Uber n’aime pas que les autorités fouillent dans ses systèmes informatisés, et l’entreprise a développé un protocole d’urgence qui permet de couper, à distance, l’accès des postes informatiques et smartphones des bureaux visités par les autorités. Celui-ci aurait déjà servi plus d’une vingtaine de fois, notamment à Paris, Bruxelles, Amsterdam. Imaginez la scène : la police débarque dans les bureaux parisiens d’Uber et ne trouve que des coquilles vides, des ordinateurs n’ayant aucun accès aux systèmes centraux de l’entreprise. Choux blanc.

La création de ce protocole remonterait à mars 2015, après une visite policière à Bruxelles où les policiers ont pu accéder aux serveurs de l’entreprise et consulter, notamment, les salaires du personnel et les courses effectuées. Après cette visite, Uber devra temporairement fermer en Belgique. Inadmissible pour Uber, qui lance alors le « protocole du visiteur inconnu », que les employés concernés renommeront Ripley, en hommage à l’héroïne d’alien, et son goût pour le lance-flammes.

L’existence de Ripley restait, jusqu’alors secrète, peu de personnes dans l’entreprise connaissant son existence. Surtout pas les employés concernés qui se sont vus refuser l’accès aux serveur de la maison-mère sans comprendre pourquoi. Mais Uber, contacté par Bloomberg, qui évente Ripley, ne cache même pas vraiment son existence. Évidemment, pas question de reconnaitre que ce protocole vise à couper court aux enquêtes des autorités légales – Uber respecte la loi, gnagna, vous connaissez le refrain – mais simplement à assurer la confidentialité des services d’Uber, qui opère dans des pays avec des niveaux de protection juridique variable. Un argument recevable même si l’historique de plaide guère en faveur du légalisme de la société californienne, qui pourrait tout de même ne pas peser bien lourd si des accusations d’obstruction à la justice pouvaient être étayées.

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