Pourquoi Israël se retire de l’Open Government Partnership après 13 ans de participation

Israël se retire de l’Open Government Partnership après une dérive politique jugée hostile

Israël a annoncé son retrait immédiat de l’Open Government Partnership (OGP), une organisation internationale censée promouvoir la transparence gouvernementale et la participation citoyenne. La décision a été prise par le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, à l’issue d’un examen approfondi conduit par son ministère, et sera mise en œuvre en coordination avec le ministre de l’Économie Nir Barkat.

Créé en 2011 à l’initiative de l’ancien président américain Barack Obama, l’Open Government Partnership avait pour vocation initiale d’encourager les États à renforcer la transparence de l’action publique, lutter contre la corruption et favoriser l’ouverture des données gouvernementales. Israël avait rejoint l’organisation en 2012, dans une logique de coopération internationale et de modernisation de ses pratiques administratives.

Selon les autorités israéliennes, cette mission fondatrice a été progressivement dévoyée. Le ministère des Affaires étrangères estime que l’OGP est devenue, ces derniers mois, un outil politique utilisé pour promouvoir des initiatives explicitement hostiles à Israël, en contradiction avec les principes de neutralité et de bonne gouvernance qui avaient justifié son adhésion.

Plusieurs événements précis sont invoqués pour justifier cette décision. En septembre 2025, lors d’une conférence officielle de l’OGP organisée en Espagne, la participation d’Israël a été empêchée à la suite d’une annonce des autorités espagnoles refusant toute présence israélienne. Cette exclusion, qualifiée d’« inédite » par Jérusalem, n’a suscité aucune réaction ni protestation de la part de la direction de l’OGP, malgré son caractère discriminatoire.

Autre élément central : la décision du comité directeur de l’OGP d’initier une procédure d’examen ciblant Israël, à la suite d’une plainte déposée par une organisation non gouvernementale sud-africaine. Selon le gouvernement israélien, cette plainte repose sur des accusations jugées outrancières, infondées et politiquement motivées, et illustre l’instrumentalisation des mécanismes internes de l’organisation à des fins militantes.

Dans une déclaration officielle, Gideon Sa’ar a estimé que l’OGP était devenue « un terrain fertile pour l’activisme anti-israélien », ajoutant que cette situation « contredit les principes du Partenariat et les raisons mêmes qui avaient conduit Israël à y adhérer ». Le ministre a conclu que ce retrait mettait fin à ce qu’il a qualifié de « théâtre de l’absurde ».

Le retrait d’Israël est immédiat et ne nécessite pas de procédure internationale complexe. L’État hébreu cessera toute participation aux forums, conférences et mécanismes de l’OGP. Les autorités israéliennes précisent toutefois qu’Israël demeure attaché aux principes de transparence, d’État de droit et de bonne gouvernance, mais refuse que ces valeurs soient utilisées comme des leviers politiques contre un État membre.

Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de politisation croissante de certaines organisations multilatérales, régulièrement dénoncée par Israël. Jérusalem estime que des forums techniques ou normatifs sont de plus en plus utilisés pour mener des campagnes de délégitimation politique, sous couvert de mécanismes institutionnels.

Pour Israël, le retrait de l’Open Government Partnership constitue un signal diplomatique clair. Il s’agit de rappeler que la coopération internationale ne peut fonctionner que sur la base de règles équitables, de neutralité et de respect mutuel. En quittant l’OGP, Israël affirme qu’il continuera à promouvoir la transparence gouvernementale, mais dans des cadres qu’il juge légitimes et non instrumentalisés.

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