Medibang-iconÀ l’heure de l’iPad Pro, les dessinateurs digitaux vont probablement aller chercher du coté des applications iOS qui leur permettront de conserver en partie leur flux de production desktop, la plupart du temps organisé autour de Photoshop, Corel Painter, ou encore de l’excellent Manga Studio…

Bien entendu, il existe déja sur iPad Procreate et Sketchbook Pro, les ténors indétronables du dessin digital; Adobe, propose quelques logiciels iOS pour dessiner, notamment Photoshop Sketch. Mais l’offre du célèbre éditeur, qui se décline sur l’App Store en pas moins d’une trentaine d’applications iOS, est assez confusante. La politique expérimentale d’Adobe, qui consiste à fractionner les fonctions de son célèbre trio Photoshop / Illustrator / InDesign en plusieurs petites applications risque de rebuter le dessinateur, cet énergumène simple et directif dont la fonction première est de gribouiller, et non pas de jongler entre des dizaines d’applications parfois redondantes.

Mais parle nous de Medibang, bon sang !

Loin d’être une application destinée à soulager des grands malades grâce à des substances illicites, Medibang est un logiciel de dessin, principalement destiné aux amateurs du style manga. Il s’inspire très clairement de l’excellent logiciel Mac/PC, « Mangastudio », de Smithmicro, qui a su s’imposer face à Photoshop et Corel Painter depuis sa version 5.

Medibang propose donc un panel de brosses très intéressantes, des outils de sélection, une gestion des calques, mais aussi des trames, et autres matériels numériques pour Mangaka. Et surtout, toutes les versions de Medibang sont gratuites, que ce soit pour Windows (10), Mac OS (El Capitan), iPhone ou iPad ou Android !

Ah, les bonnes fonctions que voilà !

Medibang-iPadDepuis la sortie de l’iPad pro, le dessinateur alleché par l’odeur de l’Apple Pencil pose les mêmes questions pénibles:

« Dis, l’iPad Pro, est ce que ca lit le format Photoshop ? » ou encore le récurrent « ouais mais je fais comment pour faire passer mes fichiers de mon ordi à mon iPad » ?

Medibang, d’emblée, propose des solutions :

  • Un système de Cloud propre au logiciel, permet d’enregistrer ses fichiers et de les retrouver sur toutes ses plateformes, dans l’onglet adhoc: vous pouvez donc commencer un travail sur la version PC ou Mac OS de Medibang, et l’ouvrir sur votre iPad, votre iPhone, ou encore tout système Android équipé du logiciel…… l’interface du Cloud est simple, mais efficace.

On notera que cette fonction est aussi très pratique pour les possesseurs de tablettes, PC ou smartphones équipés d’espaces de stockage à faible contenance.

Une fois votre compte enregistré chez Medibang, vous bénéficiez aussi d’une page personnelle de type blog  (exemple: medibang.com/u/oliviervincent ), paramétrable en deux temps trois mouvements, et vous permettant de publier vos chefs-d’oeuvre.

L’interface d’enregistrement de vote page de blog est certes en japonais, mais bon, rien de bien insurmontable (avec Google Traduction). On serait quand même heureux que l’éditeur propose son site communautaire dans la langue de Shakespeare…

  • Le format Photoshop est tout à fait reconnu : votre humble serviteur a pu ouvrir sans soucis dans Medibang un fichier .psd, lui même géneré en export depuis Mangastudio. Medibang est donc relativement tolérant à ce sujet : il accepte même les fichier TIFF. Les utilisateurs de Sketchbook pro apprécieront !

Bien entendu, Medibang supporte l’Apple Pencil de l’iPad Pro depuis sa version 6.0…

Medibang fait les yeux doux aux mangakas

Medibang-interface

D’emblée, Medibang fournit 800 éléments manga (du type trames, effets, etc.), 50 brosses, et 20 polices de caractères à connotation « bande dessinée ». On notera un certain nombre d’options chères aux professionnels, comme la mise à disposition de bulles, d’élements d’architecture, d’effets grahiques pour les fonds, etc.

Il est possible, tout comme dans Mangastudio, de découper les cases de sa bande dessinée grâce à un outil dédié. Le moteur de texte, quand à lui, est certes sommaire mais fonctionne très bien.

Aussi, les options de guides de point de fuite, pour réaliser des perspectives facilement sont extrêmement utiles – directement inspirés de Mangastudio, on appréciera qu’une fonction si professionnelle soit integré dans un logiciel gratuit.

Le gros point fort de Medibang est sa gestion des masques et des sélections : plusieurs outils utiles de type baguette magique, lasso, pinceau magiques sont dédiés à la création de zones de masques que l’on remplira soit de couleur, de trames, effets ou d’autres « materiaux » de décor mis à disposition par le logiciel. Il est aussi possible de créer ses propres fonds pour les utiliser dans le logiciel.

L’option consistant à « protéger un alpha » permet vraiment de s’amuser avec la couleur,en l’appliquant sur le trait du dessin, ou sur une zone de trame ou de décor initialement en noir et blanc.

