La bête critique : la confrontation sanglante d’un père avec une nature devenue ennemie

Dans plusieurs des scènes de La Bête par le directeur Baltasar Kormákur la nature est un véritable ennemi à travers un lion assoiffé de sang, transformé en monstre par la maltraitance humaine. Cependant, le film est aussi un voyage bien raconté à travers des questions sur l’être humain et son environnement. Qui sommes-nous en contact avec les primitifs ?
Ce n’est pas un sujet simple et le scénario ne le montre pas de manière évidente. L’aspect le plus réussi de la prémisse de La Bête est de réfléchir à la nécessité de vivre à tout prix. Que ce soit celle d’un animal sans contrôle ou celle d’un homme cherchant à protéger sa famille. Entre les deux, le film soulève la question de savoir comment nous surmontons les situations incontrôlables. En même temps, il considère la peur et la souffrance émotionnelle comme une impulsion naturelle.

La production ne tente pas de dissimuler le fait qu’il s’agit d’une formule traditionnelle du cinéma. Sa force est de prendre cette structure et de raconter une histoire avec élégance. Chaque point de l’intrigue dans La Bête est justifiée par un plus grand bien. Un animal défend son territoire contre les horreurs infligées par le monde humain et affronte une victime accidentelle, qui ne protège que les siens. L’affrontement se termine de manière terrifiante, bien que prévisible.

L'affiche de La Bête

La Bête

Sur La Bête il y a un besoin primaire de survie. Le scénario et le réalisateur doivent démontrer à quel point cette relation est incontrôlable. Comme si tout cela ne suffisait pas, l’intrigue analyse ses points les plus durs à travers un personnage imprévisible. Le lion enragé est-il plus qu’un simple animal, est-il un symbole de cruauté, son comportement relève-t-il de la vengeance ? Le film ne commet jamais l’erreur d’humaniser sa créature, mais il étend sa puissance à des territoires inexplorés.

La Bête : une créature tueuse au milieu de la nuit

Le docteur Nate Samuels (Idris Elba) porte sur ses épaules plusieurs fardeaux émotionnels. Il doit faire face à la perte de sa femme. Une tragédie qui s’est produite au milieu d’une séparation tumultueuse. Il tente également de consoler ou de réconforter ses filles Norah (Leah Jeffries) et Meredith (Iyana Halley). Ils sont les survivants d’une relation difficile et les blessures fraîches du deuil rendent tout plus complexe.

Pour tenter de se réconcilier, ils partent en voyage dans leur pays natal Afrique du Sud de la mère décédée en quête de soulagement et de paix. Le scénario raconte l’expérience avec une certaine distance et sans trop l’approfondir. Cependant, c’est clair : la mort est un fil conducteur qui relie les Samuels à ce qu’ils trouveront dans les plaines d’Afrique.

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Le réalisateur tente de lier les deux prémisses en un tout compact. C’est alors que surgit l’un des problèmes de l’intrigue : il échoue parfois à tisser efficacement ensemble tout ce qu’il souhaite réunir, alors que cela devrait être le tronc fondamental du récit. Mais le désordre de l’intrigue est compensé par la tension et l’habileté de la cinématographie. La caméra subjective suit ses personnages et transforme les spectateurs en témoins d’une circonstance effrayante.

Une créature effrayante qui se cache dans La Bête

L’idée de l’inévitabilité qui provoque une situation mortelle sont des véhicules qui La Bête utilise pour attirer le spectateur dans le conflit. Elle commence lorsque les personnages sont confrontés à une présence irrationnelle et irrépressible. Pour l’occasion, le réalisateur Baltazar Kormákur prend la décision d’analyser le fait que le bien et le mal sont des zones grises. Le lion transformé en une menace redoutable est, en même temps, une victime de l’homme dans sa cupidité. L’idée peut sembler répétitive, jusqu’à ce que l’intrigue trouve comment lui donner une tridimensionnalité convaincante.

Sur La Bête il s’agit de bien plus qu’une histoire d’un animal qui doit être tué par nécessité. Et ce, malgré le détail de l’horreur cachée dans les plaines. Une créature qui se nourrit de sang humain et qui a déjà attaqué des villages entiers avec son appétit insatiable. La reconstitution numérique du lion, point central du récit, est saisissante. Le détail visuel permet au scénario d’approfondir l’idée d’un ennemi mortel et puissant.

Mais même si, à certains moments, sa fureur semble plus humaine que simplement instinctive, il reste un animal. Un aspect qui donne de la crédibilité au récit ; d’autant plus, lorsque la perception du danger devient brutale. Ce tueur instinctif voyage en solitaire, s’attaque aux braconniers et aux habitants d’un paisible village. Mais il reste un mammifère désorienté et agressif. Une nuance que le film montre d’une manière presque poétique.

Le dilemme de la peur

Pourquoi un animal peut-il devenir un ennemi ? Explications dans La Bête d’une telle chose ne sont pas évidentes. Le film tente d’éviter les clichés, mais, malgré cela, il frôle l’évidence. Le lion qui a perdu sa fierté est un reflet de Nate, qui doit également faire face à un deuil potentiellement destructeur. Le parallèle est expliqué comme faisant partie d’une circonstance cruelle. Ce qui permet d’obtenir des moments d’émotion dans un scénario sanglant.

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L’histoire, à travers un certain sentiment de terreur, incorpore des idées sombres et cruelles : la menace est partout et Kormákur la montre dans des plans subtils. Du ciel bleu sans fin, englobant les personnages et les scènes en tant qu’observateur, à la solitude exprimée dans le silence. La Bête vise à donner un sens éloquent à chaque élément qu’il intègre dans sa mise en scène. Il ne s’agit pas seulement d’utiliser la beauté de passages inexplorés comme contexte.

L’inexploré est un terrain où règne l’énigme suprême du monde au-delà de l’homme, comment l’affronter ? La question est examinée de plusieurs points de vue différents. Mais, en particulier, de l’idée que toute trace de raison disparaît dans l’original.

La nature contre l’homme : la version de La Bête sur la peur

Sur La Bête bat la pulsion de survie. Le scénario et la mise en scène doivent montrer jusqu’où cette quête peut aller. Comme si tout cela ne suffisait pas, l’intrigue examine ses aspects les plus durs à travers une figure imprévisible. C’est le lion fou qui s’avère être plus qu’un simple animal. Est-ce un symbole de la brutalité qui l’entoure ? Son comportement est-il dû à la vengeance ? Le film ne tombe pas dans l’erreur d’humaniser sa créature. Mais il étend son pouvoir sur un territoire inexplicable.

Le site film fonde son efficacité sur l’analyse du mystérieux à partir du primitif, triomphant dans son langage allégorique. Il développe la vision abstraite d’horreurs incontrôlables, liées au primitif, et propose que la bataille entre l’homme et le monde au-delà du civilisé soit féroce et ait ses propres règles. Mais même ainsi, tous les animaux y compris l’homme ont un but plus élaboré que d’éviter la mort. Un sacrifice pour le plus grand bien ? Le film ne répond pas à la question fondamentale, mais il expose ce qu’il veut montrer de la douleur. Son point le plus élevé et le plus raffiné.