C’est aujourd’hui que Skylum met en vente Luminar 4, la dernière version de son logiciel de gestion et de retouche d’images sur macOS. Celui-ci s’avère des plus complets, et peut faire office de remplaçant à Lightroom d’Adobe, pour peu qu’on s’accommode de fonctions de classement sommaires. Pour le reste, versant édition et correction, Luminar 4 place la barre très haut, avec de nombreuses fonctionnalités avancées, comme la retouche sélective, et l’arrivée de grosses nouveautés autour de l’intelligence artificielle : la possibilité de changer le ciel d’un clic, un filtre de renforcement sélectif qui n’appuie que là où il faut, et des outils dédiés à la retouche de portrait. Le logiciel est vendu 89 €, associé à une série de filtres créatifs nommée Looks Inspiration.

Luminar 4 et son intelligence artificielle

Skylum mise gros sur ses algorithmes d’intelligence artificielle, qui, lorsqu’ils fonctionnent comme attendu, sont réellement très puissants. L’amélioration intelligente de l’image, déjà présente dans Luminar 3, agit sur plusieurs dizaines de paramètres pour tirer le meilleur parti de vos images : renforcement, saturation, débouchage des ombres et correction de la balance des blancs, notamment, s’effectuent en un clic.

Les nouveaux outils ne sont pas moins performants : Avec la fonction de remplacement de ciel, il suffit de sélectionner un ciel dans la vingtaine proposée, ou de choisir son propre cliché de ciel pour remplacer dans une image un ciel trop éteint. L’algorithme ajuste également les couleurs de l’image pour que la fusion avec le nouveau ciel soit réaliste. Tout peut fonctionner automatiquement, mais l’utilisateur peut intervenir sur le positionnement, la rotation, ou le niveau de netteté du nouveau ciel.

L’algorithme peut, comme tous ses congénères, être pris en défaut. Ainsi, il peut peiner à détecter un ciel si la ligne d’horizon n’est pas assez « visible » – par exemple dans un clichés de nuit. De même est-il incapable d’agir sur la réflexion du ciel dans l’eau, par exemple, celle-ci restant désespérément inchangée ce qui produit des effets non désirables. Heureusement, le logiciel permet de « forcer » un masque précis, dessiné par l’utilisateur.

Globalement, cependant, cette fonction de remplacement de ciel fonctionne très bien, et se tire sans difficulté de cas relativement complexes, comme un ciel que l’on voit à travers d’arches.

L’algorithme de netteté Ai Structure fait de son côté un excellent job. Le renforcement joue sur plusieurs paramètres : netteté, micro-constraste local, notamment. Il sait « lire » l’image, et n’intervenir que là où c’est nécessaire : renforcer la végétation et un arrière plan, mais laisser le visage en dehors, par exemple.

Des outils AI pour le portrait

C’est justement en matière de portrait que Luminar 4 propose sa troisième grosse nouveauté, à savoir une série d’outils dédiés à l’amélioration intelligente des portraits. Il y a tout le nécessaire pour transformer un portrait banal en portrait lifté, voire ultra-lifté, façon couverture de magazine. Le risque est évident : tuer tout naturel au profil d’images lisses mettant en scène des canons de la beauté éculés.

Cependant, utilisés avec parcimonie, les outils peuvent rendre de fiers services. Un outil permet d’améliorer la peau, en supprimant les principales marques, et en atténuant les rides. Selon la puissance de l’effet, on passe d’un visage naturel à un visage ripoliné.

Autres outils, le blanchiment des dents et du blanc des yeux fonctionne très bien. On peut également grossir, saturer et rougir les lèvres, agrandir les yeux, affiner le visage. Encore une fois, attention à ne pas transformer les portraits en caricature !

Comme tous les algorithmes d’intelligence artificielle, ceux concernant l’amélioration des visages trouvent rapidement leurs limites dès que le cliché s’éloigne d’un portrait frontal classique. Une photo de profil suffira à « perdre » Luminar 4 qui saura améliorer la peau, mais pas les yeux, par exemple.

Un logiciel qui demeure lourd

Luminar 4 arrive avec une ergonomie repensée : les principales fonctions sont regroupées autour d’icônes, situées dans la barre latérale : outils de base, créatif, portrait, outils professionnels. Il faut, si l’on vient de Luminar 3, un peu de temps pour découvrir cette nouvelle organisation, notamment pour dénicher les réglages par courbe, bien planqués dans les outils généraux> lumière> réglages avancés. On peut y voir la preuve que Luminar 4 tente d’élargir sa base d’utilisateurs, et de dépasser le monde des photographes, pour toucher le grand public. Ça demeure dommage, surtout pour un outil d’utilisation aussi courante que les courbes.

Les fonctions de tri et catalogue restent en deçà de ce qu’offre Lightroom, mais gagnent quelques fonctionnalités intéressantes, notamment pour la gestion des étoiles, et de la recherche.

Au final, Luminar 4 se confirme comme un logiciel de premier plan en matière de photographie, offrant des outils de retouche mais aussi des outils créatifs performants, assurant l’essentiel en matière de tri et de catalogage. Il demeure assez lourd à l’usage, tous les ajustements se réalisant de manière non destructive, et étant recalculés à chaque affichage.

Cependant, malgré ces imperfections, Luminar 4 est sans doute parmi les tout meilleurs logiciels du marché sur macOS ; son prix le rend en outre assez attractif face à la suite créative et ses abonnements. Dommage que Skylum ait l’habitude de sortir une version par an, avec des offres de mise à jour relativement peu intéressantes.

Si vous voulez en savoir plus sur Luminar 4, vous pouvez vous reporter au test vidéo ci-dessous, de la version 3, qui montre la puissance du moteur du logiciel.

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