Par Patrick Lancier
Londres / Paris — Mi-septembre 2026, Revolut a reconnu avoir transmis des données de clients après avoir reçu de fausses demandes d’information, présentées comme des réquisitions officielles et expédiées depuis une adresse de messagerie d’une préfecture italienne. Environ 680 clients européens sont touchés. Selon l’établissement, ni les fonds des comptes ni le cœur de ses systèmes n’ont été atteints.
Le stratagème ne reposait pas sur une effraction informatique des serveurs, mais sur une usurpation d’identité administrative. Les messages frauduleux empruntaient un domaine gouvernemental légitime — messagerie électronique certifiée (PEC) rattachée à la préfecture de Reggio de Calabre. Revolut les a traités comme des demandes d’autorité, puis a remis des renseignements clients.
Qui est concerné, et que sait-on des pertes ?
Revolut situe le périmètre à environ 680 personnes en Europe. Parmi les cibles figuraient des détenteurs de cryptoactifs en France et en Suisse. L’entreprise insiste sur une distinction nette : les données ont été livrées ; l’argent des comptes et les systèmes centraux, non. Pour le public, la nuance compte : ce n’est pas un vol de soldes, c’est une fuite de fiche nominative — assez pour nourrir ensuite hameçonnage, appels frauduleux ou chantage.
Rançon, silence et autorités
Un groupe se présentant sous le nom « iamnotavillain » a exigé une rançon d’environ trois millions de dollars, selon le Financial Times et Reuters. D’après certaines informations, Revolut a indiqué n’avoir pas eu de contact direct avec ce groupe.
En Italie, le parquet de Reggio de Calabre a saisi le dossier. Au Royaume-Uni, l’Information Commissioner’s Office (ICO) examine aussi l’affaire. Deux juridictions, une même question : comment une banque a-t-elle pu confondre une imposture avec une réquisition ?
Ce que retient le particulier
La leçon dépasse la marque Revolut. Une adresse qui « a l’air » officielle ne dispense pas d’un contrôle renforcé — surtout lorsqu’il s’agit de céder des données personnelles. Les clients concernés doivent redoubler de prudence face aux messages qui se réclameraient de la banque, de la police ou d’un régulateur.
En une phrase : Mi-septembre 2026, Revolut a transmis des données d’environ 680 clients européens après de fausses demandes émises depuis une messagerie de préfecture italienne ; les fonds n’ont pas été atteints.
FAQ
Combien de clients Revolut sont concernés ?
Environ 680 clients européens, selon Revolut. Des détenteurs de cryptoactifs en France et en Suisse figuraient parmi les cibles.
Les comptes et l’argent ont-ils été piratés ?
Non. Revolut affirme que les fonds et les systèmes centraux n’ont pas été compromis : seules des données clients ont été communiquées après de fausses demandes.
Comment les escrocs ont-ils obtenu les données ?
En usurpant l’identité d’une autorité italienne : les demandes frauduleuses partaient d’un domaine de messagerie gouvernementale légitime (PEC de préfecture, Reggio de Calabre).
Y a-t-il une rançon et une enquête ?
Un groupe dit « iamnotavillain » a réclamé environ trois millions de dollars (Financial Times / Reuters). Les procureurs de Reggio de Calabre enquêtent ; l’ICO britannique examine le dossier.
Sources
- France 24 — Revolut victime d’une usurpation d’identité, des données clients compromises (16 septembre 2026)
- Reuters — Rançon d’environ 3 millions de dollars revendiquée contre Revolut, selon le FT (16 septembre 2026)
- Euronews — Escroquerie à Revolut : vol de données clients et rançon revendiquée (17 septembre 2026)
- L’Opinion — Revolut confirme une fuite de données après l’usurpation d’identité d’une agence gouvernementale