Medibang possède une fonction de récupération de fichier en cas de plantage, qui m’a vraiment été bien utile, puisque je n’ai testé principalement que la version Desktop du logiciel sur un Tablet PC ^^…

Et depuis peu, le logiciel se voit gratifié d’un outil qui prend en charge la symétrie, utile pour dessiner en miroir, ou obtenir des effets kaléidoscopes, ainsi que d’une option d’annotation de pages, si vous travaillez en équipe sur un projet de BD…

Quelques ombres au tableau…

Malgré tous ces bons points distribués, Medibang n’est pas exempt de défauts. Parlons plutot d’erreurs de jeunesse. L’outil plume (G-pen), très utilisé par les mangakas pour encrer est moins précis que celui de Mangastudio, dont le moteur semble plus affiné. Le générateur de cases pourrait, lui aussi, etre quelque peu amélioré – moins complexe que celui de Mangastudio, il est aussi moins souple. Espérons que l’éditeur corrige ces petits points noirs, qui ne disqualifient en rien Medibang, mais le placent pour l’instant un cran en dessous de la conccurence.

Un soft communautaire basé sur le Cloud.

Midbang-MacLa création d’un compte Cloud Medibang (gratuit) vous permettra de bénéficier aussi d’une page de type « blog » qui vous propulsera dans la communauté manga Medibang. Un bouton disponible dans toutes les versions du logiciel permet de publier (quasiment) instantanément sur son blog un dessin finalisé en mode privé ou public..

Du même éditeur, on peut trouver sur l’App Store « Manga name« . Principalement destiné aux smartphones – doté d’une interface très simplifiée, il permet de réaliser des esquisses et de les envoyer dans le cloud Medibang afin de les retravailler par la suite.

Aussi, l’app iOS « MediBang! A Free App for Browsing Manga, Art, and Novels. » , du même éditeur, permet à la fois de consulter des mangas, mais aussi de soumettre ses productions…

Pour conclure…

Sur iOS, Medibang est un logiciel qui se distingue vraiment de ses conccurents (Sketchbook, Photoshop sketch) puisqu’il ouvre la porte à des fonctions de dessin un peu plus poussées. Sa gratuité mutliplateforme et son système de Cloud sont réellement des atouts qui devraient vous inciter à l’adopter.

 

Ce test a été écrit et réalisé par Olivier Audy, dessinateur professionnel de talent que toute l’équipe de Slice42 remercie chaleureusement.

 

NOTRE VERDICT
Performances
Ergonomie
Rapport qualité/prix
Richesse fonctionnelle
Arnaud joue du clavier comme d'autres du xylophone, mais le résultat demeure peu musical. Il conduit la rédac à la baguette et essaye d'éviter les fausses notes. Geek avec de la patine, il officie aussi dans la presse généraliste.

8 COMMENTAIRES

  1. Cool :
    – Fonctionne parfaitement sur OsX Maverick (l’article laisse à penser que ça démarre à OsX El Capitan)

    Mais soyons serieux :
    – pas de gestion des couleurs (rvb uniquement)
    – pas de calques vectoriel, 600 dpi max, pas de… bon la liste est trop longue.
    sympa que ce soit gratuit, de bonne idées, des petits outils sympa, dans le genre gratuiciel de dessin c’est effectivement très bien, mais si on doit comparer à Clip Studio Paint (Manga Studio), il y a la même différence qu’entre MSPaint et Photoshop.

    Merci pour la découverte, si la version ios ou android marche bien, ça peut faire un bon outil de croquis.

  2. @Greg je ne suis absolument pas d’accord. Il ne manque pas grand chose à ce soft pour être au niveau de manga studio. La gestion de la quadri, certes, le dessin en vecto, oui, et les modèles d’objets ou de puppets en 3D… Et ensuite ? Rien tout est là. Et avoir un truc pareil sur iPad ce n’est pas rien. C’est une exception qu’il faut signaler. Car on a là pour les dessinateurs un outil qui permet enfin de dépasser le stade du rough-croquis.

  3. -Je parle pour OSX. ;)
    La question n’est pas dans les objets ou les puppets. ;)
    Par contre La gestion de la quadri, du vectoriel, du story board, des cadres (que je n’ai toujours pas trouvés), de la typo… ça n’a rien d’anecdotique dans un cadre pro (destiné à l’édition papier) sur osX ce soft n’est vraiment pas à la hauteur de Clip Studio Paint, en tous cas je ne me lancerais pas dans la réalisation d’un album avec cet outil là (c’est mon métier), peut -être quelques crayonnés car effectivement j’entrevois de belles qualités dans ce logiciel en devenir.
    Après on peut faire de très belle choses avec pas forcement grand chose.
    (bon ok, disons Pixelmator par rapport à Photoshop ;)

    -Je conçois par contre que sur IPAD cela soit une grande avancée !

    Je m’interroge aussi sur le modèle économique de ce soft (et ce n’est pas une petite question)

  4. Le problème de toutes facons sur Ipad Pro c’est que le stylet n’est pas équipé de « hover » (curseur apparent pour la taille des brosses), contrairement aux bazars de chez Wacom.
    Mais je suis assez ok avec vous deux: d’accord avec Arnaud, puisque Medibang est pour moi un percée monumentale dans les logiciels de dessin IOS – enfin, on accède a une interface et des fonctions pro pensées pour les dessinateurs.
    Pour Grug, je te trouve un peu sévère, mais je suis ok avec toi, Mangastudio est quand même plus « fin » que Medibang. Je pense à la gestion des cases, les trames, et surtout les brosses d’encrage, ainsi que les raccourcis et accès rapides…

  5. @Grug pour répondre à ta dernière question, et si j’ai bien saisi, l’éditeur du soft est aussi un éditeur de Manga. Papier et Numérique. Le soft doit être un moyen de pêcher du poisson, si je puis dire… Pour la gestion des cadres sur iOS c’est très facile à trouver mais l’interface diffère quelque peut de celle sur ordi, je ne saurais te dire ou c’est planqué.

À vous la parole !

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