pics de production, les employés de l’usine sont également exposés à des produits nocifs avec des protections insuffisantes. Surtout, plus de la moitié des employés travaillant à la production de masse des iPhone sont des salariés intérimaires ou des stagiaires, là où la loi chinoise impose un taux maximum de 10 %. Apple a contesté l’essentiel des affirmations du rapport de CLW, mais reconnu le problème en matière de salariés temporaires.

Un rapport courant sur 4 années

L’enquête de China Labor Watch se veut plus ambitieuse que d’ordinaire, compilant les retours de nombreux employés, certains travaillant chez Foxconn depuis plus de 4 ans. « Les conditions de travail sont restées relativement identiques au fil des ans. Le salaire de base est resté à 2100 RMB (295 USD), ce qui est insuffisant pour assurer la subsistance d’une famille vivant dans la ville de Zhengzhou. Bien que les cotisations d’assurance sociale aient augmenté de 2015 à 2018, elles ne sont toujours pas conformes aux exigences légales. La formation préalable à la sécurité au travail a été réduite de deux jours à un jour en 2017 », estime CLW.

Plus de la moitié des salariés sont des précaires

Pour gérer les phases de production de masse, notamment durant les mois d’août et septembre, Foxconn continue d’avoir recours à une masse de stagiaires étudiants, et à de très nombreux intérimaires. Pour ceux-ci, la charge d’heures supplémentaires peut être énorme, et sans lien avec le stage concernant les étudiants. Les primes et les heures supplémentaires ne sont pas toujours payées, et peuvent même être conditionnées à des objectifs de production. Les démissions sont systématiquement refusées durant les phases de production de masse.

Employés allant travailler, et exercice anti-incendie, © CLW

Apple conteste l’essentiel de ces affirmations : « Nous avons examiné les affirmations de China Labor Watch et la plupart des allégations sont fausses. Nous avons vérifié que tous les travailleurs étaient indemnisés de manière appropriée, y compris les salaires et primes d’heures supplémentaires, qu’ils étaient volontaires et qu’il n’y avait aucune preuve de travail forcé », estime Apple.

Par contre, le recours massif aux employés précaires, en contradiction avec la loi chinoise, est confirmé : « Au cours de notre enquête, nous avons constaté que le pourcentage de dépêches dépassait nos normes et nous travaillons en étroite collaboration avec Foxconn pour résoudre ce problème ».

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