Dès l’ouverture de la boîte l’iPhone SE offre une impression de déjà vu. Si nous ne l’avions pas choisi rose ni retourné pour voir le logo « SE », nous l’aurions forcément pris pour un iPhone 5s.
Par contre, dès les premiers instants de prise en main et l’utilisation des fonctions courantes comme l’appareil photo, la filiation trouve ses limites : l’iPhone SE en a dans le ventre et tutoie les performances de l’iPhone 6s.

En mains, après deux ans d’iPhone 5,5″ pour lequel l’adaptation a été difficile, retrouver le format compact et les bords tranchants de l’iPhone SE rappelle de bons souvenirs. Il tient parfaitement au creux de la main, il a le juste poids et une finition qui respire la qualité sous tous les angles.

iPhone SE

Un iPhone 6s mini

Si l’on regarde du côté des composants, pour un téléphone d’entrée de gamme, Apple n’a pas refait le coup de l’iPhone 5c et n’a pas hésité à transmettre à ce petit iPhone tout l’héritage des derniers nés de la gamme.
Si l’on omet le (trop rapide) Touch ID et l’écran 3D Touch, l’iPhone SE a tout du grand : processeur A9, 2 Go de RAM.

iFixit qui a procédé au démontage en règle de l’iPhone SE n’a pas trouvé non plus beaucoup de différences hormis une batterie un peu plus grosse (3.82 V, 6.21 Whr, et 1624 mAh) que celle du 5s (1560 mAh). Si cette batterie n’a pas une capacité significativement plus importante, nos deux premiers jours avec l’iPhone SE semblent montrer qu’il tient mieux la charge que le 5s, très certainement grâce aux composants du 6s mieux optimisés depuis. Nous reviendrons ultérieurement sur l’autonomie pour vous donner plus de détail, à l’usage et en stress test.

iPhone 5, 5s et SE, ©Creative Electron
iPhone 5, 5s et SE, ©Creative Electron

Avec l’iPhone SE, il n’y a pas photo

La réintégration des composants de l’iPhone 6s dans le boîtier de 4″ va jusqu’au capteur photo, en oubliant la verrue de l’optique protubérante des iPhone 6. Et si on revenait à des appareils un poil plus épais pour que rien ne dépasse ?

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L’iPhone SE embarque un capteur 12 millions de pixels (avec photosites de 1.22µm au lieu de 1.5µm sur les iPhone 5s), comme les iPhone 6s. Il partage avec ces derniers le Focus Pixel : la mise au point ne s’effectue plus après un va et vient (flou, net, net dépassé, retour au net) assez lent, mais par l’analyse des pixels. Il repose sur le même principe que les télémètres, à savoir comparer deux images jusqu’à ce qu’elles se superposent parfaitement. Sur un télémètre, ce sont deux systèmes optiques qui réalisent les deux images, sur un système à détection de phase, c’est l’image qui est considérée en deux moitiés distinctes. L’avantage de ce système est que lorsque le sujet n’est pas dans la zone de netteté, la différence entre les deux images permet de savoir si la netteté se situe en amont, ou en aval, évitant le tâtonnement des autofocus. Dans les faits, ce système bénéficie à la mise au point photographique, qui est plus rapide – mais peut rester délicate en condition de lumière difficile – mais surtout aux vidéos, qui savent ajuster bien plus rapidement leur focus et s’adapter ainsi à un sujet en mouvement.

Voisins, les capteurs photo et vidéo de l’iPhone SE et de l’iPhone 6s ne sont pourtant pas identiques. Les deux capteurs ne sont pas interchangeables a noté iFixit. Sont-ils différents sur le plan des performances ?

Nous avons fait le tour du jardin pour tester l’iPhone SE et le comparer aux iPhone 6 et 6s mais une fois les clichés « développés » sur le Mac, nous avons bien du mal à trouver une quelconque différence.

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Les seuls écarts visibles sont surtout dus à l’humain qui n’arrive pas à cadrer tout à fait pareil ou obtenir la même mise au point en changeant de téléphone en main !

Si l’iPhone SE et l’iPhone 6s font, strictement jeu égal niveau photo, et vidéo, ils prennent tout de même un avantage net sur l’iPhone 6 dans la gestion du bruit et des basses lumières. Mieux piqués (12 millions de pixels contre 8 pour l’iPhone 6), les iPhone SE et 6s génèrent une image douce, avec un bruit très atténué, alors qu’il est plus marqué sur les clichés iPhone 6, notamment dans les zones claires. Les progrès, cependant, demeurent légers.

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Notez que l’iPhone SE sait prendre des « Live Photo » et, en l’absence de 3D Touch, leur visionnage se fait avec un appui long sur l’image animée. Comme ses grands frères, l’iPhone SE filme en 4K et dispose de la puissance nécessaire pour faire le montage en mobilité.

Même son même image

Si vous avez eu un iPhone 5s et n’êtes pas passés par la case « iPhone 6(s) », vous ne serez pas dépaysé par l’écran de l’iPhone SE : l’excellente dalle de 4″ affichant 1136×640 pixels à 326ppi couvre toujours la façade. Il est très lumineux (500 cd/m2), et peut servir de flash pour les selfies. Il délivre, alors, 3 fois la luminosité maximale en usage classique. Signalons ici, une nouvelle fois, la mesquinerie d’Apple, qui propose un maigre capteur 1,2 millions de pixels en façade sur ce petit iPhone, secondé par le « Retina Flash ». Les résultats sont assez corrects mais évidemment loin de ce que l’on obtient avec le capteur 5 millions de pixels des iPhone 6s.

