Par Patrick Lancier — 23 septembre 2026
Ni Mozart de la finance, Ni Talleyrand de la diplomatie.
C’est précisément un Français qui a été assassiné, par un terroriste affilié au Hamas, en Cisjordanie, quarante-huit heures avant la déclaration grotesque d’Emmanuel Macron à l’ONU. À la source d’Ein Raya, près de Neve Tzuf, le dimanche 20 septembre 2026, veille de Yom Kippour, Netanel Shukrun — Franco-Israélien d’Alei Zahav, père de six enfants — était dans sa voiture avec son fils Yoav, seize ans. Les balles ont atteint le père ; de son dernier souffle, il a dit à son fils de courir. Yoav a fui. À New York, le mardi 22, le président français affirmait que le Hamas n’avait « jamais frappé » en Cisjordanie. Le Bureau du Premier ministre israélien a répondu par le sang, non par la rhétorique.
Ce qu’a dit Macron à New York
Selon Channel NewsAsia (fil AFP, 22 septembre 2026), le président a déclaré : « Regardez ce qui se passe en Cisjordanie, où il y a des violations tous les jours. Au nom de quoi ? Le Hamas n’a jamais frappé en Cisjordanie. » — anglais AFP/CNA : « Hamas has never struck in the West Bank » (variantes d’interprétation : « never been particularly active », « never caused trouble »). Effet limpide : Israël seul coupable ; le mouvement du 7 octobre 2023, absous. Or, c’est exactement le contraaire.
Hamas est l’agresseur. Israël et Tsahal se défendent. Ni chiffres inventés, ni « martyrs » : les faits.
Jacques Attali avait jadis surnommé Macron le « Mozart de la finance », lorsque celui-ci était encore chez Rothschild ; Talleyrand demeure l’archétype du diplomate français, maître du réel. À la tribune, plus rien de cela — tout impudemment : « jamais », « tous les jours », « au nom de quoi » ; des mots qui flottent, meprisant le sang français versé l’avant-veille.
La quête éperdue des voix de LFI — cette diplomatie des « fatwas » pour glaner les voix de Mélenchon — ne justifiait point qu’on effaçât, à la tribune des Nations désunies, le sang d’un Français assassiné l’avant-veille.
La réponse textuelle du Bureau du Premier ministre
Le Bureau du Premier ministre israélien a publié sur X une réponse que nous citons in extenso :
The Prime Minister’s Office: The grotesque absurdity of Emmanuel Macron’s statement is staggering. On Sunday, the eve of Yom Kippur, just two days ago, Netanel Shukrun—a FRENCH CITIZEN and father of six—was murdered in his car by a Hamas terrorist in Judea and Samaria. With his final breath, he told his son to run. Hamas terrorists carry out attacks against Jews almost every day. They have murdered countless Israeli civilians in Judea and Samaria. Ignorance is NO EXCUSE for erasing their blood.
En clair : absurdité grotesque ; citoyen français, père de six enfants, assassiné par un terroriste du Hamas en Judée-Samarie, dernier souffle — courir ; l’ignorance n’efface pas le sang.
Netanel Shukrun : les faits établis
D’après JTA, le Jewish Chronicle et Ynet : le 20 septembre 2026, Ein Raya près de Neve Tzuf, après immersion avant le jeûne, Netanel Shukrun (variante presse : Shakron) — Alei Zahav, Franco-Israélien, père de six — tué par balles sous les yeux de Yoav, 16 ans, qui a fui. Suspect : Qadri Samara (Biddu), opératif/activiste Hamas selon les autorités israéliennes, arrêté près de Ramallah. Le Hamas a salué l’attentat. Notre veille Kipour Neve Tzuf / Belleville.
Le démenti présidentiel tombe donc sur la dépouille d’un compatriote. Ce n’est pas une « opinion » diplomatique : c’est devenu un biais reitéré et assumé, négation du réel, quarante-huit heures après une attaque documentée comme l’œuvre d’un terroriste affilié au Hamas.
Un biais diplomatique réitéré et assumé
Sur le front européen des produits des implantations, nous avons déjà dit l’essentiel dans notre pièce sur les onze ministres et le « lait de chèvre » ; l’article de Jerusalem Post va dans le même sens.
Tant que Paris chassera les voix de Mélenchon à la Tribune onusienne, la diplomatie française restera bruyante, biaisée, inaudible, et sourde au cri d’un père qui dit à son fils de courir pour ne pas mourir.
