À Vienne (Autriche) : les élèves musulmans majoritaires dans les écoles en 2025 – Chiffres officiels, défis d’intégration et montée de l’antisémitisme
Vienne, janvier 2026 – Pour la première fois dans l’histoire de la capitale autrichienne, les élèves musulmans forment le groupe religieux le plus important dans les écoles obligatoires (primaires, collèges, écoles spéciales et polytechniques). Selon les statistiques officielles publiées en avril 2025 par la municipalité de Vienne, 41,2 % des élèves se déclarent musulmans, devant les chrétiens (34,5 % toutes confessions confondues) et les sans-religion (environ 23 %).
Ces chiffres, issus d’une enquête déclarative auprès des établissements scolaires publics, confirment une évolution démographique rapide liée à l’immigration. Un phénomène qui relance les débats sur l’intégration, la maîtrise de la langue allemande et les tensions idéologiques, notamment autour de l’antisémitisme et de l’antisionisme.
Les chiffres clés de la démographie scolaire à Vienne en 2025
• Musulmans : 41,2 %
• Chrétiens : 34,5 % (dont 17,5 % catholiques romains et environ 14,5 % orthodoxes)
• Sans confession : ~23 %
• Autres religions (bouddhistes, juifs, etc.) : moins de 1 %
Ces données concernent l’ensemble des écoles obligatoires de la ville. Dans certains quartiers à forte immigration, la proportion d’élèves musulmans dépasse largement les 50 %, rendant l’allemand minoritaire comme langue de socialisation quotidienne.
La conseillère municipale à l’Éducation, Bettina Emmerling, a alerté sur les conséquences : classes où l’allemand n’est plus la langue principale, besoin massif de cours de soutien linguistique et risques croissants d’intolérance fondamentaliste.
Intégration et langue : les défis pédagogiques au quotidien
L’allemand n’est plus la langue maternelle pour une large partie des élèves. Enseignants et directeurs d’école signalent des difficultés accrues pour transmettre les contenus scolaires et les valeurs communes.
La mairie de Vienne reconnaît le problème et promet des moyens supplémentaires : recrutement de professeurs, cours renforcés d’allemand et dispositifs d’accompagnement. Mais les critiques fusent, notamment du FPÖ (extrême droite), qui dénonce un « remplacement démographique » et une politique migratoire laxiste.
Antisémitisme et antisionisme : tensions réelles dans les établissements scolaires
Depuis octobre 2023, l’Autriche connaît une explosion des actes antisémites : plus de 1 500 cas recensés rien qu’en 2024 selon les associations juives, avec des insultes, tags et menaces visant synagogues et institutions juives.
Dans les écoles, des enseignants rapportent des incidents croissants : provocations en classe lors des cours sur la Shoah, slogans pro-palestiniens radicaux, refus de certaines leçons d’histoire ou insultes antijuives. Ces tensions touchent particulièrement les établissements à forte proportion d’élèves issus de l’immigration musulmane.
La frontière entre critique de la politique israélienne et antisémitisme pur est un mur de fumée. Des adolescents reprennent des discours niant le droit d’Israël à exister ou importent le conflit moyen-oriental dans les couloirs et salles de classe, reprenant les slogans haineux du Hamas.
Les experts et responsables éducatifs autrichiens insistent : l’antisionisme radical sert de masque à une haine anti-juive classique. Une étude de 2024 pointe d’ailleurs que l’antisémitisme devient de plus en plus un « problème de jeunesse ».
La réponse des autorités : nouveau cours obligatoire sur les valeurs démocratiques
Face à ces défis, Vienne et le ministère fédéral de l’Éducation préparent l’introduction dès la rentrée prochaine d’un module obligatoire de démocratie, valeurs constitutionnelles et éducation civique pour tous les élèves, dès l’école primaire.
Objectif affiché : transmettre un socle commun de valeurs (démocratie, égalité hommes-femmes, pluralisme, rejet de toute haine) indépendamment de l’origine ou de la religion.
Bettina Emmerling l’a dit clairement : « Personne à Vienne ne doit vivre selon des interprétations fondamentalistes hostiles aux femmes, aux minorités, à l’État ou à la démocratie. »
Une école commune en péril ou en mutation ?
La transformation démographique des écoles viennoises est un fait brut, incontestable. Reste la question centrale : comment préserver une école républicaine et laïque, fondée sur la langue allemande, l’histoire partagée et les valeurs démocratiques, dans une société de plus en plus « diverse » ?
Pour les autorités autrichiennes, la solution passe par l’investissement massif dans l’éducation plutôt que par la polémique stérile. On en accepte l’augure, mais le temps presse : sans intégration réussie, les fractures risquent de s’approfondir.
Sources : Statistiques municipales de Vienne (avril 2025), rapports sur l’antisémitisme de la Communauté juive autrichienne, déclarations officielles de Bettina Emmerling et du ministère de l’Éducation.