Par Patrick Lancier
Dès 2027, un jeune Suisse pourra faire son école de recrues comme pilote de drones, à Thoune, dans le canton de Berne. Ce n’est plus seulement l’infanterie.
Jeudi 27 août 2026, sur la place d’armes, le ministre de la Défense Martin Pfister, le chef de l’armée Benedikt Roos et le directeur d’armasuisse Urs Loher ont présenté le plan. Une école spécialisée doit ouvrir en 2027. Un bataillon de drones doit suivre en 2028. Un centre civil-militaire, baptisé projet Eiger, doit rassembler l’armée, d’autres services fédéraux, les cantons et les secours.
Pour les communes, cela veut dire que les aéroports, les hôpitaux et les usines devront parler au même endroit que l’armée. Les premiers systèmes de défense sont déjà achetés, a dit Pfister, sans donner la liste.
Le financement n’est pas voté. Le Conseil fédéral a proposé une hausse temporaire de TVA. Une commission des États a parlé de 0,2 point. Rien n’est adopté. Si le peuple refuse, le bataillon reste un organigramme.
Roos a dit que la Suisse est attaquée chaque jour, surtout par le cyber et l’espionnage. Sur une place d’armes, l’armée a compté environ 100 survols en un mois, dont un sur cinq d’origine inconnue. Cela ne prouve pas des ennemis : Roos a précisé que des particuliers non enregistrés peuvent suffire.
Chez les voisins de l’Union, aéroports, hôpitaux et usines désignés doivent désormais traiter le drone dans leur plan de protection. La directive (UE) 2022/2557 du 14 décembre 2022 sur la résilience des entités critiques (CER) impose des mesures techniques, de sécurité et organisationnelles appropriées et proportionnées. L’article 13, paragraphe 1, b), vise une protection physique adéquate des locaux : clôtures, surveillance, équipements de détection.
La Commission européenne, dans la communication COM(2026) 81 final du 11 février 2026 (Action Plan on Drone and Counter Drone Security), écrit qu’il est essentiel et urgent d’équiper les infrastructures critiques des derniers systèmes anti-drones. Les lignes directrices C/2026/3712 du 13 juillet 2026, pour l’application de l’article 13, paragraphe 5, encouragent la détection ; elles ne sont pas contraignantes. La directive n’ordonne pas d’acheter un kit. La Suisse, hors Union, n’est pas liée : elle regarde le même ciel sans le même cadre. Neutraliser un drone reste, en règle générale, affaire de police ou d’armée.
Sources
- Confédération suisse — communiqué DDPS, 27 août 2026
- RTS — Armée suisse : un bataillon et une école de recrues de drones
- Le Temps — « La Suisse est attaquée chaque jour »
- Directive (UE) 2022/2557 du 14 décembre 2022 — résilience des entités critiques (CER)
- Commission européenne — COM(2026) 81 final du 11 février 2026, Action Plan on Drone and Counter Drone Security
- Lignes directrices C/2026/3712 du 13 juillet 2026 — application de l’article 13, paragraphe 5
