Il y a quelques années, l’idée de comparer les photographies prises par un smartphone de celles prises par un réflex plein format aurait été totalement saugrenue. Mais les choses évoluent, et la photographie sur smartphone dépasse les limites traditionnelles que lui imposaient les différences physiques majeures entre ces deux appareils : la taille du capteur et la qualité de l’optique, notamment. Le photographe Matti Haapoja, sur YouTube, propose un petit jeu : essayer de distinguer des photos similaires prises par un iPhone 11 Pro et un réflex plein format professionnel, le Canon EOS-1DX Mark II. D’un côté un smartphone vendu à partir de 1159 €, de l’autre un boitier nu proposé à 5790 € sans optique. Sur 5 exemples, le YouTubeur défie ses spectateurs de parvenir à distinguer correctement entre les images provenant de ces deux sources.

La photographie computationnelle, nouvel eldorado

Dans les limites d’une vidéo YouTube, et de photographies affichées en taille écran, sans venir trop zoomer dans les détails, il n’est pas évident de distinguer les deux, surtout si l’on n’est pas vraiment un expert en photographie. L’iPhone 11 Pro simule la profondeur de champ, et permet même de la modifier après la capture. Elle est physique sur le réflex, liée à l’ouverture et à l’optique utilisée. Le piqué est également amélioré avec le mode Deep Fusion des iPhone 11 et 11 Pro, mais Matt ne précise pas si cette fonctionnalité, non encore disponible pour le grand public mais uniquement au sein des versions bêta d’iOS 13.2, est activée.

La conclusion s’impose rapidement : les iPone 11 RPo sortent des clichés qui sont largement comparables à ceux d’une réflex haut de gamme, pour une infirme fraction du prix, et avec une facilité d’usage qui dépasse de loin ce que propose un réflex. Bien sûr, les différences subsistent, et on suppose qu’en allant chercher et farfouiller dans le détail des pixels, elles seraient même assez notables. Mais le fait qu’elles soient simplement proches est déjà une incroyable réussite.

Car si d’un côté, Canon travaille sur son hardware, avec un capteur très évolué, qui génère peu de bruit, et des optiques qui valent à elles seules plus cher que le smartphone, ce dernier fait grand usage de la photographie computationnelle, où l’algorithme vient pallier les faiblesses du duo capteur / optique. Ce faisant, le smartphone autorise de nombreuses choses que ne permettent pas le réflex : refaire la mise au point après la prise de vue par exemple, ou utiliser un algorithme de fusion très avancé pour les photographies en mode nuit. L’affaire ne vient pas sans heurts : il arrive plus souvent qu’il ne le faudrait que, par exemple, le mode portrait connaisse des ratés, par exemple en « mangeant » le bord des lunettes d’un modèle. Mais même ces erreurs peuvent être corrigées en post-production directement depuis le téléphone.

Et évidemment, on se contente de parler des prises de vue, sans même évoquer les possibilités de partage, d’édition, de correction et de montage que permettent les très nombreuses apps disponibles sur l’App Store. Il est temps, et grand temps même, que les vendeurs d’appareils photo se mettent à ces techniques informatiques qui permettront aux réflex de montrer leur supériorité.

Cependant, et pardon aux puristes, pour l’immense majorité des gens, une chose devient claire : on peut tout à fait utiliser un Phone comme appareil photo principal, sans avoir à rougir de la qualité des clichés réalisés.

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