Si la reconnaissance informatique de visage par les caméras de surveillance est déjà une réalité en Chine, le procédé, très intrusif en matière de liberté individuelle, n’est pas encore en fonctionnement en France. Cependant, une première expérimentation, limitée, va être conduite à Nice pendant le célèbre carnaval de la ville. L’essai doit durer deux jours, être limité à un périmètre restreint et à 6 caméras, et ne concerner que des participants volontaires, le visage des autres étant flouté. Des panneaux, sur la zone concernée, informent les passants de l’expérience en cours. N’empêche, c’est la première expérimentation d’un système dont Big Brother n’avait pas tout à fait oser rêver.

Pour cet essai, Nice déploie le logiciel Any Vision, capable de pas mal de prouesse, explique l’AFP : reconnaitre une personne même si sa photo de référence date d’une trentaine d’années (il intègre dont le vieillissement), ou même si la personne à reconnaitre passe de profil devant la caméra, alors que sa photo de référence est frontale. L’expérimentation se déroulera aujourd’hui et demain, sur 6 caméras parmi les 2350 caméras qu’abrite la ville.

Le choix de Nice ne doit rien au hasard, la ville martyre ayant été le théâtre d’un des plus odieux attentats perpétrés en France ces dernières années, et son maire, Christian Estrosi étant plus du côté sécuritaire que libéral. Ce premier essai français ne peut que soulever des questions et interrogations. Si un tel système devait se généraliser – ce qui malheureusement n’est guère exclu – il rendrait possible l’identification et la localisation de presque tout un chacun en quelques minutes, avec tous les risques qu’une telle possibilité fait peser sur les libertés individuelles.

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