Le monde contemplait médusé, il y a quelques jours, la vidéo des performances d’un robot bipède, Atlas, conçu pas Boston Dynamics, une société appartenant à Google Alphabet : l’engin se déplaçait avec une relative aisance sur des sols très irréguliers, poussait les portes, repérait, soulevait et replaçait des objets et était même capable, mis à terre, de se relever. Il semblerait bien que ce coup d’éclat soit aussi un chant du cygne : Alphabet voudrait vendre Boston Dynamics, purement et simplement.

Pas rentable

Mountain View aurait déjà fait circuler l’information, et eu des touches chez Toyota, et Amazon, qui verrait bien les créations de Boston Dynamics… jouer les manutentionnaires dans ses centres de dépôt. Pour Alphabet, la décision de vendre résulterait d’une conjonction d’éléments. D’abord, l’absence de rentabilité prévisible de Boston Dynamics, qui n’a encore rien mis sur le marché d’utile, et de susceptible de se vendre, et ne semble pas avoir de robot susceptible de changer la donne d’ici quelques années.

Au delà de la question financière, évidemment cruciale, Google reprocherait également aux équipes de Boston de la jouer un peu perso, et de ne pas collaborer avec les équipes robotiques de Google X. Initialement, les recherches robotiques chez Google se conduisaient au sein de l’unité dite Replicant, en référence au film Blade Runner, puis en décembre dernier, Replicant a été intégré à X Lab, qui chapeaute tous les projets de recherche de Google. Boston dynamics est resté à la porte, la décision de le vendre était déjà alors sans doute dans les tuyaux.

Mais c’est la filière entière de la robotique chez Alphabet qui pourrait être menacée. Astro Teller, le boss de Google X a fait savoir que « si la robotique n’apporte pas des solutions pratiques aux problèmes que Google essaye de résoudre, les employés de Replicant seront ventilés dans d’autres services ».

Mauvais pour l’image

Il se murmure également qu’Alphabet a eu peur pour son image : Atlas était certes très étonnant, mais aussi pas mal effrayant. Et du côté du service relations publiques de Google, on aurait fait savoir qu’être associé à ces robots qui font peur n’était sans doute pas une excellente idée. Un mail interne résumait ainsi la situation : « il y a eu pas mal d’excitation dans la presse, mais nous commençons à voir émerger des fils de discussions négatifs à propos de ces robots terrifiants, susceptibles de prendre le travail des humains ». Crainte justifiée si Amazon poursuit son projet d’achat.

 

 

AUCUN COMMENTAIRE

À vous la parole !

Fermer
*
*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.