Rakuten sort la Kobo Aura One, toute nouvelle liseuse, qui dispose d’un assez grand écran – 7,8” – Carta E Ink tactile, qui résiste à l’eau et même à petit plouf (IPX8) et qui dispose d’une autonomie annoncée pour 1 mois. Dans les faits, elle est très nettement inférieure, à peine 2 à 3 jours en usage. Ou alors, il ne faut jamais activer le rétro-éclairage. De chouettes caractéristiques sur le papier pour une liseuse 8 Go qui promet, en plus, de vous laisser vous endormir tranquille : une technologie dite ConfortLight filtre, à heure déterminée et avec une intensité réglable, la lumière bleue, censée nous empêcher de dormir.

Des caractéristiques techniques plutôt alléchantes, un écran très bien défini – 300 ppp – et un poids très raisonnable 230 grammes – a-t-on déniché la liseuse parfaite ?

Test vidéo

Une liseuse qui inspire confiance

L’appareil est bien fini mais n’est en aucun cas luxueux. L’écran dispose d’une rétro-éclairage correct, qui peut s’ajuster automatiquement au niveau de lumière extérieur, et d’une finition mate, qui tranche avec le brillant habituel sur les tablettes Apple. C’est assez agréable au toucher, et ça reflète moins la lumière.

Au dos, la Kobo Aura One offre une matière plastique douce texturée de nombreux petits points, qui permettent une prise en main très sécurisante. Avec son poids plume, il n’y a aucune chance de laisser échapper l’appareil.

Un unique bouton, curieusement bleu, permet d’allumer l’appareil. Un connecteur micro-USB assure la recharge et la connexion à un ordinateur. La liseuse est relativement épaisse, 6,9 mm, pour des dimensions de 195,1 x 138,5 mm

ConfortLight, bidon ou canon ?

L’écran E Ink est très plaisant durant la lecture : on peut régler avec précision le rétro-éclairage pour obtenir, dans presque toutes les conditions de lumière, une page bien lisible, sans pour autant avoir l’impression de regarder une source de lumière. C’est un immense avantage, notamment par rapport aux iPad. Si ceux-ci peuvent être réglés pour être faiblement émissifs, jamais il n’approchent de la sensation « papier » de la Kobo. En même temps, c’est plutôt normal pour une liseuse, d’autant que celle-ci est tout de même vendue 230 €.

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La technologie ConfortLight – pardon ConfortLight Pro – filtre la lumière bleue, durant une plage horaire réglable, et avec une intensité qui l’est également. Bizarrement, alors que sur iOS avec Night Shift l’écran vire à l’orange, sur la Kobo, il tire plutôt vers le rose. Ce n’est à vrai dire pas très agréable, mais pas non plus rédhibitoire : l’écran E Ink peut tout à fait s’utiliser sans rétro-éclairage, avec une lampe de chevet par exemple, et le problème de l’émission de lumière bleue ne se pose alors pas. De même, il est possible de régler le rétro-éclairage pour qu’il soit très léger, limitant là aussi les risques d’excitation. Mais du coup, la technologie ConfortLight Pro tant vantée ne sert pas vraiment à grand chose

Un système plutôt bien conçu

Le système d’exploitation embarqué est assez bien conçu : il s’organise autour de pavés sur l’écran d’accueil qui reçoivent les livres en cours de lecture, permettent l’accès à la boutique de livres numériques, l’accès à un navigateur web proposé en version bêta (on va y revenir). Un bloc donne des statistiques de lecture marrantes, nombre de livres lus, heure de lecture, vitesse de lecture. L’heure de la dernière synchro est également mentionnée.

En usage, la Kobo Aura One peut afficher deux barres d’outils, en haut et en bas : en haut, celle-ci s’affiche lorsqu’on tape au centre de l’écran, on trouve les contrôles de lumière, l’indicateur batterie, et une icône trois points qui permet d’accéder aux paramètres de la liseuse et à l’aide.

La barre du bas, elle, permet d’accéder à l’ascenseur pour se déplacer dans les pages du livre numérique, aux réglages de polices de caractères – 11 polices sont proposées, avec une cinquantaine de possibilités de style et tailles. L’ensemble est très fonctionnel.

