Stephane Richard et Xavier Niel
Stephane Richard et Xavier Niel, © Reuters

Free et Orange songent à mutualiser leurs nouvelles antennes 4G : le secteur des télécoms français continue à être agité de petits spasmes concurrentiels. Hier, Free dévoilait des résultats en berne, et plongeait en bourse, très fortement ; le groupe procédait également à des changements à sa tête, avec Thomas Reynaud devant Directeur Général de la société Iliad et Maxime Lombardini Président du conseil d’administration. Aujourd’hui, BFM estime que l’opérateur cherche à s’allier avec Orange, avec lequel il a un accord d’itinérance jusqu’en 2020, pour mutualiser une partie des nouvelles antennes 4G à déployer en zones peu denses. Explications.

5000 antennes 4G à déployer par an, le double pour Free

Pour répondre aux obligations de couverture 4G, les opérateurs doivent déployer environ 5000 nouvelles antennes par an, mais Free est contraint d’en déployer le double, pour combler son retard de couverture, compensé actuellement par l’accord d’itinérance avec Orange. Or Free aura bien des difficultés à dépenser un milliard d’euros supplémentaire par an, quand il investit déjà 1,5 milliard annuellement sur ce secteur, 30 % de son chiffre d’affaires. C’est le coût, évidemment estimé, des nouveaux déploiements.

D’ou l’idée de s’associer à Orange pour mutualiser certaines antennes dans les zones peu denses. Il s’agit d’environ 2000 à 3000 antennes par an, avec à la clef entre 200 et 300 millions d’euros d’économies pour les éventuels partenaires. Le sujet n’est pas nouveau, à vrai dire, et le rapprochement des deux opérateurs sur le partage d’antenne est sur la table depuis plusieurs mois.

Des positions à concilier

Les discussions n’ont pas vraiment commencé, reconnait BFM mais devraient s’engager réellement à la fin de l’été. Les deux groupes, évidemment, entretiennent des contacts réguliers au sujet de leur accord d’itinérance. Mais pour l’association, ou la mutualisation, les choses s’annoncent plus compliquées : « chacun veut contrôler le système. Orange propose un accord global sur un nombre d’antennes à partager moyennement une rémunération d’environ 200 à 300 millions d’euros par an. Mais Free, soucieux de vouloir contrôler son réseau, préfère une alliance au cas par cas selon ses besoins locaux. « Ils ne veulent pas se mettre dans les mains d’Orange, explique un bon connaisseur de l’entreprise. Ils préfèrent des accords pragmatiques ». Sauf qu’Orange, en position de force, met la pression: « sans notre réseau, le leur ne tient pas pour fournir de la 4G » », note BFM.

Pour Free, l’exemple SFR et Bouygues est une alerte : les deux opérateurs partagent une partie de leur réseau, ce qui a permis à SFR de rattraper son retard sur la 4G, et aux deux d’économiser 300 millions d’euros à l’année. Mais leur interdépendance a joué fortement pour compliquer la tentative de rachat de Bouygues par Orange, qui a achoppé sur la complexité à « départager » SFR et Bouygues sur le plan du réseau.

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