Lors des Google I/O, Google Maps a eu droit aux honneurs, ses équipes dévoilant plusieurs nouveautés qui seront disponibles cet été sur iOS et Android. La navigation piétonne se dotera d’un mode de réalité augmentée, tandis que les petits commerces de proximité seront mis en avant. Mais, en coulisse, Google prépare une autre grosse évolution qu’il ne met pas tellement en avant : d’énormes changements dans sa politique tarifaire quant à l’intégration de ses données sur des sites ou des apps, via son API Google Maps. Celle-ci, initialement gratuite, est devenue légèrement payante en 2015. 2018 devrait voir ces tarifs exploser, poussant certains à crier au scandale et au dumping.

Google Maps guide le piéton en réalité augmentée

Commençons par les nouvelles fonctionnalités. Après tout, Google Maps est celui par lequel la cartographie est entrée dans l’ère numérique, et il continue d’être pionnier dans de nombreux domaines. Ainsi, Google va-t-il lancer un mode de navigation piéton en réalité augmentée. Celui-ci se sert de la caméra du smartphone pour afficher en surimpression les éléments de guidage. La chose en elle-même n’est pas nouvelle, des alternatives existent déjà avec ARKit, mais c’est une première pour Maps. Petite spécificité bienvenue, un plan en réduction s’affiche en bas de la page pour donner un sens du contexte à la navigation. Google explique utiliser, pour ce mode, une nouvelle méthode de positionnement, plus précise que le GPS, le VPS pour visual positioning system. VPS utilise les éléments visuels de l’environnement, lus par l’intelligence artificielle, pour donner un positionnement très précis de la personne et de son orientation à l’aide de la caméra.

Autre nouveauté, Google va mettre en avant les petits commerces, là aussi en réalité augmentée, tout en se dotant d’un service de recommandation. Celui-ci pourra se charger de proposer, avec l’Assistant Google, des suggestions d’établissements. Par exemple un nouveau restaurant qui vient d’ouvrir dans le voisinage.

Le scandale des nouveaux tarifs

Si Google Maps est gratuit pour les utilisateurs – Google apprécie particulièrement de connaitre nos déplacements et nos projets en la matière, ça permet de balancer des tas de pubs ciblées – il ne l’est plus depuis 2015 pour les sites web ou les apps qui intègrent ses données via les API de Google. À partir de cette date, Google a commencé à facturer ses services après un quota d’appels à ses API gratuit de 25 000 par jour. Passé ce cap, les 1000 appels suivants sont facturés 0,50 $.
Les choses devraient changer lourdement à partir du 11 juin prochain. Et si les nouveaux tarifs qui ont fuité sont les bons, l’augmentation sera rien moins que spectaculaire. Et on pèse nos mots : Google réduirait de 96 % le quota gratuit, et augmenterait de 1400 % le coût des appels payants !

Le quota des appels gratuit passe de 25 000 par jour à 28 000… par mois, soit un peu moins de 1000 appels par jour proposés gratuitement. Passés ces 1000 appels, on passerait à la facturation sur la base de 7 $ les 1000 appels, soit 14 fois plus cher que l’ancien tarif.

Christian Quest, porte parole d’OpenStreetMap et spécialiste du domaine, s’interroge : « De deux choses l’une, soit le coût de production de Google est effectivement de l’ordre de ces tarifs facturés et dans ce cas depuis des années c’est un dumping massif qui a été fait pour proposer gratuitement un service aussi coûteux à produire… soit ce n’est pas le cas. Vu le nombre d’années où le service était totalement gratuit, il est clair que ce dumping indiscutable a éliminé de nombreux concurrents potentiels ou empêché le développements de nouveaux acteurs sur le marché de la cartographie web », pointe-t-il.

Les conséquences de ce changement, s’il est mis en pratique, devraient être multiples : de nombreux sites internet faisant appel à Google Maps risquent de dépasser les quotas, sans avoir nécessairement prévu de budget pour régler la facture, ni d’ailleurs d’alternative pour se passer de Google.

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