Connectée à un Mac, la liseuse demande une confirmation à l’écran que l’on souhaite la faire « monter » sur le bureau. Une fois l’option validée, la liseuse apparait comme un volume sur le bureau du Mac. Il suffit de faire glisser des fichiers sur son icône pour les avoir en accès sur la tablette. Le nombre de formats supportés est très correct, et l’on retrouve les principaux formats utiles : EPUB, EPUB3, PDF, MOBI, JPEG, GIF, PNG, BMP, TIFF, TXT, HTML, RTF, CBZ, CBR.

Pourquoi c’est si lent ?

Quand on vient d’un iPad, même d’un ancien iPad, ce qui frappe immédiatement avec cette Kobo Aura One, c’est sa lenteur. Son extrême lenteur. Son inacceptable lenteur. Rakuten vante un processeur 1 GHz, sans préciser de quel processeur il s’agit. On peut vous le dire, il s’agit d’une bouse.

Si la chose passe sans problème en lecture de livre numérique classique, la lenteur devient problématique lors d’un changement de taille de caractères. Il faut plusieurs secondes pour retourner l’affichage et souvent on a déjà changé le réglage avec son doigt sur le curseur lorsque le résultat s’affiche. Du coup, l’opération est très très frustrante. On ne la tente pas à la légère, et on fait glisser le curseur très précautionneusement. Nous avons eu l’impression de retrouver un vieux Mac IIvi en train d’éditer une image 30×40 cm sur Photoshop.

Ce qui est délicat sur les livres classiques, devient insupportable sur les BD. Peu importe la qualité des fichiers, et le poids des images : il est impossible de zoomer dans l’image, et de se déplacer dans celle-ci. L’expérience est complètement nulle.

Et que dire du « navigateur web » présent en bêta ? Juste une chose : nous n’avons pas une fois été en mesure d’accéder à un site web. L’affichage est effroyablement lent, le défilement impossible. En fait, une seule action est possible : cliquer sur le premier lien ou la première image d’un site. Car on ne peut simplement pas faire défiler son contenu sans que le navigateur considère que l’on a « cliqué ». Sincèrement, c’est incroyable de proposer ce niveau de performances en 2016, surtout à ce prix.

En conclusion

Si vous cherchez une liseuse très agréable, légère, relativement autonome, sécurisante, sans pub, la Kobo Aura One répond à ce cahier des charges. Mais comme de nombreuses autres liseuses, nettement moins chères.

Ses performances indignes la rendent incapable de faire autre chose qu’afficher un simple livre textuel. Elle ne peut en aucun cas servir à lire des BD, ni comme tablette de secours pour surfer sur le web. Sincèrement, à 230 €, il vaut infiniment mieux acquérir un iPad mini 2 16 Go sur le Refurb, qui vous sera facturé 249 € et qui, outre ses fonctions de liseuse, vous permettra de surfer, de jouer, de lire des BD et des tas d’autres choses encore. Il sera un peu plus lourd, 330 grammes, un peu moins autonome, un peu moins performant pour le rendu des pages, mais pour le reste, il n’y aura pas photo !

On aime

  • l’écran E Ink très bien défini et très agréable
  • Le design sympa, et la robustesse
  • le fonctionnement simple, notamment avec le Mac

On aime moins :

  • le prix
  • les performances totalement indignes
NOTRE VERDICT
Design
Ergonomie
Performances
Rapport qualité/prix
Arnaud joue du clavier comme d'autres du xylophone, mais le résultat demeure peu musical. Il conduit la rédac à la baguette et essaye d'éviter les fausses notes. Geek avec de la patine, il officie aussi dans la presse généraliste.

6 COMMENTAIRES

    • Oui, je compare une liseuse à un iPad, non ce n’est pas une blague. Ceci dit, c’est une comparaison de fin de test. Le test, lui, porte sur les qualités intrinsèques de la liseuse.

      Quant à argumenter sur le fait qu’une liseuse n’est faite QUE pour lire des livres, il faut sans doute le dire aussi au fabricant qui y intègre un navigateur web, et qui annonce supporter les formats images comme le PDF, le CBR et autres.

  1. Je me suis inscrit juste pour vous dire que vous ne connaissez rien au monde des liseuses.

    Une liseuse, c’est fait pour lire des livres. Point.

    Critiquer le reste et lui donner une faible note pour justifier, c’est risible. Personne ne se sert d’une liseuse pour aller sur le Web.

    Et la comparer à un iPad, alors que le iPad est nul pour les yeux, c’est pas plus fort.

    Bref, ma note pour cette critique : 2 sur 5.

À vous la parole !

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