Point de 3D Touch, Apple le réserve encore aux appareils phares de sa gamme, mais ce ne sera pas un gros manque au quotidien.

Côté son, le haut-parleur intégré est toujours aussi anémique et est à peine moins bon que les iPhone de dernière génération. À l’oreille par contre, en conversation téléphonique, le son est clair et ne souffre que de la qualité du réseau mobile environnant parfois.

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Un coeur remis A9 !

L’iPhone SE est formidablement réactif, l’interface est fluide sous les doigts, l’utilisation est un pur bonheur, y compris en passant d’une application à une autre. aucun ralentissement notable lors de l’affichage du mode de choix de l’application, ou de Spotlight. Soumis à l’essentiel des tests du marché, l’iPhone SE confirme par les chiffres ces bonnes impressions : il fait largement jeu égal avec l’iPhone 6s, et prend nettement l’avantage sur l’iPhone 6. Il est plus de 2 fois plus rapide que son prédécesseur de 4″, l’iPhone 5s.

Sous Geekbench, qui mesure les performances CPU et mémoire, l’iPhone SE fait strictement jeu égal avec les iPhone 6s Plus et 6s. Si différence de cadence il y a au niveau du processeur A9 – 1,75 GHz pour le SE contre 1,85 GHz pour l’iPhone 6 – elle est totalement imperceptible.

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Basemark OS 2 est le seul logiciel de test à mesurer une différence entre l’iPhone SE et l’iPhone 6s Plus, au niveau de la bande passante mémoire, l’iPhone 6s Plus étant donné comme plus de 40 % plus rapide sur ce point. L’iPhone SE embarque pourtant, comme son grand frère, 2 Go de RAM ; peut-être utilise-t-il un contrôleur différent, expliquant des performances plus faibles ?

iPhone-2016-BasemarkOS2

Sur le plan graphique, nous avons soumis l’iPhone SE à une batterie de tests spécialisés. 3D Mark fournit des logiciels de référence, qui calculent diverses scènes 3D et mesurent la rapidité de leur rendu. Le constat est ici aussi rapide : l’iPhone SE est aussi rapide que les iPhone 6s et 6s Plus, se permettant même le luxe de les détrôner sur l’un des tests, utilisant l’API Metal d’Apple.

Basemark Metal se concentre lui aussi sur le rendu de scènes 3D sous Metal, l’API 3D d’Apple. Et sans surprise, il mesure l’iPhone SE au même niveau que l’iPhone 6s Plus, avec son écran mieux défini. L’iPhone SE embarque un écran de 4″ 1136 × 640 pixels, là où l’iPhone 6s propose un écran de 5,5″ 1920×1080 pixels.

Conclusion

Après l’iPhone 5c que l’on aurait pu qualifier de « cheap », l’iPhone SE aurait pu être « Super Économique » et pourtant, cette fois Apple n’a pas joué la carte de la radinerie. Pour un smartphone d’entrée de gamme, cela reste bien entendu plus cher que de nombreux modèles Android, mais entre le design éprouvé, la finition sans failles et les performances de premier plan, cela peut valoir le coup de rajouter un billet pour jouer dans la cour des grands.

On pourra toujours trouver Apple un peu chiche sur la dotation mémoire du modèle à 489€ mais c’est une stratégie commerciale à laquelle il va falloir s’habituer, d’autant que cette fois le second palier multiplie par quatre l’espace de stockage (64 Go) pour « juste » 100 euros de plus. Et, ne l’oublions pas, l’iPhone SE vise à augmenter les parts de marché d’Apple dans les pays moins riches que les USA ou l’Europe, la Chine, l’Inde et le Brésil.
Le positionnement tarifaire agressif s’accompagne forcément, chez Apple, d’un compromis significatif, histoire de pousser ceux qui le peuvent à opter pour le modèle plus cher.

Modèles et tarifs

L’iPhone SE est proposé en quatre finitions (Argent, Gris sidéral, Or et Or rose) et deux capacités (16 Go ou 64 Go).

NOTRE VERDICT
Performances
Design
Fonctionnalités
Photo & vidéo
Rapport qualité/prix
Entre développement web, formation, consulting en ergonomie web et applicative, je tente à mes (rares) heures perdues d'abandonner le Mac au profit de l'iPad (Pro). Le reste du temps, je joue aux jeux de société, j'écris et je code en tranches ici.

7 COMMENTAIRES

  1. J’ai acheté le SE hier chez BIMP à Lyon (merci Anthony pour l’accueil :)),
    Je vais avoir besoin d’un peu de recul pour donner mon avis, mais j’ai tout de même une petite déception sur les live photos : impossible de les mettre en fond d’écran. Alors oui il n’y a pas le 3D touch, mais si on peut les lire dans l’application photo, les mettre en fond d’écran semblait évident pour moi…

  2. Le 3D touch a aussi été réfléchi pour les écrans plus grands : les pop affichant une image 4 pouces. Sur un écran plus petit, pas sûr que ça marcherait aussi bien. De plus le se c’est un format plus petit, tout sous la main, plus simple ; un concept qui ne vas pas forcément avec le 3d touch. Normal donc finalement qu’il soit réservé au « grands » modèles.

À vous la parole !

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